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    Chaire de recherche sur les concours et les pratiques contemporaines en architecture - Les concours décrivent l'évolution de l'architecture

    «Ce sont souvent des équipes multidisciplinaires qui cherchent à pousser la définition du projet le plus loin possible»

    14 mars 2012 |Pierre Vallée | Actualités culturelles
    Le professeur et chercheur Jean-Pierre Chupin, directeur de la Chaire de recherche et codirecteur du LEAP<br />
    Photo: Source LEAP Le professeur et chercheur Jean-Pierre Chupin, directeur de la Chaire de recherche et codirecteur du LEAP
    Associée au Laboratoire d'étude de l'architecture potentielle (LEAP) de l'Université de Montréal, la toute nouvelle Chaire de recherche sur les concours et les pratiques contemporaines en architecture permettra d'approfondir les connaissances sur une pratique importante, quoique méconnue du grand public, soit les concours d'architecture. Jean-Pierre Chupin en témoigne.

    «Les concours d'architecture ne sont pas nouveaux, c'est une pratique qui est très ancienne et qui fait partie de l'histoire de l'architecture», explique le professeur et chercheur Jean-Pierre Chupin, directeur de la Chaire de recherche et codirecteur du LEAP. Aujourd'hui, dans certains pays, tels l'Allemagne, la Suisse et la France, les concours d'architecture sont obligatoires dès que le projet est financé par des deniers publics. «Au Canada, cette obligation n'existe pas. Malgré cela, c'est au Québec et en Ontario que cette pratique est la plus courante.»

    La Chaire de recherche sur les concours et les pratiques contemporaines en architecture s'est donné deux objectifs. Le premier objectif est de rassembler des chercheurs qui s'intéressent aux concours d'architecture afin de produire des recherches sur le sujet. «Les concours d'architecture nous apparaissent comme un bon filtre pour analyser les projets d'architecture contemporains. Leur étude permet de dégager les tendances actuelles en architecture. De plus, comme les concours d'architecture sont ouverts aux jeunes architectes, ce qui est rarement le cas des appels d'offres, ils donnent un aperçu des idées émergentes. On peut aussi y déceler les nouvelles exigences et attentes des clients.» Le deuxième objectif est «de constituer un réseau international de chercheurs sur le sujet».

    Comment fonctionne un concours d'architecture?

    En premier, une distinction s'impose. «Il ne faut pas considérer les concours d'architecture comme des appels d'offres. Lorsqu'une firme d'architecture répond à un appel d'offres, elle le fait en fonction du budget. Mais lorsqu'une firme d'architecture participe à un concours d'architecture, c'est l'ensemble du projet qui est pris en compte: la fonction du bâtiment, son emplacement et son insertion dans la trame urbaine, son esthétisme, etc. On doit évidemment tenir compte du budget, mais ce n'est pas le principal critère.»

    De plus, l'organisation d'un concours d'architecture est une oeuvre collective qui se fait en trois étapes. «La première étape est réalisée par l'équipe du client qui construit le programme et définit les attentes et les spécifications de la commande.» La seconde étape est réalisée par l'équipe mise en place par la firme d'architecture qui participe au concours. «Ce sont souvent des équipes multidisciplinaires qui cherchent à pousser la définition du projet le plus loin possible. C'est l'étape des maquettes et des simulations, qui aboutiront au projet final présenté.»

    La troisième étape est celle du choix du projet gagnant. «Il n'y a pas de concours d'architecture sans jury. Ce jury doit peser le pour et le contre de chaque projet. Il doit comparer et évaluer les projets entre eux avant de retenir un des projets. Et il doit le faire selon des critères d'analyse et de comparaison, et non pas sur un coup de coeur, puisqu'il s'agit de choisir ce qu'on juge comme le meilleur projet.»

    Les retombées des recherches

    L'étude des concours d'architecture, en plus de permettre de brosser un portrait des tendances en architecture contemporaine, peut aussi déboucher sur des retombées plus concrètes. «En étudiant les concours d'architecture, on en vient à mieux comprendre leur fonctionnement. Par exemple, est-ce que les critères qui ont servi à définir le programme étaient trop flous ou trop contraignants? Est-ce que les propositions des firmes d'architectes ont aidé à mieux définir la commande? Comme le choix du jury repose sur un jugement collectif, quels outils dispose-t-il pour y arriver? Les connaissances acquises en matière de fonctionnement nous permettront ensuite de proposer les meilleures pratiques en matière de concours d'architecture.»

    Parmi ces pratiques, il y a celle de la transparence des jurys. «Je crois que les jurys devraient être complètement transparents et que le public a le droit de savoir pourquoi et comment on en est arrivé à faire tel ou tel choix. Cette transparence aurait pour effet de sensibiliser le public à une culture architecturale, qui est un élément essentiel si on veut une architecture de qualité.» Il croit aussi que les concours d'architecture sont un moyen pour y arriver et il aimerait voir leur usage être plus répandu. «Par exemple, on fait au Québec des concours d'architecture pour les bibliothèques municipales, mais pas pour les édifices scolaires. Pourquoi? Nos écoles ne méritent pas la meilleure architecture?»

    Un premier colloque

    Quant à la création d'un réseau international de chercheurs dans le domaine, les premiers jalons en seront jetés lors du premier colloque international organisé par la Chaire de recherche sur les concours et les pratiques contemporaines en architecture et le LEAP, qui a lieu en fin de semaine. «Les chercheurs, tous des spécialistes dans le domaine des concours d'architecture, viennent de l'Amérique du Nord, de l'Amérique du Sud ainsi que de l'Europe du Nord.»

    Le colloque se déroule sous le thème des concours internationaux et de la qualité architecturale dans une ère planétaire. «La planète d'aujourd'hui n'est plus la même qu'elle était. Nous sommes dans une ère planétaire où il y a plus d'ouverture et dans laquelle il est davantage acceptable que le projet retenu pour un bâtiment au Québec soit celui d'un architecte étranger.» Cette ouverture aux idées d'autrui lui apparaît comme un gage de plus pour la mise en place d'une qualité architecturale, essentielle à ses yeux. «On ne se rend pas toujours compte de l'importance de la qualité architecturale. Mais quand on visite une ville, que fait-on, sinon visiter son architecture?»

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    Collaborateur du Devoir












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