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    Institut de l’artefact - Apportez votre Commodore 64

    Un événement de la Biennale internationale d’art numérique se tourne vers les appareils obsolètes… de votre propre domicile

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	L’Institut de l’artefact a été créé en 2007 dans le but de trouver une solution de rechange à notre consommation excessive de technologie.</div>
    Photo: Source Institut de l’artéfact
    L’Institut de l’artefact a été créé en 2007 dans le but de trouver une solution de rechange à notre consommation excessive de technologie.
    • Service 1, l’Institut de l’artefact, centre Articule, 262, rue Fairmount Ouest, jusqu’au 27 mai.
    • Forum public sur le statut de l’équipement électronique à Montréal, les 18 et 20 mai.
    • Biennale internationale d’art numérique, 1re édition, jusqu’au 13 juin.www.bianmontreal.ca
    La Biennale internationale d’art numérique de Montréal, en cours depuis quelques semaines, renferme son lot de surprises. Parmi celles-ci, l’Institut de l’artefact, installé au centre d’artistes Articule à compter d’aujourd’hui. À mille lieues des technologies les plus avancées, cet organisme à deux têtes cherche à redonner valeur aux appareils électroniques désuets, rejetés par la société de consommation.

    Votre Commodore chéri prend de la poussière, mais vous y tenez. Comme souvenir d’enfance, il n’y a pas mieux. La petite Philips portative noir et blanc ne fait pas le poids aux côtés de l’écran plasma 55 pouces, mais, dans le fin fond du garde-robe, elle ne dérange personne. Et que dire du tourne-disque sans aiguille, du Fisher-Price silencieux et du téléphone avec cadran, mais sans fil ? Peuvent-ils reprendre vie ? Et dans la négative, que faire d’eux ?


    L’Institut de l’artefact, qui ouvre ses portes aujourd’hui au centre Articule, dans le Mile-End, est là pour vous aider. Quels que soient son état, son âge, son modèle, votre appareil électronique y trouvera une oreille attentive et des mains habiles pour en prendre soin.


    Portant le sarrau, les deux techniciens, Tim et Adam, ne s’occuperont pas seulement de l’objet obsolète qui atterrira sur leur comptoir de la rue Fairmount Ouest. Ils établiront un diagnostic et conseilleront son propriétaire.


    « Souvent, les gens ne savent pas quoi faire d’un vieil objet. Ils y tiennent, bien qu’il ait déjà été source de conflit dans le couple, commentent-ils. Si les artefacts n’ont plus de valeur dans la société actuelle de consommation, nous, nous essayons de lui en redonner une. Nous faisons notre propre évaluation de l’objet et nous recommandons quoi faire avec lui. »


    Objet de conversation


    Tim et Adam, ce sont Tim Dallett et Adam Kelly, deux artistes férus d’électronique. Et de relations humaines : tout le projet repose sur le dialogue, sur la discussion autour d’un appareil.


    Ils ont créé l’Institut de l’artefact en 2007 dans le but de trouver une solution de rechange à notre consommation excessive de technologie. Cependant, c’est la première fois que ces deux anciens étudiants du Nova Scotia College of Art Design, le réputé NSCAD de Halifax, prêtent une forme publique à leur « service ».


    Cette première installation immersive s’intitule Service 1. Et son sous-titre ? « Offrir des consultations afin d’aider des individus à déterminer quoi faire avec leur équipement électronique. » Service 1, parce que c’est le premier et parce qu’il annonce une suite. Fait à noter, les débuts de l’Institut se font dans le cadre de la très high-tech Biennale internationale d’art numérique, en cours à Montréal jusqu’en juin.


    Placé dans un contexte de galerie, à Articule, l’Institut de l’artefact a une identité hybride, entre une structure proche de l’exposition et un commerce sans but lucratif - le service est gratuit. Des étagères sont destinées à accumuler les objets désuets et il y a un coin atelier pour les réparer. Si Adam et Tim sont incapables de trouver une solution à vos problèmes, les articles seront redirigés, selon leur nature : à un mur est accrochée une grande carte avec les adresses du Montréal technologique : un réparateur d’écrans cathodiques, un centre de tri et de recyclage, un brocanteur…


    « Nous avons les outils et les compétences pour faire des réparations, mais dans le cas de problèmes majeurs, nous suggérerons d’aller voir des spécialistes », admettent-ils. Le décor construit pour un seul mois est digne « d’une mise en scène propre au cinéma », disent les deux comparses. Leurs commentaires seront par contre des plus réels et des plus sincères. « Ce sont vraiment Tim et Adam qui seront ici. Nous n’incarnons aucun personnage. »


    Espace de réflexion


    Préoccupés par les déchets électroniques, Tim Dallett et Adam Kelly ne se qualifient ni d’écolos ni de hackers prêcheurs d’une bonne cause. Dans leurs autres activités professionnelles, ils ont l’habitude de guider et de transmettre des connaissances - le premier en tant que consultant pour des organismes culturels à Montréal, le second comme enseignant en arts médiatiques au NSCAD à Halifax. Mais l’Institut, assurent-ils, n’est pas un projet didactique. « Nous ouvrons seulement un espace de réflexion pour que les gens prennent le temps de considérer leur relation à un objet. Chacun a ses propres critères, mais il faut être conscient de l’importance d’y réfléchir. »


    Le débat sur la société de consommation électronique, ils laissent ça à de véritables spécialistes. Ils en réuniront quelques-uns lors du « Forum public sur le statut de l’équipement électronique », qui se tiendra à Articule dans les semaines à venir.


    Avant de se rendre rue Fairmount une vieille télé dans les bras, les gens sont invités à compléter un formulaire, disponible sur place ou en ligne sur les sites d’Articule (www.articule.org) et de l’Institut (www.institutartefact.org) lorsqu’il sera fonctionnel. Les questions portent autant sur l’état de l’objet que sur sa valeur, sentimentale ou non. La qualité, ou la justesse, du service dépendra des réponses, du degré de satisfaction ou d’attachement que leurs propriétaires exprimeront à son égard.














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