Musées autochtones - À la découverte des Premières Nations
www.museedesabenakis.ca
www.hotelpremieres nations.ca/musee/concept.php
www.museeilnu.ca/ entree.html
Le premier musée autochtone au Québec fête ses 50 ans ! Ouvert au public en 1962 non loin de Drummondville, le musée d’Odanak présente les différentes facettes de l’histoire et de la culture des Abénakis, l’une des 11 Premières Nations du Québec.
L’occasion est donc belle d’y faire un petit tour et de découvrir l’exposition permanente, mais aussi Fibres du monde, proposée au public depuis hier et ouverte jusqu’au 8 octobre. Il s’agit d’une tapisserie de 36 mètres de longueur sur 5 mètres de hauteur, issue d’un projet amorcé à l’automne 1998 par l’artiste Esther Bryan.
En 1995, elle a entrepris un voyage en Slovaquie, qui allait changer sa vie. Esther et ses parents étaient partis à la recherche de la famille et de la maison que son père avait quittées 43 ans plus tôt. Ce retour aux sources lui fit prendre conscience que chaque individu a une histoire à raconter, que chaque culture possède une beauté unique qui rehausse notre identité nationale. Que chaque personne peut éprouver un sentiment d’appartenance tout en trouvant sa place dans une famille globale.
À son retour, elle imagine une grande fresque qui représenterait toutes les Premières Nations du Canada ainsi que toutes les autres nations du monde, éléments de la mosaïque canadienne. Résultat : une oeuvre gigantesque, le projet d’art textile le plus complet au Canada. De Victoria à Terre-Neuve et jusqu’au Cercle polaire arctique, les participants ont été invités à mettre à profit leurs talents et leurs idées modulés par le prisme de leurs antécédents culturels.
De la peau de phoque au tissu teint à la boue, des soies brodées aux ailes diaphanes des papillons, cette étonnante variété de matériaux relie les fils de notre passé aux innombrables possibilités qu’offre l’avenir.
Découvrir le fort
Autre activité estivale au musée, la possibilité de participer aux fouilles archéologiques menées dans le fort d’Odanak. Les Abénakis sont présents sur les bords de la rivière Saint-François depuis le xviie siècle. La riche histoire de cette communauté demeure cependant encore peu documentée, même si un plan de 1720 mentionne l’existence d’une fortification sur le territoire actuel du village d’Odanak.
Donc, un édifice unique en Amérique du Nord, puisqu’il s’agit du seul fort construit par et pour les Abénakis. Odanak a occupé un point stratégique pour les relations Nord-Sud. Du 16 juillet au 17 août, les visiteurs sont invités à mettre la main à la pâte afin de percer un peu plus les mystères de cette communauté amérindienne.
Musée huron-wendat
Du côté de Wendake, à quelques encablures de Québec, le Musée huron-wendat a su se forger une réelle personnalité en à peine quatre ans. Au programme cet été, deux expositions temporaires. MOZ en cinq temps, d’une part, basée sur une production artistique qui a permis de créer un recueil de contes ayant pour thème central l’orignal, un animal qui était, au début de la création, plus grand que nature et doué de la parole, avant de voir sa taille réduite jusqu’à devenir tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Dans cette exposition, il est aussi question d’êtres mythiques, animaux et hommes. Grâce aux textes et aux illustrations de Sylvain Rivard, le visiteur est confronté à des récits d’aventures proposant une vision du monde originale.
Et, pour amorcer la saison estivale, Passage, à l’affiche depuis le 3 mai et pour quelques semaines encore, deux films d’animation de Diane Obomsawin. Avec Ici par ici, la cinéaste signe une oeuvre autobiographique toute en subtilité, où défilent diverses anecdotes de la naissance au début de l’âge adulte, racontées et mises en images par une adulte qui n’a pas oublié le monde de l’enfance. Quant à Marche-dans-la-forêt, il s’agit d’un court récit inspiré d’un conte amérindien cherokee qui situe l’histoire au coeur d’une forêt, où un guérisseur est le seul à percevoir un univers secret et fascinant…
Musée de Mashteuiatsh
Sur les rives du lac Saint-Jean, le musée amérindien de Mashteuiatsh offre aux visiteurs une présentation de l’histoire des Pekuakamiulnuatsh tels qu’eux-mêmes se pensent et se décrivent. Elle met ainsi en lumière le lien entre le passé et le présent pour présenter l’Ilnu tel qu’il était et tel qu’il est devenu.
Outre l’exposition permanente et le site extérieur d’interprétation de la flore, l’exposition temporaire de cet été, intitulée Ashini Eshken mak Mikuan, vient renforcer cette mission. Il s’agit d’une présentation des oeuvres majeures d’Allen Grégoire, sculpteur innu, invité en 2005 par le musée du Louvre à Paris à exposer trois de ses oeuvres. « Je pratique la sculpture sur pierre, panache, os d’orignal et de caribou. Je m’inspire beaucoup de la nature, des formes que j’y vois, des animaux et des scènes traditionnelles et contemporaines qu’elle évoque, explique l’artiste. Je m’inspire également de ma culture, des histoires qui m’ont été racontées par mes parents et par des aînés. Elles sont souvent le point de départ qui me porte vers des oeuvres transmettant une vision nouvelle et expressive de ma culture. »
Autre artiste invitée à exposer ses oeuvres cet été, Maude Connolly. Ilnue de Mashteuiatsh, elle s’intéresse à la peinture, qu’elle pratique depuis quelques années. Ses toiles, naïves, sont inspirées de l’imaginaire des contes et légendes ilnus. Dans ses tableaux se côtoient animaux, personnages et univers colorés issus d’un monde riche et inspirant.
Maude Connolly voit des formes dans des objets aussi diversifiés que les trottoirs, les bois ronds et les sacs de poubelle dans le vent d’hiver. Elle commence une toile sans avoir aucune idée au préalable de ce qu’elle pourrait bien peindre. La forme apparaît dans le tableau, souvent à partir des animaux et des personnages qui lui sont apparus à travers les formes inspirées. Elle n’utilise pas le crayon et débute avec l’application directe de la peinture sur la toile. Elle ne donne pas de titre à ses toiles, afin que chacun se les approprie.
***
Collaboration spéciale







