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Bénévole d'affaires - L’ancien éditeur est demeuré un passionné d’histoire

« J’aurais été très malheureux de voir les collections du Musée McCord quitter Montréal »

Derek A. Price, bénévole d’affaires
Photo : Musée McCord Derek A. Price, bénévole d’affaires
Derek A. Price est un homme discret. Son nom ne vous dira probablement rien. C’est normal, il a toujours fui les projecteurs. C’est pourtant un homme important, un homme sans qui Montréal ne serait pas tout à fait la même. Le Musée McCord lui doit une fière chandelle et, pour souligner son travail, il le parraine dans la catégorie « Bénévole d’affaires ».

Depuis 1932, année de sa naissance dans Charlevoix, Derek A. Price a fait un parcours irréprochable. Aujourd’hui âgé de quatre-vingts ans et toujours là où il doit être, il possède une feuille de route impressionnante. S’il a occupé des postes de direction dans plusieurs grandes entreprises canadiennes, M. Price est d’abord et avant tout un philanthrope dans l’âme.


Tout d’abord, Derek Price fait ses études à Lennoxville, au Bishop’s College, puis il poursuit sa scolarité à l’Université de Princeton (New Jersey). Dans sa vie professionnelle, M. Price occupe d’abord le poste de président de la Montreal Standard Publishing Co, puis celui de président et éditeur du Montreal Star, un quotidien aujourd’hui disparu. Entre-temps, il a aussi travaillé au sein d’entreprises comme la St. Lawrence Sugar, la Banque de Montréal et la société pétrolière Frontier.


Derek Price est un passionné d’histoire. Il n’est donc pas étonnant de le retrouver président de la Fondation Temple Grove et ancien directeur général de la Fondation de la famille J. W. McConnell, où il occupe, encore aujourd’hui, un poste de fiduciaire. Ce sont les efforts de M. Price sous l’égide de cette fondation qui ont ni plus ni moins sauvé les collections du musée McCord.


Un moment historique


« Nous avons entrepris des discussions avec l’Université McGill en 1986, parce qu’à cette époque l’université voulait fermer les portes du musée et disperser les collections un peu partout au Canada », se remémore M. Price. Il faut se souvenir que l’Université McGill est alors propriétaire du musée. Petit rappel historique…


Déjà à l’arrivée de la famille McCord au Canada, vers 1860, une importante collection est constituée. C’est en 1878 que David Ross McCord entreprend d’ajouter ses propres acquisitions à la collection, et se forme alors dans son esprit l’idée de fonder un musée national d’histoire à Montréal. C’est en 1921 que le projet voit le jour et qu’est inauguré le musée McCord : la réalisation du rêve d’un collectionneur passionné qui voulait mettre en valeur l’histoire et les cultures du pays. À l’époque, la collection personnelle de David Ross McCord comptait autour de 15 000 objets, auxquels l’Université McGill offre un toit : l’ancienne demeure du grand financier montréalais Jesse Joseph. C’est en 1971 que le musée déménage rue Sherbrooke, dans l’édifice alors nouvellement rénové et conçu à l’origine en 1906 par Percy E. Nobbs. Pendant plus de 60 ans, l’Université McGill a assuré la gestion du musée, jusqu’à ce qu’il devienne public.


« À la suite de ces discussions, l’université accepte de céder le Musée McCord à la Fondation J. W. McConnell, qui en retour s’engage à organiser, à agrandir et à protéger la collection et à la garder à Montréal », nous raconte Derek Price. C’est alors que s’engage un marathon tant auprès des instances gouvernementales que du milieu philanthropique. C’est Derek Price lui-même qui mobilise un grand nombre de donateurs politiques, économiques et universitaires.

 

Réouverture


En 1992, pour le 350e anniversaire de la fondation de Montréal, le musée se refait une beauté en entreprenant de vastes travaux d’agrandissement, offrant ainsi un magnifique cadeau à la ville. « La Ville est heureuse, la famille est heureuse de maintenir le musée à Montréal et j’étais heureux de servir ainsi mon propre intérêt pour l’histoire. Tout ça mis ensemble nous donnait trois bonnes raisons d’entreprendre cette aventure », explique Derek Price, un sourire dans la voix.


Plus de 25 ans après les premières négociations pour faire de McCord le musée qu’on connaît aujourd’hui, Derek Price est convaincu que l’avenir du musée est maintenant assuré. Déjà s’approche le 375e anniversaire de Montréal et tout laisse croire que le musée prépare quelque chose pour fêter l’événement.


« J’aurais été très malheureux de voir les collections du musée McCord quitter Montréal, ajoute M. Price, mais c’est un nouveau départ pour le musée et je suis fier que la Fondation J. W. McConnell lègue un musée en bonne santé financière à la direction actuelle. »


Même s’il n’y joue plus le rôle de président, Derek Price continue à prendre part aux activités de la Fondation J. W. McConnell, qui est aujourd’hui d’envergure nationale. « Je ne siège plus au conseil d’administration, mais c’est ma fille qui est maintenant la présidente de ce conseil. Je ne sais pas précisément ce qui s’en vient pour le musée, mais la volonté est de présenter de plus en plus d’expositions en provenance du Québec et de l’est du Canada. »


D’autres projets sont sur les tables à dessin. Par exemple, on parlerait d’une association avec le Musée Stewart, dans l’île Sainte-Hélène, afin d’enrichir les collections et de les rendre encore plus consistantes. Mais y aura-t-il encore suffisamment d’espace rue Sherbrooke pour accueillir tous ces artéfacts ? Montréal devrait déjà songer à offrir au Musée McCord de nouveaux locaux pour protéger tout ce patrimoine.


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