Montréal - D’Altmejd à Ikeda
Au bestiaire de l’un répondent les compositions des autres
Connu pour ses fastes installations qui mettent en scène des loups-garous et des oiseaux, David Altmejd y sera, bien sûr. Avec une oeuvre inédite, conçue pour l’occasion. Autre artiste montréalais dont la carrière est animée d’un bestiaire - lui, ce sont les girafes et les animaux africains qu’il représente - Trevor Gould ne pouvait non plus en être exclu. Il aura même le privilège d’occuper le jardin de sculptures, espace sous-utilisé du MAC. Parmi les vedettes internationales invitées figurent Ai Weiwei, Mona Hatoum.
Les commissaires, Marie Fraser et François Letourneux, projettent de nous faire réfléchir, à travers une diversité de pratiques contemporaines, sur la présence des animaux dans la société. Le rapprochement du musée avec le zoo tendra, sinon, à révéler des procédés communs dans la représentation du monde, tels que la collection et les systèmes de classement. Zoo sera présenté du 24 mai au 3 septembre.
Wesselmann en partage
Le Musée des beaux-arts (MBA) ne fera pas dans l’animalerie. Son choix sera néanmoins porté par une vaste collecte de formes, de couleurs et de lignes et par une diversité de représentations du monde, soit le nu, la nature morte et le paysage. C’est un peu ça, l’univers de Tom Wesselmann, figure méconnue du pop art américain qui sera à l’honneur cet été dans les salles du MBA.
L’expo Tom Wesselmann : au-delà du Pop réunira une grande sélection d’oeuvres (75 peintures et autant de dessins ou de maquettes préparatoires), signées par celui qui a côtoyé Roy Lichtenstein et Andy Warhol. L’homme, décédé en 2004, a aussi été musicien et le MBA ne ratera pas une nouvelle occasion de ponctuer le parcours d’airs. Organisée avec le concours de la succession de l’artiste, l’expo profite de prêts de musées prestigieux des États-Unis. Elle se tiendra du 19 mai au 7 octobre.
Les notes de Stirling
Au Centre canadien d’architecture (CCA), c’est un tout autre panorama, mais aussi vaste et aussi hétéroclite, qui est au programme : l’oeuvre de James Stirling, reconnu pour la diversité de ses procédés et de son esthétique, lui qui s’est autant inspiré de l’architecture moderne qu’historique.
L’expo Notes d’archives rassemble quelque 300 maquettes, photographies et dessins. Elle est la première exposition tirée des fonds de l’architecte britannique, mort en 1992. Elle est une production du CCA et du Yale Center for British Art. De mémoire, la seule autre attention que le centre montréalais avait eue à l’égard de Stirling date de 2006, lors d’une expo réunie autour de l’anti-architecture. Après des arrêts en Angleterre et en Allemagne, Notes d’archives sera à Montréal du 15 mai au 14 octobre.
À l’ère numérique
Du côté du Vieux-Montréal, DHC, fondation pour l’art contemporain, proposera une plongée dans « les profondes explorations [d’un] fascinant et troublant poète de l’ère numérique ». Ryoji Ikeda, artiste japonais établi à Paris, travaille le son, le temps et l’espace selon des procédés mathématiques. Ses oeuvres, installations immersives ou performances, qualifiées par les documents de la DHC de « sublimes, d’une beauté parfois perçante », explorent l’immatériel, tant les pulsations sonores que les ondes sinusoïdales.
L’expo, intitulée simplement Ryoji Ikeda, rassemble une vaste sélection d’oeuvres. Elle est le premier solo en Amérique du Nord de celui qu’on présente aussi comme un compositeur. Les deux pavillons de la DHC seront mis à contribution dans cette aventure multisensorielle. Notons, parmi les corpus réunis, la série datamatics, des oeuvres cinétiques aux limites de la perception. Dernier volet de la première Biennale internationale d’art numérique à être inauguré, Ryoji Ikeda sera à l’affiche du 14 juin au 18 novembre.
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Collaborateur







