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    Nouvelles pratiques artistiques - «Tout est flou»

    PME-ART définit l'indéfinissable

    Théâtre sans en être un, spectacles-performances ou installations interactives, les projets visuels, sonores et vivants du collectif PME-ART portent dans l'âme cette identité floue qui caractérise les «nouvelles pratiques artistiques».

    Dans le cadre du 27e Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, le groupe fondé en 1998 a été désigné finaliste, dans cette catégorie impossible à décrire, pour «son exploration unique et intelligente de l'interdisciplinarité et [pour] sa démarche innovatrice qui font naître des performances insolites combinant la musique, la littérature, les arts visuels, la poésie et la philosophie».

    Depuis près de quinze ans, depuis cinq sous son appellation actuelle, le «groupe interdisciplinaire» fait bouger tout ce qui est scène alternative, du Studio XX à l'Usine C, du bistrot Cagibi au centre MAI, et dans des festivals tenus à Toronto, au Japon, en Croatie, partout. Et, il y a quelques mois, en octobre, PME-ART a reçu une sorte de consécration en étant invité à la Triennale québécoise du Musée d'art contemporain. C'est même avec la cinquième version de son projet «Hospitalité», volet intitulé «Le DJ qui donnait trop d'information», que le collectif a eu l'honneur d'inaugurer la série «Live» de la Triennale. Cette performance, qui sera reprise en mai lors du Off-FTA, vibre au rythme de commentaires parfois bien cyniques à propos d'une vaste collection de vinyles.

    Géométrie variable


    PME-ART n'est ni une petite ni une moyenne entreprise. Il s'agit plutôt d'une entité à géométrie variable, dont la forme varie selon le projet artistique, selon le lieu de diffusion. L'entité possède ses trois têtes — deux directeurs artistiques, Jacob Wren et Sylvie Lachance, un directeur administratif, Richard Ducharme — mais un nombre indéfini de bras, de jambes, de voix. À l'instar de son acronyme, qui signifie tout et rien. «Pretty Much Everything» est la définition préférée de Jacob Wren, «Pour des mondes égaux», celle de Sylvie Lachance.

    Porté par la pensée sociale, ouvert et sans frontières artistiques, PME-ART est né sur des bases théâtrales. Wren, metteur en scène et auteur à ses heures (Le Génie des autres, Le Quartanier), en est l'âme créatrice, et sa collègue, ancienne directrice du MAI, est sa véritable défricheuse, elle qui a commencé sa carrière dans les années 1980 avec les défunts «Les 20 jours de théâtre à risques». Les deux se posent néanmoins loin de l'art dramatique.

    «J'ai commencé à écrire parce ce que tout ce que je voyais au théâtre ne me plaisait pas. J'ai voulu le faire à ma manière, dans une attitude punk, confie Jacob Wren. Ce ne sont pas des lectures de textes. C'est quelque chose plus près de la performance, où les gens peuvent parler.»

    Pour Sylvie Lachance, leurs propositions reposent sur «un travail de réflexion plus proche des arts visuels», un travail critique, difficile à saisir — elle ne s'en cache pas. C'est ce qui plaît. «C'est comme un savon dans le bain qu'on a envie d'attraper», résume-t-elle.

    Jacob Wren arrive habituellement avec une idée à laquelle se greffent des collaborateurs. La création se fait en collectif, mais aucune ne suit le même processus. «Tout est flou», admet Wren, tout le monde fait tout, y compris jouer de la musique, même si personne n'est musicien. Et, surtout, l'oeuvre n'est jamais un ensemble fini et immuable. «Hospitalité», le projet qui les occupe depuis 2008 et qui les a menés à se produire autant en Europe occidentale qu'en Estonie, a commencé par une simple mise à l'épreuve des capacités de composition d'un collectif musical. Le cinquième volet poursuit sur la même passion pour la musique et sur cette invitation à s'ouvrir à l'autre.

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    Collaborateur du Devoir

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    La bourse pour le secteur nouvelles pratiques artistiques est offerte par Luc Plamondon.












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