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6e édition du Festival TransAmériques - Le réel en direct, sur scène

Le dramaturge Emmanuel Schwartz et le comédien Étienne Pilon, de la pièce québécoise Nathan (Nathanbénédictestunyiking).<br />
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir Le dramaturge Emmanuel Schwartz et le comédien Étienne Pilon, de la pièce québécoise Nathan (Nathanbénédictestunyiking).
Interrogations sur le monde, quêtes identitaires, éclats d'humour ou de rage: le programme du 6e Festival TransAmériques affiche son penchant pour les prises de paroles radicales à forte teneur sociopolitique. Outre les pièces de Roméo Castellucci et de Anne Teresa De Keersmaeker annoncées en février, l'événement qui se déroulera du 24 mai au 9 juin aligne les derniers crus québécois et défriche la création d'Irak, de Slovénie et du Maroc.

«Le festival est porté par de très nombreuses pièces qui sont vraiment en prise directe sur notre société et ses grands mouvements historiques», résumait au Devoir Marie-Hélène Falcon, directrice artistique du FTA, quelques heures avant le grand lancement.

Un exemple? La compagnie de théâtre italienne Motus propose deux pièces au destin enchevêtré, sur les traces d'Antigone: Alexis, una tragedia greca, s'est écrite au moment de répéter Too Late! (Antigone) Contest #2 en Grèce, lors des manifestations de 2008 qui ont coûté la vie à un adolescent.

Du côté des jeunes écritures inconnues, le chorégraphe marocain Taoufiq Izeddiou aborde dans Aaléef les lendemains incertains du printemps arabe. Irakese Geesten (Fantômes irakiens) de Mokhallad Rasem sublime le quotidien irakien post-invasion américaine. Plus brutal, le très jeune metteur en scène de Slovénie, Olivier Frljic, dépeint la situation en ex-Yougoslavie dans Maudit soit le traître à sa patrie.

Le Québec n'est pas en reste avec sept créations toutes fraîches. Les nouveaux opus des jeunes Nicolas Cantin (Mygale) et Mélanie Demers (Goodbye) naviguent entre danse et théâtre. La danse abrupte de Daniel Léveillé revient sous la forme de Solitudes solo. Isabelle Van Grime met Le corps en question(s).

En théâtre, la mythique Pol Pelletier se questionne sur la foi dans La pérégrin chérubinique, à partir d'un texte de l'artiste féministe Jovette Marchessault. Après ses Chroniques, Emmanuel Schwartz d'Abé Carré Cé Carré revient à la charge avec Nathan (Nathanbénédictestunyiking). Si Olivier Choinière flirte avec la comédie musicale nouveau genre dans Chante avec moi, le Nature Theater of Oklahoma le fait aussi dans Life and Times - Episode 1, ode à la banalité du quotidien d'une enfant américaine.

Le volet de spectacles hors les murs hissera littéralement les aînés au-dessus de la mêlée dans x-fois gens chaise de l'Allemande Angie Hiesl et invitera les autres à se faire DJ dans Dance With Me de Gregory Chatonsky.

En guise d'ouverture, le public aura droit à une étonnante marche-métaphore sur l'évolution humaine, Sideways Rain, création de la compagnie suisse Alias.

Tout cela et bien d'autres choses feront le FTA, qui avait déjà annoncé le retour de deux grands noms de la danse et du théâtre: la compagnie Rosas livre le doublé Cesena et En atendant, tandis que Roméo Castellucci débarque avec le controversé Sur le concept du visage du fils de Dieu.
 
 
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