Présidence du Conseil - Le Conseil aussi a reçu son prix!
La bonne gouvernance devient une façon de bien faire
En 2009, le Conseil des arts de Montréal s'est lancé le défi de restructurer son modèle de gérance et d'améliorer celui des organismes culturels qu'il soutient. Trois ans plus tard, le Conseil a le vent dans les voiles. L'expérience est concluante, les projets vont rondement et il a reçu le prix Korn/Ferry International - Les Affaires, en février dernier, pour l'excellence de sa gouvernance. Entrevue avec la capitaine du navire.
«Nous sommes très fiers de ce prix, répond la présidente du Conseil des arts de Montréal, Louise Roy. C'est vraiment un encouragement à continuer, et je pense que cette reconnaissance est susceptible de dégager encore plus de confiance sur la façon dont on fonctionne comme organisme subventionnaire.»
Les changements apportés au mode de gouvernance du Conseil des arts de Montréal se sont principalement articulés autour des comités pour l'évaluation des dossiers de demandes de subvention. Jusqu'en 2009, ce sont les 25 membres du conseil d'administration qui évaluaient les projets présentés. Ces derniers devaient voir un grand nombre de spectacles et s'engager dans leur domaine respectif afin d'être capables de formuler une opinion sur les projets qui devaient être subventionnés ou non.
Mais, malgré toute leur bonne volonté, ils n'y arrivaient tout simplement pas, explique Louise Roy. «Dans certains secteurs, que ce soit en cinéma ou en littérature, on n'avait pas forcément autour de la table un nombre suffisant de spécialistes. On ne pouvait pas, avec si peu de gens, couvrir tous les champs. C'est ce qui nous a amenés à solliciter une soixantaine de personnes, des gens reconnus dans leur domaine, pour venir former les comités d'évaluation.»
Mandatés pour une période de trois ans, les nouveaux membres du comité d'évaluation regardent chaque projet, jugent de la pertinence d'accorder ou non des subventions en fonction de l'enveloppe budgétaire et d'un certain nombre de critères préétablis par le Conseil. Le président de chaque comité fait ensuite part de ses recommandations au conseil d'administration, qui prend la décision ultime.
Pour Louise Roy et ses collègues, ce fut une véritable révélation. «Ça nous a apporté beaucoup d'ouverture, de l'oxygène et plein de nouvelles idées. Ça nous a mis en contact avec des gens qui nous ont beaucoup nourris de leur expérience de terrain. C'est notre troisième année et c'est très concluant.»
Liens arts-affaires
Maintenant que le conseil d'administration est libéré de ses fonctions d'évaluation, il peut se consacrer davantage aux grandes orientations stratégiques. Et l'une des priorités est de développer les liens entre le milieu des arts et le milieu des affaires. C'est dans cette optique que le programme GO C.A. a vu le jour l'an dernier. Cette nouvelle initiative, imaginée par Ginette Noiseux, du théâtre Espace Go, et par Jacques Dostie, de la firme Ernst & Young, avait pour but de faire bénéficier les compagnies théâtrales d'une expertise provenant du milieu des affaires. C'est ainsi qu'est né un concept qui fait des petits au Conseil des arts de Montréal.
«Ils nous ont demandé de les accompagner et de faire en sorte que ça se multiplie, s'emballe Louise Roy. Alors, ça se multiplie!»
Le concept s'inspire de celui du speed dating. Le Conseil organise des rencontres de réseautage entre les créateurs et des gens d'affaires issus de quatre entreprises: la firme Ernst & Young, le bureau d'avocats McCarthy Tétrault, la Banque Scotia et l'agence de communications Bleublancrouge.
Dix organismes culturels d'un secteur donné font une petite présentation aux gens d'affaires et vont par la suite s'asseoir à leurs tables respectives, où banquiers et avocats viennent leur poser des questions. À la fin de l'exercice, chacun fait part de sa préférence et le conseil relève les coups de coeur. «C'est étonnant, lors des exercices que nous avons faits, pratiquement tout le monde a eu son premier choix», se réjouit la nouvelle entremetteuse culturelle.
Louise Roy est emballée par le projet GO C.A. La première expérience avec les compagnies de théâtre l'an dernier a été un véritable succès. Elle a renouvelé l'expérience avec le milieu de la musique en janvier et s'apprête à le refaire avec celui de la danse au printemps et celui des arts visuels à l'automne. Le programme jouit d'un grand succès et déjà de nouvelles entreprises se manifestent pour prendre part à l'expérience.
À l'école de la gouvernance
Pour le Conseil des arts de Montréal, le programme GO C.A. permet de créer des liens entre le milieu des arts et le milieu des affaires, mais surtout il aide les organismes culturels à se doter de nouveaux éléments pour améliorer leur gouvernance.
«Au terme de ces soirées de réseautage, les organismes se retrouvent avec quatre nouveaux membres dans leur conseil d'administration, qui ont chacun une expertise très pointue. Sur le plan créatif, ils ont déjà des artistes qui sont autour de la table, mais souvent, ce qui leur manque, c'est de l'aide pour résoudre d'autres types de problèmes, que ce soit pour assurer leur croissance ou sur le plan juridique ou financier.»
Pendant que le programme GO C.A. prend son envol, le Conseil des arts de Montréal développe un autre projet pour améliorer la gouvernance des organismes culturels, par le biais d'un cours spécifique à l'École des hautes études commerciales (HEC).
«Nous sommes en discussion avec HEC pour mettre sur pied un cours qui serait destiné aux organismes culturels, aux directeurs généraux et aux membres des conseils, pour leur permettre de mieux comprendre le rôle d'un conseil, son fonctionnement, leurs responsabilités et le genre d'information à produire.»
Le projet est dans l'air depuis un certain temps, mais Louise Roy a bon espoir de le voir arriver à terme dans la prochaine année. «Comme nous accueillons beaucoup de nouveaux organismes, nous croyons que ça pourrait les aider à grandir et à se solidifier.»
D'ici là, la présidente du Conseil des arts de Montréal garde le cap sur les défis à relever: soutenir les petits organismes qui sont un bouillonnement créatif, assurer la relève et augmenter le pourcentage de fonds privés pour les organisations culturelles en misant sur un engagement soutenu du milieu des affaires. «Ça reste un défi, mais on progresse!»
***
Collaboratrice du Devoir
«Nous sommes très fiers de ce prix, répond la présidente du Conseil des arts de Montréal, Louise Roy. C'est vraiment un encouragement à continuer, et je pense que cette reconnaissance est susceptible de dégager encore plus de confiance sur la façon dont on fonctionne comme organisme subventionnaire.»
Les changements apportés au mode de gouvernance du Conseil des arts de Montréal se sont principalement articulés autour des comités pour l'évaluation des dossiers de demandes de subvention. Jusqu'en 2009, ce sont les 25 membres du conseil d'administration qui évaluaient les projets présentés. Ces derniers devaient voir un grand nombre de spectacles et s'engager dans leur domaine respectif afin d'être capables de formuler une opinion sur les projets qui devaient être subventionnés ou non.
Mais, malgré toute leur bonne volonté, ils n'y arrivaient tout simplement pas, explique Louise Roy. «Dans certains secteurs, que ce soit en cinéma ou en littérature, on n'avait pas forcément autour de la table un nombre suffisant de spécialistes. On ne pouvait pas, avec si peu de gens, couvrir tous les champs. C'est ce qui nous a amenés à solliciter une soixantaine de personnes, des gens reconnus dans leur domaine, pour venir former les comités d'évaluation.»
Mandatés pour une période de trois ans, les nouveaux membres du comité d'évaluation regardent chaque projet, jugent de la pertinence d'accorder ou non des subventions en fonction de l'enveloppe budgétaire et d'un certain nombre de critères préétablis par le Conseil. Le président de chaque comité fait ensuite part de ses recommandations au conseil d'administration, qui prend la décision ultime.
Pour Louise Roy et ses collègues, ce fut une véritable révélation. «Ça nous a apporté beaucoup d'ouverture, de l'oxygène et plein de nouvelles idées. Ça nous a mis en contact avec des gens qui nous ont beaucoup nourris de leur expérience de terrain. C'est notre troisième année et c'est très concluant.»
Liens arts-affaires
Maintenant que le conseil d'administration est libéré de ses fonctions d'évaluation, il peut se consacrer davantage aux grandes orientations stratégiques. Et l'une des priorités est de développer les liens entre le milieu des arts et le milieu des affaires. C'est dans cette optique que le programme GO C.A. a vu le jour l'an dernier. Cette nouvelle initiative, imaginée par Ginette Noiseux, du théâtre Espace Go, et par Jacques Dostie, de la firme Ernst & Young, avait pour but de faire bénéficier les compagnies théâtrales d'une expertise provenant du milieu des affaires. C'est ainsi qu'est né un concept qui fait des petits au Conseil des arts de Montréal.
«Ils nous ont demandé de les accompagner et de faire en sorte que ça se multiplie, s'emballe Louise Roy. Alors, ça se multiplie!»
Le concept s'inspire de celui du speed dating. Le Conseil organise des rencontres de réseautage entre les créateurs et des gens d'affaires issus de quatre entreprises: la firme Ernst & Young, le bureau d'avocats McCarthy Tétrault, la Banque Scotia et l'agence de communications Bleublancrouge.
Dix organismes culturels d'un secteur donné font une petite présentation aux gens d'affaires et vont par la suite s'asseoir à leurs tables respectives, où banquiers et avocats viennent leur poser des questions. À la fin de l'exercice, chacun fait part de sa préférence et le conseil relève les coups de coeur. «C'est étonnant, lors des exercices que nous avons faits, pratiquement tout le monde a eu son premier choix», se réjouit la nouvelle entremetteuse culturelle.
Louise Roy est emballée par le projet GO C.A. La première expérience avec les compagnies de théâtre l'an dernier a été un véritable succès. Elle a renouvelé l'expérience avec le milieu de la musique en janvier et s'apprête à le refaire avec celui de la danse au printemps et celui des arts visuels à l'automne. Le programme jouit d'un grand succès et déjà de nouvelles entreprises se manifestent pour prendre part à l'expérience.
À l'école de la gouvernance
Pour le Conseil des arts de Montréal, le programme GO C.A. permet de créer des liens entre le milieu des arts et le milieu des affaires, mais surtout il aide les organismes culturels à se doter de nouveaux éléments pour améliorer leur gouvernance.
«Au terme de ces soirées de réseautage, les organismes se retrouvent avec quatre nouveaux membres dans leur conseil d'administration, qui ont chacun une expertise très pointue. Sur le plan créatif, ils ont déjà des artistes qui sont autour de la table, mais souvent, ce qui leur manque, c'est de l'aide pour résoudre d'autres types de problèmes, que ce soit pour assurer leur croissance ou sur le plan juridique ou financier.»
Pendant que le programme GO C.A. prend son envol, le Conseil des arts de Montréal développe un autre projet pour améliorer la gouvernance des organismes culturels, par le biais d'un cours spécifique à l'École des hautes études commerciales (HEC).
«Nous sommes en discussion avec HEC pour mettre sur pied un cours qui serait destiné aux organismes culturels, aux directeurs généraux et aux membres des conseils, pour leur permettre de mieux comprendre le rôle d'un conseil, son fonctionnement, leurs responsabilités et le genre d'information à produire.»
Le projet est dans l'air depuis un certain temps, mais Louise Roy a bon espoir de le voir arriver à terme dans la prochaine année. «Comme nous accueillons beaucoup de nouveaux organismes, nous croyons que ça pourrait les aider à grandir et à se solidifier.»
D'ici là, la présidente du Conseil des arts de Montréal garde le cap sur les défis à relever: soutenir les petits organismes qui sont un bouillonnement créatif, assurer la relève et augmenter le pourcentage de fonds privés pour les organisations culturelles en misant sur un engagement soutenu du milieu des affaires. «Ça reste un défi, mais on progresse!»
***
Collaboratrice du Devoir







