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Jumelage et réciprocité - L’expérience de Sherbrooke sera mise à profit par la Chine…

… et le réseautage profite à la musique émergente

Performance de CLUES au festival de musique émergente de l'Abitibi-Témiscamingue, en 2009.
Photo : - Archives Le Devoir Performance de CLUES au festival de musique émergente de l'Abitibi-Témiscamingue, en 2009.
La petitesse du marché de la culture et des arts québécois oblige les diffuseurs à créer des réseaux à l’international pour faire circuler les artistes d’ici de l’autre côté des frontières, de la Chine à la France. C’est du moins l’avis de deux experts en réseautage régional et international, Luce Couture, du Théâtre Centennial, et Sandy Boutin, président du Festival de musique émergente de l’Abitibi-Témiscamingue.

« Il faut commencer à construire les réseaux à l’international, parce que notre marché est trop petit, estime Luce Couture, directrice du Théâtre Centennial à Sherbrooke, qui se consacre principalement à la danse. Avec la fermeture du marché européen et la zone euro qui est en difficulté, le marché se ferme. Il faut trouver de nouvelles ouvertures. »


À titre de diffuseur, Luce Couture a participé à plusieurs missions, notamment en Belgique, au Mexique et en Argentine. Elle travaille aujourd’hui à titre de consultante, pour les productions YARI, sur un projet d’envergure pour faire circuler les artistes d’ici dans le vaste marché chinois.


« C’est un projet de résidence qui vise à faire des coproductions, à inviter les diffuseurs chinois à voir le travail des artistes, à les faire circuler en Chine et, par la suite, à les ramener dans nos réseaux à nous », affirme Luce Couture, qui précise qu’il s’agit d’un modèle en construction.


Une entente a déjà été signée avec la province du Yunnan, en Chine, pour une période de 8 à 10 ans. D’autres ententes sont en voie d’être signées et le programme de résidence en Chine, qui permettrait d’envoyer quatre séries d’artistes par année, devrait voir officiellement le jour en 2013.


« La Chine est un grand marché et a démontré une ouverture beaucoup plus importante que d’autres marchés. Elle est très bien organisée, elle a trois réseaux nationaux, dont un qui travaille à la construction de 200 petites et moyennes salles qui correspondent à ce que nous avons ici. Il y a aussi le développement des disciplines, comme le jazz et la danse contemporaine, à prendre en considération. Ces disciplines existent en Chine, mais ce n’est pas encore très répandu. Elle veut notre expertise, elle veut des coproductions. C’est donc un marché très important pour nous. »

 

Au-delà de la chanson


Le réseautage est également au coeur du travail de Sandy Boutin, le président et cofondateur du Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue et gérant de plusieurs artistes, dont le groupe Karkwa.


« Le jumelage, ça ne veut rien dire en soi si on n’a pas des objectifs à atteindre, affirme-t-il d’emblée. Nous ne faisons pas du jumelage pour faire du jumelage, mais pour nous aider à atteindre nos objectifs respectifs. »


Pour lui, le festival de musique émergente n’est pas un simple diffuseur de spectacles, mais d’abord et avant tout une vitrine pour les artistes du Québec et un acteur dans le développement de la carrière de ces artistes et de l’industrie culturelle en général.


« L’objectif était double. Nous voulions présenter des artistes de musique alternative à la population de l’Abitibi-Témiscamingue et, dans un même souffle, donner l’occasion à certains groupes qui circulaient moins de venir dans les régions. »

 

Du Québec en Bretagne


Rapidement, Sandy Boutin a compris qu’il y avait peu d’artistes d’origine internationale qui s’aventuraient en région. Et que plusieurs artistes régionaux méconnus rêvaient de percer en Europe. L’occasion était parfaite pour passer du réseautage régional au jumelage international. Il s’est donc mis à programmer des artistes internationaux et à inviter des diffuseurs professionnels de la francophonie à son festival pour créer des possibilités d’échange. Si l’idée n’était pas nouvelle, Sandy Boutin a su la personnaliser et l’adapter à ses besoins bien précis.


« On n’a pas inventé ça, le réseautage !, s’exclame l’imprésario. Ça fait des années que les festivals invitent des professionnels étrangers pour voir les artistes québécois. Mais ce dont je me suis rendu compte, c’est qu’on invitait souvent les mêmes personnes et que c’étaient principalement des gens qui avaient des affinités avec la chanson. Il y avait donc une partie de la musique émergente qui ne cadrait pas dans la catégorie chanson, qui avait moins accès aux possibilités de se faire voir par des étrangers. »


Le président du festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue a choisi de contacter des diffuseurs européens qui n’étaient jamais venus au Québec et qui avaient une certaine affinité avec ses goûts musicaux. C’est ainsi qu’il s’est associé à l’un des plus gros festivals de musique en France, le Festival des vieilles charrues en Bretagne.

 

Des échanges riches


De fil en aiguille et de contact en rencontre, il est devenu le seul membre nord-américain de la Fédération internationale des festivals « De Concerts ! ». Grâce aux échanges, de nombreux artistes québécois sont invités aux événements représentés par cette fédération. L’artiste y gagne, mais le diffuseur aussi, estime Sandy Boutin. « Nous avons beau être dans des pays différents, nous avons souvent les mêmes problèmes. Le réseautage nous permet donc d’échanger des outils concrets entre événements, dans un niveau d’entraide qui n’est absolument pas mercantile. »


« Nous avions, au festival, un problème de gestion du transport, car nous n’avions pas d’outils adéquats pour coordonner toutes les navettes pour aller chercher les artistes, les journalistes, etc., illustre Sandy Boutin. Nous avons soumis cette problématique lors d’une discussion à la fédération, et les organisateurs d’un autre festival membre nous ont envoyé un outil qu’ils avaient eux-mêmes développé pour la gestion du transport. C’est un outil qu’ils auraient pu nous vendre, mais ils ont plutôt choisi de le partager avec les membres du réseau. »


Avec l’arrivée des réseaux sociaux dans le web, la façon de travailler a évolué, avoue le programmateur de festival. Mais, si les nouveaux réseaux sociaux peuvent faciliter les partages, les « vrais » échanges n’en sont que plus nécessaires selon lui, en raison de l’immensité de la disponibilité des oeuvres.


« Un groupe a beau être accessible à travers le monde entier, s’il veut se faire découvrir en France, ça prend quelqu’un pour mettre l’accent sur son oeuvre, sans quoi il va se perdre dans l’immensité du web, où il est en compétition avec le monde entier. »


***

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