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    L'architecte brésilien Fabiano Sobreira - La révolution numérique démocratise les concours

    «Je crois qu'il y a une relation directe entre l'éthique et la qualité architecturale»

    14 mars 2012 |Benoit Rose | Actualités culturelles
    Fabiano Sobreira travaille présentement en partenariat avec le bureau de l’architecte Oscar Niemeyer, à l’origine du bâtiment du Congrès national du Brésil (notre photo).<br />
    Photo: Agence France-Presse (photo) Mauricio Lima Fabiano Sobreira travaille présentement en partenariat avec le bureau de l’architecte Oscar Niemeyer, à l’origine du bâtiment du Congrès national du Brésil (notre photo).
    Fabiano Sobreira et «Design Competitions in Brazil: Building a Culture of Architectural Quality», le samedi 17 mars à 14h10.
    Fabiano Sobreira est un architecte au Parlement brésilien et l'éditeur du magazine électronique lusophone Concursos de projeto, dédié aux concours internationaux d'architectures. Il est associé au Laboratoire d'études de l'architecture potentielle (LEAP) de l'École d'architecture de l'Université de Montréal. Le Devoir s'est entretenu avec lui par courriel.

    «Le thème central de ma présentation, confie l'architecte, est l'impact de la révolution numérique sur la diffusion, la promotion et la démocratisation des concours d'architecture, spécialement au Brésil. Ma principale conclusion est que les avancées de cette révolution peuvent contribuer à l'acceptation et à la promotion des concours par l'administration publique.»

    Il y a quelques années, M. Sobreira a fréquenté le LEAP de l'Université de Montréal pour y travailler à une recherche postdoctorale financée par le Parlement brésilien. L'une des contributions récentes de ce laboratoire montréalais est justement la publication, sous forme électronique, du Catalogue des concours canadiens (CCC), moteur de recherche en construction permanente «destiné à l'archivage, à l'analyse et à l'histoire de l'architecture contemporaine». Ce qu'on cherche à éviter grâce à cette bibliothèque virtuelle, c'est que des projets non lauréats mais porteurs d'idées intéressantes et novatrices soient tristement relégués aux oubliettes de l'histoire sans être étudiés à leur juste valeur. «Les projets conçus à l'occasion de concours constituent un patrimoine architectural (intellectuel et culturel) particulièrement méconnu et négligé», affirme-t-on dans la présentation du CCC.

    «L'idée centrale du LEAP est que les projets des concours peuvent être vus comme de l'architecture potentielle, résume M. Sobreira. Selon cette perspective, on peut établir des analyses sur les potentialités des villes et de leurs espaces publics, dans un exercice permanent d'anticipation et de réflexion critique. Le projet éditorial de concursosdeprojeto.org partage cette même idée, d'où son but: offrir un espace public et virtuel pour la diffusion et le débat sur les concours et sur la potentialité de leurs idées pour la qualité architecturale.» Ce portail électronique dont il est l'éditeur est «aujourd'hui la principale source d'information lusophone sur les concours d'architecture». L'homme présentera cette expérience en ligne lors du colloque tenu cette fin de semaine.

    Projets et prix

    Le bureau d'architecture MGS - Macedo, Gomes & Sobreira, dont il est un partenaire, est d'ailleurs dédié principalement à la participation aux concours. Un de ses projets majeurs est le siège de la Fondation d'habitation de l'armée brésilienne, qui a résulté d'un concours remporté en 2005 et qui a été inauguré en 2010 à Brasilia. La même année, il s'est vu décerner le prix «Le meilleur de l'architecture» par un magazine spécialisé local, dans la catégorie des édifices institutionnels.

    «Le Brésil et le Canada (et particulièrement le Québec), malgré leurs particularités et leurs différences économiques, politiques et culturelles, partagent aujourd'hui une même préoccupation, constate celui qui est aussi professeur à l'Université UNICEUB de Brasilia. Elle prend la forme d'une discussion sur les instruments possibles pour la promotion de la qualité des constructions et des espaces publics. Dans ce contexte, je crois que, pour les deux pays, le concours se présente comme un instrument potentiel pour la consolidation de leur culture architecturale respective, puisqu'il s'agit d'une procédure basée essentiellement sur le jugement qualitatif.»

    Pas de qualité sans éthique


    Au Département d'architecture de la Chambre des députés du Parlement brésilien, où il oeuvre, Fabiano Sobreira dirige la section Accessibilité et développement durable. Il y coordonne une équipe d'architectes responsable de plusieurs volets, dont celui des recherches sur la qualité et la durabilité architecturales et sur leur réglementation publique. Il travaille présentement à la conception et au développement d'un nouveau bâtiment pour le complexe d'édifices de la Chambre, développé par son équipe en partenariat avec le bureau de l'architecte Oscar Niemeyer. Il est aussi le cofondateur de l'organisation non gouvernementale Movimento Preservar, dont le but est «de promouvoir l'inclusion sociale par des actions culturelles et des projets de coopérations collectives».

    «L'intégration des intérêts autour du développement urbain, du design inclusif et de la durabilité, ainsi que leur relation avec la culture locale et les réflexions institutionnelles sont, à mon avis, l'essence de la qualité architecturale, et ce, n'importe où», avance-t-il. Lors de sa présentation prévue samedi prochain, il entend arguer que «la discussion sur la considération architecturale à l'ère planétaire doit passer principalement par la considération des valeurs éthiques, et pas seulement par les expressions esthétiques. Après tout, si les valeurs esthétiques peuvent changer d'un contexte à l'autre, les valeurs éthiques peuvent être globales, planétaires.»

    «Je crois qu'il y a une relation directe entre l'éthique et la qualité architecturale, de développer le professeur. Les valeurs éthiques et la qualité de l'architecture sont bien établies quand les multiples relations et les contextes sont considérés dans le projet: les expressions culturelles et sociales, la durabilité, l'inclusion, etc. Donc, il n'y a pas d'éthique (et conséquemment pas de qualité) dans l'architecture se présentant comme un produit de consommation global qui est basé strictement sur la préférence esthétique ou la notoriété de l'architecte, et qui est dissocié de la culture locale.»

    Selon lui, des concours bien conçus peuvent justement contribuer à la promotion de l'éthique dans l'architecture. «Dans les concours, l'esthétique doit être la conséquence (et pas l'origine) d'un procès ouvert, démocratique et transparent, basé sur les relations éthiques du jugement qualitatif.»

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    Collaborateur du Devoir













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