Théâtre - Sept dans un même lieu!
Aux Écuries incarne enfin une solution originale aux problèmes de la relève
Tout commence avec une ancienne boulangerie du quartier Villeray occupée par une compagnie de théâtre, qui, signe des temps, est d'abord axée sur la tournée internationale: le Théâtre des Deux Mondes. On est quelque part à la fin du XXe siècle, bien avant Twitter, Facebook ou même le I-Pad, c'est tout dire... L'ancien monde, en quelque sorte.
À une même époque vivotaient une grouillante demi-douzaine de compagnies de théâtre de la «relève», qui en avaient jusque-là de s'éparpiller partout à travers la ville et qui cherchaient des lieux pour déposer leurs affaires quelque part, travailler et montrer, simplement, ce qu'ils savent faire: la Pire Espèce, le Grand Jour, L'Activité, I.N.K, les Porteuses d'aromates et le festival du Jamais Lu.
Très vite apparaît aussi, au beau milieu d'eux, une autre figure, plutôt exceptionnelle: celle de David Lavoie, devenu depuis directeur général des Écuries. Un oiseau rare, administrateur de son état. Un fou plein d'idées de fou, comme celle de Carte Prem1ères. Bref, un jeune trentenaire persuadé de l'importance capitale de la culture en général et du théâtre en particulier. Tous les éléments sont presque là. Il ne reste plus qu'à ajouter le nom de Pierre MacDuff, qui joue ici le double rôle le plus difficile de sa carrière: celui de l'étincelle et du mélangeur...
À contre-courant
C'est précisément ce dont il s'agit: mêler tout cela en étant conscient d'aller à contre-courant, puisque tout le monde a l'habitude de surveiller ses seules propres billes. Ce qui donne tout de suite sept directeurs artistiques (les Pires Espèces et les I.N.K. sont deux, les Porteuses et le Jamais Lu, une seule même) pour un même lieu, ce qui ne va pas de soi. Puis, vous attendez jusqu'en 2005 pour que la pâte lève suffisamment et que «les pouvoirs publics», comme on dit, acceptent l'idée qu'on puisse fonctionner différemment... et ça y est! Vous avez conçu un hybride performant!
En coulisses, il faut encore ajouter beaucoup de salive, d'huile de bras et de plans à refaire, tout en se faisant chaque fois beaucoup plus clair et beaucoup plus précis, en recommençant encore une fois et même deux, en insistant encore plus, en présentant même des spectacles pendant les travaux... Au bout du compte, ça donne Aux Écuries. Mais ce n'est pas tout.
Il aurait fallu décrire les embûches techniques devant le projet, dire aussi à quel point le lieu est solidement ancré dans le quartier et parler des conférences qu'y donne l'Université populaire de Montréal. Du lieu de création aussi, de l'incubateur qu'est devenu Aux Écuries et des rencontres en tous genres qui s'y produisent déjà. Des cinq salles du lieu, à tarifs accessibles. De son ouverture aux projets de l'extérieur. De sa programmation aussi, diversifiée, différente, déjantée. Tout cela est vrai, on le constatera tout de suite en visitant le site Internet (www.auxecuries.com), mais il y a plus.
Ce projet formidable — on dirait «utopique» s'il ne s'était pas réalisé — repose depuis le départ sur de vraies rencontres entre de vraies personnes qui l'ont construit à bout de bras. Difficile de trouver une plus belle façon d'assurer la transmission d'une même commune passion.
***
La bourse pour le secteur du théâtre est offerte par Pierre R. Desmarais.
À une même époque vivotaient une grouillante demi-douzaine de compagnies de théâtre de la «relève», qui en avaient jusque-là de s'éparpiller partout à travers la ville et qui cherchaient des lieux pour déposer leurs affaires quelque part, travailler et montrer, simplement, ce qu'ils savent faire: la Pire Espèce, le Grand Jour, L'Activité, I.N.K, les Porteuses d'aromates et le festival du Jamais Lu.
Très vite apparaît aussi, au beau milieu d'eux, une autre figure, plutôt exceptionnelle: celle de David Lavoie, devenu depuis directeur général des Écuries. Un oiseau rare, administrateur de son état. Un fou plein d'idées de fou, comme celle de Carte Prem1ères. Bref, un jeune trentenaire persuadé de l'importance capitale de la culture en général et du théâtre en particulier. Tous les éléments sont presque là. Il ne reste plus qu'à ajouter le nom de Pierre MacDuff, qui joue ici le double rôle le plus difficile de sa carrière: celui de l'étincelle et du mélangeur...
À contre-courant
C'est précisément ce dont il s'agit: mêler tout cela en étant conscient d'aller à contre-courant, puisque tout le monde a l'habitude de surveiller ses seules propres billes. Ce qui donne tout de suite sept directeurs artistiques (les Pires Espèces et les I.N.K. sont deux, les Porteuses et le Jamais Lu, une seule même) pour un même lieu, ce qui ne va pas de soi. Puis, vous attendez jusqu'en 2005 pour que la pâte lève suffisamment et que «les pouvoirs publics», comme on dit, acceptent l'idée qu'on puisse fonctionner différemment... et ça y est! Vous avez conçu un hybride performant!
En coulisses, il faut encore ajouter beaucoup de salive, d'huile de bras et de plans à refaire, tout en se faisant chaque fois beaucoup plus clair et beaucoup plus précis, en recommençant encore une fois et même deux, en insistant encore plus, en présentant même des spectacles pendant les travaux... Au bout du compte, ça donne Aux Écuries. Mais ce n'est pas tout.
Il aurait fallu décrire les embûches techniques devant le projet, dire aussi à quel point le lieu est solidement ancré dans le quartier et parler des conférences qu'y donne l'Université populaire de Montréal. Du lieu de création aussi, de l'incubateur qu'est devenu Aux Écuries et des rencontres en tous genres qui s'y produisent déjà. Des cinq salles du lieu, à tarifs accessibles. De son ouverture aux projets de l'extérieur. De sa programmation aussi, diversifiée, différente, déjantée. Tout cela est vrai, on le constatera tout de suite en visitant le site Internet (www.auxecuries.com), mais il y a plus.
Ce projet formidable — on dirait «utopique» s'il ne s'était pas réalisé — repose depuis le départ sur de vraies rencontres entre de vraies personnes qui l'ont construit à bout de bras. Difficile de trouver une plus belle façon d'assurer la transmission d'une même commune passion.
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La bourse pour le secteur du théâtre est offerte par Pierre R. Desmarais.







