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Danse - «M'intéresse toujours seulement le prochain projet»

Les 30 années de la Fondation Paul-André Fortier soulignées

Le chorégraphe et danseur Paul-André Fortier<br />
Photo : Katsu Miyauchir Le chorégraphe et danseur Paul-André Fortier
Le chorégraphe et danseur Paul-André Fortier vit, à 64 ans, des années professionnelles riches et belles. Après avoir fêté l'an dernier les 30 ans de sa compagnie, il a mérité, il y a quelques semaines, le Prix du gouverneur général pour les arts du spectacle, afin de souligner ses réalisations artistiques.

Et c'est la troisième fois que la Fondation Paul-André-Fortier se retrouve finaliste au prix du Conseil des arts de Montréal. Vrai que son solo 30 X 30, où le danseur s'incruste dans une ville pendant 30 minutes à la même heure pour danser 30 fois, sur 30 jours, le même morceau, s'est inscrit dans le paysage urbain. D'abord l'année de sa création, en 2006, alors que Fortier hantait le no man's land à l'angle de Clark et Sainte-Catherine, puis en septembre dernier, dans le hall tout revampé de la Place des Arts.

Cette année, le chorégraphe a passé son solo Bras de plomb, de 1993, au jeune danseur Simon Courchel, dans une scénographie signée par feu l'artiste visuelle Betty Goodwin. «J'ai un souci pour le patrimoine, indique Paul-André Fortier en entrevue. Il faut s'occuper de notre histoire, sinon la danse est trop éphémère», confie le chorégraphe dans ses minuscules bureaux, où s'empilent des boîtes de notes et de films prêtes à être envoyées aux Archives nationales.

«Mon paysage chorégraphique est plus large derrière que devant moi, je dois m'en rendre compte, poursuit Fortier sans aucune amertume, plutôt fier. J'ai l'immense bonheur de pouvoir danser encore et j'en jouis profondément. Je suis tourné vers l'avenir, m'intéresse toujours seulement le prochain projet.»

Ce prochain projet, c'est Vertiges, un duo avec le compositeur Malcolm Goldstein, 75 ans. «Je crois profondément à la poésie du corps vieillissant. On voit alors tout le parcours, indique Fortier. Pour moi, quand il y a des croisements générationnels dans un projet artistique, c'est un signe de santé.»

En ces années-bilans marquées d'anniversaires et de prix, Paul-André Fortier ne cesse de répéter à quel point il est redevable à son équipe. Petit détour, donc, par le bureau du directeur général, Gilles Savary.

Quels objectifs encore pour la compagnie? «À ce point, il nous reste à trouver les moyens pour que Paul-André puisse réaliser les projets qui sont encore sur sa table. Vertiges, on va y arriver financièrement. Ensuite, ce sont des points d'interrogation. C'est le paradoxe d'arriver à cet âge où on a encore le goût de faire des choses, mais qu'on sait que ça achève. On est tous très conscient qu'il reste sept, peut-être huit ans à la compagnie. Ensuite, on va arrêter, car l'énergie aussi change. Même si Paul-André roule plus qu'il ne l'a jamais fait. En 2006, il a dansé cinq fois 30 X 30 dans l'année.» Comptez donc 150 représentations, et en extérieur s.v.p. «L'an dernier, il a fait 115 représentations. Ce sont des rythmes très intenses.»

Là encore, un simple constat de réalité, du temps qui passe, car, comme le dit Paul-André Fortier, avec toute sa sagesse cachée derrière ses yeux moqueurs, «il faut apprendre à vieillir et à bien vieillir. C'est important.»

***

La bourse pour le secteur de la danse est offerte par Alvin Segal, C.M., des Vêtements Peerless.
 
 
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