Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous

    Report des projets d’infrastructures culturelles: le ministre de la Culture sème l’inquiétude

    L’ex-ministre de la Culture, Christine St-Pierre, aujourd’hui députée de l’Acadie, a accusé le ministre Kotto de répandre des faussetés et de « mauvaises informations ».
    Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir L’ex-ministre de la Culture, Christine St-Pierre, aujourd’hui députée de l’Acadie, a accusé le ministre Kotto de répandre des faussetés et de « mauvaises informations ».
    Les propos du ministre de la Culture et des Communications, Maka Kotto, sur le report de divers grands projets d’infrastructures culturelles, ont semé l’inquiétude chez plusieurs acteurs du milieu artistique qui tardent à lancer leurs campagnes de financement et craignent de perdre l’engagement de partenaires privés.

    Dans une entrevue au Devoir publiée lundi, le ministre de la Culture a indiqué que plusieurs grands projets devaient être « différés », compte tenu du contexte financier difficile laissé par les libéraux. Le ministre a soutenu que certains des projets « prioritaires » pour son gouvernement, dont ceux de l’édifice Wilder, du Théâtre du Diamant à Québec et de la Maison des musiques nouvelles Le Vivier qui devait prendre place dans l’ancienne bibliothèque Saint-Sulpice, « n’étaient pas vraiment attachés » puisqu’aucune réserve financière n’avait été prévue à ce titre par l’ancien gouvernement.


    Ces commentaires ont provoqué l’ire de l’ex-ministre de la Culture, Christine St-Pierre, aujourd’hui députée de l’Acadie, qui a accusé le ministre Kotto de répandre des faussetés et de « mauvaises informations ».


    « Ce n’est pas vrai qu’on peut dire n’importe quoi. Le projet du Wilder est attaché et a été approuvé tant au Conseil du Trésor qu’au Conseil des ministres. Les sommes, qui étaient inscrites au Programme québécois d’infrastructures, ont été réservées. S’il n’est plus capable de confirmer ces projets, c’est que le nouveau Conseil du Trésor a décidé de changer les chiffres », a-t-elle dénoncé lundi.


    L’ex-ministre de la Culture assure que le projet de la Maison du Vivier, dans le Quartier latin, était aussi sur les rails, et que des travaux de mise à niveau y ont été amorcés sous son règne. « C’est moi qui me suis battue pour ce projet et qui l’ai fait accepter par le Conseil du Trésor. Quant au Théâtre du Diamant, il était prévu dans le budget de Raymond Bachand, c’est faux de dire que ces sommes n’étaient pas prévues », s’est-elle impatientée.


    La députée de l’Acadie juge que, si le ministre de la Culture met ces projets en veilleuse, il ralentira le développement artistique de compagnies dont la relocalisation est devenue une condition sine qua non de survie et de rayonnement. « Si on veut que le public aille voir leurs prestations, il est essentiel de doter ces compagnies d’endroits salubres, confortables et climatisés. Il faut leur donner un outil pour créer. Le ministre ne peut reculer là-dessus », a tonné Mme St-Pierre. Celle-ci a aussi ajouté que son gouvernement n’avait par ailleurs pris aucun engagement en ce qui a trait à la Maison Théâtre.

     

    Impatiences dans le milieu culturel


    Les déclarations du ministre Maka Kotto ont soulevé un vent d’inquiétude chez plusieurs partenaires du projet de l’édifice Wilder, où les Grands Ballets canadiens, l’École de danse contemporaine de Montréal (EDCM) et le diffuseur Tangente sont appelés à intégrer la nouvelle Maison de la danse.


    « Ça fait déjà trois ans qu’on attend. Le changement de gouvernement ne nous a pas aidés. On continue à discuter en espérant qu’une décision favorable sera annoncée à la fin janvier. S’il y a report, ça aura des impacts sur nos projets de développements », a soutenu lundi Yves Rocray, directeur de l’EDCM.


    Mêmes commentaires aux Grands Ballets canadiens de Montréal, dont le directeur général, Alain Dancyger, affirme que le projet est « entièrement ficelé », puisque sa compagnie peut compter sur l’équivalent de 13 millions promis par des partenaires privés. « On a besoin d’un feu vert pour lancer la campagne de financement, car on ne peut vendre un projet virtuel », a-t-il soutenu. Ce dernier tient absolument à ce qu’une « entente de principe » soit signée dès la fin janvier entre les partenaires concernés, le ministère de la Culture et la Société immobilière du Québec (SIQ), maître d’oeuvre du projet.


    À la SIQ, le porte-parole Alain Roy soutient pour sa part que le projet du Wilder va bon train et que le dossier d’affaires devrait être déposé aux instances concernées au printemps. « En vertu de la politique-cadre des grands projets d’infrastructures, la SIQ est soumise dans le cas du Wilder à un processus particulier d’approbation », dit-il.


    À l’organisme Le Vivier, on s’estime encore heureux de faire partie « des priorités » du ministère. Par contre, la fermeture de l’ancienne bibliothèque Saint-Sulpice, barricadée depuis 2005, a des effets délétères sur la vitalité du quartier, estime Pierrette Gingras, directrice de l’organisme Le Vivier.













    Envoyer
    Fermer
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.