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    Rendez-vous 2012 — Montréal métropole culturelle - Poussée d’optimisme en vue de 2017

    La première ministre Pauline Marois s’est rendue à la Tohu, lundi, où se tenait le rendez-vous de mi-parcours du projet Montréal métropole culturelle. Elle a annoncé une aide de près de huit millions pour soutenir l’art public et les ateliers d’artistes.
    Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir La première ministre Pauline Marois s’est rendue à la Tohu, lundi, où se tenait le rendez-vous de mi-parcours du projet Montréal métropole culturelle. Elle a annoncé une aide de près de huit millions pour soutenir l’art public et les ateliers d’artistes.
    « Bombardements de succès » montréalais, « lumière dans le ciel orageux » actuel de la ville : les images positives ne manquaient pas pour décrire le Rendez-vous de mi-parcours de Montréal métropole culturelle (MMC), qui se tenait lundi à la Tohu.

    Une centaine d’interventions devant quelque 900 participants ont permis non pas de débattre, mais plutôt d’exposer les réalisations récentes, en cours ou à venir du Montréal culturel. Et de renouveler l’engagement des différents acteurs (culturels, économiques, sociaux et politiques) à mener la ville en 2017 au titre mérité de métropole culturelle internationale. Même le ministre du Patrimoine canadien James Moore a parlé d’une « ville modèle pour tout le Canada ».


    La première ministre Pauline Marois a coiffé la première séance consacrée au développement culturel dans les quartiers - le Montréal local - en annonçant une poignée de millions pour faire plus de place à « l’art public dans les aménagements urbains, particulièrement dans le Quartier latin » (2 millions de dollars d’ici 2014) et pour préserver les ateliers d’artistes, notamment ceux du Mile-End (5,6 millions) dans une enveloppe globale de 18 millions, partagée avec d’autres partenaires.


    Elle a aussi profité de la tribune pour renouveler l’entente triennale de développement culturel de 98 millions de dollars avec la Ville, dont 30 seront affectés à la construction ou à la rénovation des bibliothèques. Neuf millions supplémentaires permettront d’adapter les acquisitions aux nouvelles technologies.


    « Notre vie culturelle, c’est ce sur quoi nous devons miser pour nous démarquer », a-t-elle déclaré.


    Ces sommes peuvent sembler peu au regard des millions espérés et de ceux annoncés au Rendez-vous inaugural de 2007, qui marquait le démarrage du Quartier des spectacles. Mais vu le contexte peu propice aux grands engagements (gouvernement minoritaire, commission d’enquête sur l’industrie de la construction, démission du maire Tremblay à qui, par ailleurs, MMC doit beaucoup, ont rappelé plusieurs intervenants), le discours de Mme Marois a été accueilli comme un bon présage.


    « Le signal que Mme Marois a envoyé pour les ateliers d’artistes, c’est capital », a indiqué Simon Brault, président du comité de pilotage MMC. Il a aussi salué la volonté de Québec de maintenir son appui aux projets d’infrastructures culturelles. Un appui que le ministre de la Culture, Maka Kotto, avait laissé poindre plus tôt en promettant de travailler à « concrétiser certains projets prioritaires comme Le Vivier dans l’édifice Saint-Sulpice, la maison de la danse dans le Wilder et la recherche d’un nouveau lieu pour la Maison Théâtre, sans perdre de vue la Cinémathèque québécoise et le Musée d’art contemporain ».

     

    Voix discordantes


    La séance du début de l’après-midi a porté sur le rayonnement international. Les interventions planifiées ont raconté les beaux et bons coups de la métropole : de M pour Montréal et Pop Montréal au chapitre de la musique à C2 Mtl, le rendez-vous orchestré par Sid Lee sur la créativité en passant par les leaders de la création multimédia Moment Factory et Geodezik, tous ont évoqué le caractère unique de la ville.


    Ce concert de bons voeux, favorisé par la formule des interventions brèves et en rafale, laissait peu de place aux voix discordantes, même si quelques mises en garde ont aussi été lancées, surtout dans le cadre des interventions spontanées venues de la salle. Annie Roy, de l’ATSA (Action terroriste socialement acceptable), s’est inquiétée de voir la culture se contenter d’animer l’espace public et de distraire le touriste au risque de perdre de vue l’artiste « créateur de sens ». Damian Nisenson, de Diversité artistique Montréal, a signalé un « empêchement majeur » dans la poursuite des objectifs de MMC : la non-reconnaissance des acquis et compétences des artistes immigrants.


    Plusieurs projets non encore réalisés ont aussi mis en lumière le chemin qu’il reste à parcourir (maison du patrimoine, lieu destiné à la création jeune public, etc.).


    « Il faut arrêter de travailler en silo », a aussi lancé Emmanuelle Hébert, de MU, qui a souligné le côté kafkaïen de Montréal et de ses nombreux arrondissements qui travaillent en vase clos, appelant les gens d’affaires à investir aussi dans les quartiers. C’est d’ailleurs par un examen des nouveaux modèles de financement engageant le secteur privé que s’est conclue la journée.


    Vers 2017


    Tout le monde semblait d’accord pour marcher ensemble jusqu’à 2017, date butoir du plan d’action de MMC, mais aussi et surtout du 375e anniversaire de la Ville, dont certaines couleurs ont été dévoilées. Dans ce contexte, Mme Marois a avalisé trois projets mettant l’accent sur l’histoire : la dernière phase d’expansion du musée Pointe-à-Callière, le projet Cité mémoire, grand parcours médiatique signé 4D Art, avec l’apport du dramaturge Michel Marc Bouchard, et un lieu consacré aux cultures autochtones.


    « 2017 devrait être ambitieuse pour montrer à la planète où on est rendu en créativité » au Québec, a dit Éric Fournier, de Moment Factory. « Rendons à Montréal sa fierté », a lancé Jeannot Painchaud du cirque Éloize et président d’En Piste, résumant bien l’esprit qui présidait le Rendez-vous 2012. Car il s’agissait avant tout de fouetter la fierté méritée et le moral des acteurs culturels pour combattre le cynisme ambiant, à l’heure de la corruption institutionnalisée dévoilée au grand jour.













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