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Diffusion pluridisciplinaire - Nécessaires rapprochements

Terre en vue travaille depuis 23 ans à rebrancher Montréal à ses racines amérindiennes

André Dudemaine
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir André Dudemaine

La place des Festivals vibrera une fois de plus au rythme du festival Présence autochtone, lors du premier week-end d’août prochain. Derrière cet événement désormais incontournable, l’organisme Terre en vue travaille d’arrache-pied depuis 23 ans pour rebrancher Montréal à ses racines amérindiennes, en plus de se faire le porte-voix de la créativité autochtone d’aujourd’hui.


Cinéma, musique, littérature, gastronomie, arts visuels et médiatiques : Terre en vue et son célèbre festival Présence autochtone donnent tout à voir, à entendre, à lire et à goûter. Pour André Dudemaine, président et membre fondateur de l’organisme, cette approche pluridisciplinaire va de soi. « C’est tout à fait conforme à ce qu’on appelle la pensée circulaire, qui est la vision de l’Amérindien où, finalement, il n’y a pas de hiérarchie entre les formes du vivant, pas plus qu’il n’y en a entre les différentes expressions artistiques, explique-t-il à l’autre bout du fil, d’une voix posée.


«Selon cette pensée, il est aussi honorable et artistique de bien fabriquer une paire de raquettes que de faire une performance contemporaine avec des moyens électroniques, poursuit-il. Si on veut vraiment plonger dans l’univers des Premières Nations, il faut pouvoir, dans un même lieu et un même espace, être en contact avec ces expressions multiples. »

 

Consécration


Cette nomination, dans le cadre du 28e Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, représente « une forme de consécration », se réjouit M. Dudemaine. Après des débuts laborieux, Terre en vue a réussi à s’imposer comme un acteur de premier plan. Dans son histoire, les festivités ayant entouré la commémoration de la Grande Paix de Montréal en 2001, puis l’atterrissage du festival Présence autochtone à la place des Festivals en 2010, ont eu un effet de levier considérable pour le rendez-vous estival, mais aussi pour la reconnaissance de l’art autochtone. « Je pense que, de plus en plus, cette présence amérindienne fait partie intégrante de l’imaginaire rattaché à la ville de Montréal, autant pour le grand public montréalais et québécois, qui doit concevoir l’héritage amérindien comme une partie de son héritage, que pour les gens des Premières Nations, qui peuvent sentir que la métropole du Québec est aussi leur métropole. »

 

Rapprochements


Terre en vue tisse d’ailleurs une variété de partenariats avec des piliers culturels montréalais, dont le Musée Pointe-à-Callière, le Musée McCord et la Grande Bibliothèque. « On est aussi un organisme de rapprochement. Nous croyons que la collaboration, qui s’établit entre des organismes bien établis à Montréal et les mouvements culturels des Premières Nations, est le meilleur moyen de donner des exemples concrets d’amitié, d’échange, d’hybridité, de collaboration productive entre les peuples. »


Bien qu’enraciné ici, Terre en vue cherche en ce moment à tendre la main aux peuples autochtones dans le reste du monde. Au niveau de l’organisation et de la diffusion, cette coopération est déjà amorcée. Le prix cinématographique Rigoberta-Menchu, légué par la militante guatémaltèque lors de sa présence au festival Présence autochtone en 2001, en est une éclatante démonstration. Par contre, « on n’est pas encore dans des collaborations artistiques marquées, admet l’animateur culturel innu. C’est ce qu’on veut approfondir : faire travailler des artistes d’ici avec des artistes d’ailleurs pour des productions originales », dit-il.


À plus long terme, Terre en vue poursuit des démarches, avec d’autres organismes, pour créer un lieu culturel dédié aux Premières Nations à Montréal, confie M. Dudemaine. L’objectif est fixé pour 2017, « une année riche en mémoire », qui coïncidera avec le 375e anniversaire de la fondation de Montréal, les 10 ans de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et le 50e anniversaire d’Expo 67, un tournant « identitaire et symbolique très fort » où les Amérindiens du Canada ont présenté leur propre pavillon aux Montréalais et au reste du monde.


 

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