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    La vague néo-traditionnelle, un style inspiré

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	À Milan, lors du défilé de la collection printemps-été 2013 de Burberry Prorsum, la ligne haut de gamme de la maison.</div>
    Photo: Agence France-Presse (photo) Olivier Morin
    À Milan, lors du défilé de la collection printemps-été 2013 de Burberry Prorsum, la ligne haut de gamme de la maison.
    Dans le monde du design pluridisciplinaire, la décennie 1990 aura vu déferler la vague minimaliste, suivie par le mouvement éclectique si marquant du début du XXIe siècle, alors que les années 2010 viennent porter aux nues le style néo-traditionnel comme référence absolue. Du design industriel au design de mode, du design d’intérieur au design graphique, aucun secteur n’échappe à la déferlante qui vient redéfinir le nouvel esprit de l’art de vivre actuel.
     
    Ce courant qui trouve écho aux quatre coins de la planète fait rayonner une vision du monde qui privilégie l’idéologie « glocale » au détriment de l’école de pensée «globale». La suprématie de la globalisation a fait fi pendant tant d’années des différences, des identités propres et des spécificités de chaque peuple pour favoriser une image d’uniformisation et de standardisation à l’échelle mondiale d’une seule et même doctrine. À l’opposé, la glocalisation préconise un retour aux sources qui incite les créateurs à plonger dans leur histoire pour mieux en cerner toute la richesse, afin de redéfinir et de revisiter le design moderne, distinctif et identitaire. Cette introspection vise à se nourrir du passé et des racines profondes propres à chaque nation pour mieux sublimer à l’international un style avant-gardiste au caractère unique, mais habité par un supplément d’âme.
     
    Il faut se rappeler que le néo-trad se veut d’abord un exercice de style inspiré qui glorifie l’authenticité, ce qui ne rime nullement avec cliché, image folklorique et design vieillot, mais bien au contraire avec héritage, essence, originalité et créativité. Ce défi qui pousse les designers à sortir de leur zone de confort pour s’aventurer hors des sentiers battus à la découverte de richesses insoupçonnées paraît devenir l’apanage des créatifs connectés qui semblent avoir comme leitmotiv : « Le temps est venu de penser, de voir et de faire les choses autrement. »
     
    Ce retour au passé pour mieux se projeter vers l’avenir n’a rien de nostalgique et plusieurs réussites créatives, esthétiques et commerciales sont dignes de mention. Côté mode, Mariouche Gagné, de la griffe Harricana, fut en ce sens une véritable pionnière avec sa vision audacieuse de la fourrure recyclée réinventée et qui la fait aujourd’hui triompher partout dans le monde. La relève québécoise tire bien son épingle du jeu, avec notamment le label émergent Lyn par Jocelyn Picard, qui a su éblouir les people et les fashionistas lors de la dernière Semaine de mode de Montréal avec un défilé percutant. Ce virtuose du crochet initié au tricot par sa mère nous en a mis plein la vue avec une collection automne-hiver 2012-2013 qui revisitait la grande tradition de la maille de manière révolutionnaire.
     
    Revoir des classiques

    Le grand magasin La Baie mise depuis peu sur son passé glorieux avec sa dernière « Collection de la Baie d’Hudson ». Celle-ci reprend les essentiels de ses rayures et de ses basiques appliqués autrefois simplement sur des couvertures et des cabans un peu ringards pour décliner une ligne complète au look hype et magnifiquement contemporain avec une série de vêtements, d’accessoires et d’objets irrésistibles remis au goût du jour avec un succès qui a dépassé toutes les attentes.
     
    Qualifié il y a quelque temps de conservatrice, conformiste et boring, la mythique marque anglaise Burberry a su flairer la tendance en effectuant un virage à 180 degrés pour miser sur ses valeurs incontournables, mais en y injectant un souffle créatif, audacieux et empreint de modernité. La réputation de l’illustre maison alors en déclin s’est ainsi transformée à la vitesse grand V, de « Old England » à « Cool Britannia ». Burberry jouit dorénavant d’une véritable adulation de la part des jeunes générations de « modeux » branchés de partout dans le monde.
     
    Figure inclassable du design et touche-à-tout de génie, le Français Philippe Starck n’en finit plus de revoir ses classiques avec brio et impertinence. Sa collection de chaises Lou Lou Ghost, pour le fabricant Kartell, constitue un bel exemple de style néo-trad. Ces fauteuils d’inspiration Louis XVI revus et corrigés par un maître du design, fabriqués en polycarbonate transparent ou opaque, renouvellent le genre et relèvent brillamment le pari de faire vivre en parfaite harmonie l’esthétique du passé et celle du présent. 
     
    Il faut également souligner le succès tout aussi admirable de sa collaboration avec Baccarat, la manufacture mythique de cristal. Ces lustres et ses chandeliers ont relancé l’engouement pour ces luminaires qui semblaient alors tomber en désuétude.
     
    L’industrie automobile ne vit pas en marge de cette tendance. Comment ne pas associer les succès retentissants de la New Beetle de Volkswagen, de l’Austin Mini Cooper ou encore plus récemment de la renaissance de la Fiat 500 à ce style qui n’a rien d’éphémère ?
     
    La gastronomie n’est pas en reste de ce phénomène de l’heure avec l’engouement pour les microbrasseries, les produits du terroir, les cidres de glace, les fromages et les charcuteries, de même que les cabanes à sucre. Plusieurs des restaurants les mieux cotés jouent aujourd’hui la carte néo-traditionnelle avec maestria ; c’est le cas entre autres du Hambar de l’hôtel Saint-Paul, du Pied de cochon, de Joe Beef, du Comptoir et du Club Chasse et Pêche à Montréal, sans oublier le Panache de l’auberge Saint-Antoine à Québec.
     
    L’industrie touristique se met également au goût du jour avec des exemples éclatants de réalisations hors du commun, symboliques d’une ère prometteuse capitalisant sur nos us et coutumes.
     
    Hôtels néo-trad

    En ce qui concerne l’image de l’hôtellerie au Québec, on ne peut passer sous silence deux exemples éblouissants et inspirants de branding totalement maîtrisé : l’hôtel Sacacomie en Mauricie, qui a su recréer superbement la magie épurée et jamais banale de la cabane au Canada, ainsi que l’irrésistible Hôtel-Musée des Premières Nations, près de Québec, qui s’impose désormais comme un magnifique temple réunissant la mise en valeur du patrimoine du peuple wendat dans un contexte véridique et une architecture innovatrice. 
     
    Partir à la rencontre de l’art de vivre québécois, d’hier à aujourd’hui, dans ce qu’il a de plus beau et de meilleur à offrir, voilà ce que nous propose le style néo-traditionnel.

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    Carnets de style

    Le design a le cœur à la fête
    Le Festival Mode & Design Montréal (FMDM) brillera sous les feux des projecteurs avec une 12e édition flamboyante qui ne manquera pas de surprendre. Du 1er au 4 août, l’avenue McGill College revêtira ses plus beaux atours pour faire la fête aux designers d’ici et d’ailleurs. Ce festival grand public constitue le plus grand événement du genre en Amérique du Nord et réussit le tour de force de mixer audacieusement toutes les facettes du design. C’est ainsi que se retrouveront, dans un même lieu, les artistes, musiciens, célébrités et designers, tous aficionados de style. Un rendez-vous qui vient confirmer le statut de Montréal comme ville créative !
     
    Barilà et Simons, un beau mariage
    La griffe montréalaise Barilà, après avoir séduit une multitude de détaillants américains aussi prestigieux qu’Antropologie et Saks Fifth Avenue, s’impose sur le marché québécois cet automne avec une ligne capsule exclusive créée pour la Maison Simons. La première collection issue de ce beau mariage sera disponible en magasin dès le début du mois d’août. La designer Sabrina Barilà, de la marque émergente, confirme ainsi tous les pronostics élogieux la concernant qui ont été véhiculés par les professionnels du milieu au cours des cinq dernières années. Les fanas de mode y feront de jolies découvertes.
     
    Un secret trop bien gardé ?
    Au 5e étage du grand magasin La Baie du centre-ville se cache un petit bijou de musée. La galerie de la Compagnie de la Baie d’Hudson est un espace mémoire qui nous raconte tout un pan de notre histoire allant de la traite des fourrures au commerce de détail. Constituée en 1670, l’illustre compagnie fit l’acquisition de la chaîne de magasins Morgan en 1960. Cette petite galerie nous plonge dans notre passé en relatant les aventures des postes de traite et du commerce des fourrures. Il s’agit d’un lieu d’exception qui mérite le détour !
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	À Milan, lors du défilé de la collection printemps-été 2013 de Burberry Prorsum, la ligne haut de gamme de la maison.</div>
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	Les chaises Lou Lou Ghost de Philippe Starck.</div>
La Baie, au centre-ville. 












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