Diversité artistique de Montréal - Promouvoir la diversité
Hétéroclite et plurielle, la communauté artistique de Montréal possède plusieurs visages. Les médias de masse ayant tendance à n’exposer que quelques-uns de ces profils, Diversité artistique Montréal (DAM) s’efforce depuis 2006 de révéler d’autres facettes de cette pluralité. Le 2 mai prochain, l’organisme tiendra une grande soirée-bénéfice à l’image de la collectivité qu’elle soutient.
C’est sous le thème « L’art d’être différent ensemble » que sera tenu au Bain Mathieu ce premier événement de financement de DAM, organisme à but non lucratif qui a pour mission de promouvoir la présence des artistes et des organismes artistiques de la diversité culturelle dans le paysage culturel montréalais. Pour l’occasion, des artistes issus de divers horizons offriront des performances en tout genre. « Environ 90 % de nos 500 membres sont issus de l’immigration. Ils proviennent de toutes les communautés culturelles. Beaucoup ont immigré depuis peu, mais il y en a aussi pas mal qui sont des immigrants de deuxième génération. On a aussi des artistes québécois qui ont des projets proches de la diversité. On veut que tout cela se traduise lors de la soirée-bénéfice », explique Jérôme Pruneau, directeur de DAM.
Ainsi, en chanson, les participants auront droit aux performances de la Québécoise Doba, de l’auteur-compositeur-interprète d’origine argentine Tomás Jensen, de la griotte d’origine malienne Tapa Diarra et de la Savoyarde de souche italienne Marie Trézanini. Côté danse, un chorégraphe originaire de Londres, Roger Sinha, se chargera d’orchestrer les prestations, alors qu’une humoriste d’origine tunisienne, Nabila Ben Youssef, s’occupera de l’animation. Sept artistes en arts visuels membres de DAM présenteront une exposition commune de leurs oeuvres. Quant au porte-parole de l’événement, l’écrivain Rodney Saint-Éloi, qui ne pourra être présent lors de la soirée puisqu’il sera en Haïti, il s’adressera aux invités par le biais d’une capsule vidéo.
Objectifs
M. Pruneau espère accueillir au moins 300 personnes au Bain Mathieu. Réaliste, il ne s’attend point à faire des profits en tenant cette première soirée-bénéfice. Toutefois, il espère que celle-ci constituera la première étape d’une nouvelle démarche de financement de DAM. S’il parvient à vendre 300 billets, celui-ci ne sera pas déficitaire et pourra se permettre d’organiser d’autres événements du genre, lesquels pourraient s’avérer plus lucratifs au fil du temps. « Aujourd’hui, il y a des coupes partout dans la culture. Tout le monde nous dit qu’il faut aller chercher de l’argent dans le secteur privé, qu’il faut diversifier nos sources de financement. Mais ça ne se fait pas en claquant des doigts. L’un des objectifs de cette soirée, ce sera de tisser des liens avec l’entreprise privée, de trouver des partenaires durables », précise-t-il.
Incidemment, M. Pruneau compte sur cette soirée pour permettre à DAM de mieux se positionner sur l’échiquier local. « Ce que je souhaite, c’est amener DAM à obtenir un niveau de visibilité équivalant à celui de la crédibilité qu’il a auprès des artistes et de ses bailleurs de fonds, comme le Conseil des arts de Montréal, le Conseil des arts et des lettres, la Ville de Montréal, etc. Le secteur privé nous connaît trop peu encore », dit M. Pruneau.
Pourtant, DAM joue un grand rôle auprès des artistes montréalais de la diversité. L’organisme offre une panoplie de services, dont le plus important est l’accompagnement. Pour seulement 20 $ par année, des artistes peuvent en devenir membre et profiter d’un accompagnement personnalisé. Soutenus par le directeur de l’organisation autant de fois qu’ils le veulent, ils ont l’occasion de réfléchir à leurs projets artistiques, de les développer, de monter des dossiers de subventions, d’étoffer leurs portefolios, etc. Aucun autre organisme montréalais n’offre aux artistes de la diversité un service aussi soutenu.
L’organisme offre également des formations en gestion de carrière artistique, propose des activités de réseautage et fournit des outils d’introduction facilitant l’accès aux réseaux culturels montréalais.
« Même si 31 % des habitants de Montréal sont issus de l’immigration, le réel visage de la métropole n’est absolument pas reflété sur les scènes, dans les galeries, à la télévision, au cinéma. Il faut arrêter de voir les gens qui viennent de l’extérieur comme “ l’autre ” et plutôt les regarder comme un nouveau “ nous ”. J’espère que cette soirée sera un premier pas dans cette direction », affirme M. Pruneau.
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