Le CAM dévoile son plan d’action sur la diversité culturelle
Le visage multiethnique de Montréal est peu visible dans l’offre culturelle
Ils comptent pour environ 35 % de la population métropolitaine, mais leur apparition sur les scènes et les écrans est encore marginale. Les Montréalais issus de communautés culturelles se taillent difficilement une place sur les scènes et les écrans, déplore le CAM, dont le Plan d’action pour la diversité culturelle dans les arts 2012-2015 est dévoilé mardi.
« On a fait d’énormes progrès, mais il reste encore beaucoup à faire pour faire connaître nos programmes d’intégration à ceux qui pourraient en profiter et au grand public en général. Pour cette raison, on a ajouté un cinquième axe à notre politique d’inclusion qui est l’amélioration de la promotion et de la visibilité des artistes de la diversité », a fait valoir lundi Mme Danielle Sauvage, directrice et secrétaire générale du CAM.
Depuis 2006, le nombre de représentants issus de communautés ethniques dans divers comités du CAM est passé de 16 % à 22 %, alors que le quart des représentants au conseil d’administration provient aujourd’hui de la diversité culturelle. Cette année, la part des artistes immigrants au sein de l’offre du Conseil des arts en tournée a atteint 25 %, par rapport à 11 % en 2006. Des centaines d’artistes de différentes communautés ont pris part à des journées de réseautage, et une première cohorte de six stagiaires vient de faire son entrée dans le milieu culturel grâce au coup de pouce donné l’an dernier par dém’Art-MTL. En six ans, 700 artistes ont été aidés d’une manière ou d’une autre à se frayer un chemin dans le difficile et touffu milieu culturel. Pas mal, mais seulement 8 % des bourses accordées au fonctionnement par le CAM le sont à des artistes de la diversité. Il faut donc accroître les efforts pour atteindre ces travailleurs culturels souvent isolés et sans moyens, relance Mme Sauvage.
Plusieurs pistes
C’est pourquoi le plan d’action 2012-2015 vise une meilleure concertation entre les différents ministères publics (Culture, Immigration et Communautés culturelles [MICC], Emploi), afin d’atteindre ces artistes exclus des réseaux professionnels et dépourvus d’aide juridique ou technique. Le CAM souhaite aussi pouvoir ériger avec l’aide du MICC une banque de données sur les artistes fraîchement arrivés pour mieux les orienter vers les ressources disponibles.
Réseaux de mentors, accès à des studios de répétition, pérennité du programme de stages dém’Art : plusieurs pistes sont proposées pour faciliter l’inclusion des artistes venus d’ailleurs et faire rayonner leur production.
Sur les scènes, le nombre de comédiennes et de comédiens issus de minorités demeure aussi anecdotique, malgré la présence de plus en plus importante de jeunes issus des minorités ethniques sur les bancs des écoles et des conservatoires de théâtre. « Très peu réussissent à percer sur les écrans ou sur les scènes, ou alors dans des rôles très catalogués », déplore Mme Sauvage.
Au sein même de cette diversité, certains artistes tirent mieux leur épingle du jeu que d’autres. Selon le CAM, les artistes venus de l’Europe de l’Est semblent mieux s’intégrer aux réseaux culturels que les immigrants asiatiques. « Il y a encore beaucoup de rapprochements à faire avec les artistes venus d’Asie et ceux des Premières Nations », insiste Mme Sauvage.








