Éthique des pieds à la tête
Un défilé ce soir fera la part belle aux vêtements verts d’ici et d’ailleurs
Défilé Éthik BGC et Bollywood
Ce soir à 17 h 45 sur la scène Sélecte de l’esplanade Ville-Marie et à 22 h sur la scène principale de l’avenue McGill College, pour le spectacle de clôture.
Imaginez un atelier de La Paz rempli de teintures naturelles et d’alpaga écologique, où une panoplie d’artisanes sont à pied d’oeuvre pour confectionner les robes, châles et cardigans de la dernière collection d’Aywira, une ligne éthique bolivienne. Ces créations faites main, tout comme celles de designers colombiennes et canadiennes du même acabit, monteront ce soir sur la scène du Festival Mode et Design de Montréal (FMDM), le temps d’un défilé signé Ethik BGC.
De la quarantaine de designers membres de ce projet d’économie sociale montréalais, qui encourage la créativité de femmes engagées dans une mode plus « verte » et socialement responsable, une quinzaine afficheront leurs couleurs dans un défilé « éthique des chaussures à la tête ». « C’est une mode du beau, mais avec une conscience », résume Lis Suarez, directrice de FEM international, l’organisme à but non lucratif qui chapeaute Ethik BGC.
S’il fut un temps où parler de mode éthique ramenait aux habituels clichés de patchworks bizarroïdes à tendance hippie, l’écodesign d’aujourd’hui présente plutôt des collections modernes accessibles à toutes les fashionistas, avance Lis Suarez. Usant de matières premières recyclées ou alternatives, comme le chanvre et le coton biologique, offrant des conditions de travail équitables à leurs créatrices, les entreprises ont en commun un engagement social qui se veut complémentaire à la mode traditionnelle.
Trois marques de l’Amérique du Sud sont à l’honneur au défilé de ce soir : les boliviennes Aywira et Mama Rawa, confectionnées par des groupes de femmes utilisant la fibre d’alpaga - un cousin du lama - comme matière première, de même que la colombienne Bendita Seas, un projet de la designer Viviana Alba qui applique le principe « zéro déchet ».
Avec ses motifs modernes et ses textiles recyclés, la ligne colombienne se distingue des tricots fins de Mama Rawa et des pièces colorées plus classiques d’Aywira - mais toutes partagent un souci d’intégration culturelle. « Pour [les designers] de ces pays, il y a un élément ethnique dans la mode éthique, une sorte de réappropriation culturelle, explique Lis Suarez. C’est de mettre des éléments de leur culture ancestrale dans les collections, pour les faire connaître à travers la mode. »
Soirée haute en couleur
Ces lignes venues du Sud partageront la scène ce soir avec les créations de leurs cousines canadiennes, dont la designer montréalaise Jennifer Glasgow, la gamme de sacs urbains faits de chambres à air recyclées Ressac et la maison d’accessoires Coloré, qui importe d’authentiques tissus africains aux imprimés explosifs.
Comme les mannequins porteront plusieurs collections à la fois, le défilé sera « un tressage de matières et de couleurs », promet la directrice de la programmation et de la création du FMDM, Arianne Lasalle. Cette collaboration du Festival avec le monde de la mode éthique, entamée l’an dernier, est à son avis un moyen de faire « foisonner les entreprises alternatives », surtout que le public se soucie désormais des questions d’écoresponsabilité.
En fin de soirée, les couche-tard pourront aussi assister au spectacle de clôture Bollywood, un pot-pourri célébrant l’extravagance du célèbre cinéma indien. Une «grosse fête» où musique traditionnelle, saris colorés et danse indienne ajouteront un brin de fantaisie au coeur de la métropole.










