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    Musée Marguerite-Bourgeoys - Un Back en Nouvelle-France

    Francis Back est l’un des rares illustrateurs historiques au Québec et se situe dans la lignée de peintres qui, à une autre époque, pratiquaient un genre parmi les plus estimés.
    Photo: Francis Back Francis Back est l’un des rares illustrateurs historiques au Québec et se situe dans la lignée de peintres qui, à une autre époque, pratiquaient un genre parmi les plus estimés.

    Dessiner l’Amérique française

    Jusqu’au 30 avril 2013

    Musée Marguerite-Bourgeoys

    400, rue Saint-Paul Est, Montréal

    (514) 282-867

    L’histoire d’un coup de crayon, c’est à quoi s’attelle depuis trente ans Francis Back. La Nouvelle-France, les scènes de traite, les coureurs des bois ou les personnages fondateurs comme Marguerite Bourgeoys, considérée comme notre première enseignante, n’ont plus de secret pour lui. Ses dessins se sont autant retrouvés dans les pages couvertures de manuels d’histoire que dans des parcs nationaux. Ses services ont même déjà été requis par le septième art.

    Le prolifique illustrateur est un artiste de l’ombre, du moins en comparaison avec son illustre père, Frédéric. Question de le faire enfin connaître de tous, le Musée Marguerite-Bourgeoys lui consacre depuis quelques jours sa première exposition. Une soixantaine d’oeuvres originales et d’esquisses ont été réunies pour l’occasion sous le titre Dessiner l’Amérique française. Une chose bien particulière, puisque les dessins, propriété de l’artiste, n’existent que pour avoir illustré un livre ou une autre entité culturelle.


    L’un des rares illustrateurs historiques au Québec, Francis Back se situe dans la lignée de peintres qui, à une autre époque, pratiquaient un genre parmi les plus estimés. À la différence de ceux qui ont fait cette grande peinture, le dessinateur québécois, né à la fin des années 1950, travaille « de son propre chef », selon le directeur du musée dans le Vieux-Montréal.


    « La peinture d’histoire était une peinture de commande, commente Stéphane Chagnon. Francis Back ne travaille pas sur commande, plutôt par initiative. »


    Il n’attend pas qu’on l’invite à traiter d’un sujet ; il s’invite. C’est ainsi qu’il a obtenu que ses dessins illustrent un essai d’Yves Landry, Pour le Christ et le roi (1992, Art global et Libre Expression) et deviennent la référence visuelle de « la vie au temps des premiers Montréalais », sous-titre de l’ouvrage, aujourd’hui épuisé.

     

    Dessiner l’histoire


    Détaillées et précises, les compositions de Back prennent une grande valeur historique en raison du fait qu’il n’existe, parfois, aucune vue de la scène à laquelle il s’attaque. Son approche aérienne et ses vues en plongée, inimaginables avant l’arrivée de la photographie, rendent ses dessins fort originaux. Ils lui permettent aussi, de l’avis de Stéphane Chagnon, d’embrasser la multitude d’activités, par exemple, d’un marché. Quelque part, l’artiste reproduit une scène comme s’il l’avait lui-même vécue.


    « Il faut comprendre que Francis Back, explique le directeur du musée d’histoire, fait d’abord une recherche très minutieuse, comme un historien. Ensuite, il met en images ce qu’il apprend. Il lit beaucoup, des registres de notaires du Régime français, des archives judiciaires. C’est par ces lectures qu’il arrive à faire de l’illustration historique. »


    Stéphane Chagnon le qualifie de « libre penseur » ou encore de « libre illustrateur ». Sa capacité de compréhension et de synthèse d’une époque n’a d’égale que son esprit créatif. Le Musée Marguerite-Bourgeoys vient d’ailleurs de lui passer une commande, une fois n’est pas coutume, pour réaliser un dessin qui reproduira la vie, en 1708, du quartier du marché Bonsecours.


    L’exposition, elle, déborde de la Nouvelle-France et présente aussi du travail pour le cinéma. Des exemples tirés des story-boards de Babine et d’Incendies côtoient ainsi des pages du roman jeunesse Jean-Baptiste, coureur des bois parmi d’autres.


     













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