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    Le Musée Grévin s'implante à Montréal

    Le maire Gérald Tremblay a dit tenir à ce que sa statue de cire tende la main aux visiteurs pour qu'ils se fassent photographier en lui serrant la pince

    Soucieux de l’exactitude de la reproduction et afin de vêtir son double, Gérald Tremblay, de passage à Paris, avait amené avec lui de Montréal un complet, une cravate, des souliers, des chaussettes, une ceinture Balmain et même... des sous-vêtements.<br />
    Photo: Patrick Lazic Soucieux de l’exactitude de la reproduction et afin de vêtir son double, Gérald Tremblay, de passage à Paris, avait amené avec lui de Montréal un complet, une cravate, des souliers, des chaussettes, une ceinture Balmain et même... des sous-vêtements.
    Paris — Abou Dhabi a eu le Louvre, Montréal aura son temple du kitch. De passage à Paris, le maire de Montréal Gérald Tremblay a visité hier le Musée Grévin, qui ouvrira bientôt une succursale dans la métropole. Dès le mois de mai 2013, les touristes pourront se faire photographier au Centre Eaton, sur la rue Sainte-Catherine, à côté des clones en cire de Robert Charlebois, de Diane Dufresne, de Céline Dion, de Jean Béliveau et même de... Gérald Tremblay! Sa statue de cire, flanquée de celles de Jean Charest et de Stephen Harper, devrait en effet accueillir les visiteurs à l'entrée du musée. Hier, le maire a dit tenir à ce que son clone tende la main aux visiteurs pour qu'ils se fassent photographier en lui serrant la pince.

    Prenant visiblement un vif plaisir à l'exercice, Gérald Tremblay s'est amusé devant les photographes à serrer la main de son homologue parisien Bertrand Delanoë, de Vladimir Poutine et du président Nicolas Sarkozy. Il a confié avoir «des frissons» au moment de découvrir, loin des caméras, sa propre statue dont la réalisation est en cours dans les ateliers du musée à Paris. Soucieux de l'exactitude de la reproduction et afin de vêtir son double, le maire avait amené avec lui de Montréal un complet, une cravate, des souliers, des chaussettes, une ceinture Balmain (cadeau du chanteur Salvatore Adamo) et même... des sous-vêtements. C'est aussi, dit-on, ce qu'avaient fait Yves Montand, Serge Gainsbourg et Michael Jackson (même si nous n'avons pas obtenu confirmation pour les sous-vêtements). «J'ai hâte d'avoir un sosie pour partager les responsabilités», a ironisé le maire.

    De manière plus prosaïque, Gérald Tremblay s'est félicité de cet investissement de 13 millions de dollars. La Ville ne déboursera pas un sou, dit-il, et se contentera de faire de la publicité au nouveau musée. De leur côté, les responsables du Musée Grévin promettent que la succursale de Montréal ne sera pas une simple réplique de celle de Paris. Une partie importante des 120 statues de cire de Montréal devraient représenter des célébrités locales. Il faut dire que le musée de Paris compte déjà à son actif des reproductions de Céline Dion, de René Angélil et de Roch Voisine qui n'auront pas besoin d'être retouchées.

    Achalandage

    Ouvert en 1882, le Musée Grévin est avec ses 300 statues le musée privé le plus visité de Paris. Il attire sur les Grands Boulevards 870 000 visiteurs par année. Lors de la présentation de ses résultats en 2010, ses propriétaires s'étaient donné pour objectif d'atteindre au moins le même achalandage pour chaque implantation nouvelle. Hier, personne n'osait s'avancer sur ce terrain, mais le maire se faisait fort de souligner que le Jardin botanique accueille à lui seul 1,7 million de visiteurs par année. À Montréal, il ne sera malheureusement pas possible de voir les célèbres salles baroques de la Coupole et des Colonnes, deux joyaux, d'ailleurs classés, de l'architecture du XIXe siècle qui comptent parmi les principales attractions du musée. De même, les ateliers de création demeureront à Paris où seront réalisées toutes les statues.

    Contrairement aux clones de Madame Tussauds, que l'on retrouve dans une quinzaine de villes du monde, le Musée Grévin de Montréal sera la première antenne hors de France de la vénérable institution parisienne. Mais le musée a déjà deux autres projets d'implantation en Asie et en Amérique du Nord. C'est en 2002 que le Musée Grévin a été repris par une filiale de la Caisse des dépôts, la Compagnie des Alpes. Quatrième opérateur de parcs de loisir du monde, cette compagnie veut marcher dans les traces de Madame Tussauds et exporter sa marque. «Mais nous, nous allons nous adapter à la culture locale. Nous allons choisir les personnages avec le Québec», tient à préciser le p.-d.g de la compagnie, Dominique Marcel. La Compagnie des Alpes est une société cotée en Bourse qui gère déjà une vingtaine de parcs d'attractions, dont le parc Astérix près de Paris, et plusieurs grandes stations de ski dans les Alpes.

    À la fin de sa visite, le maire de Montréal a rappelé que Montréal avait déjà eu un musée de cire sur le chemin de la Reine-Marie face à l'oratoire Saint-Joseph. Le musée fut longtemps le premier du genre en Amérique et le troisième au monde après Madame Tussauds et le Musée Grévin. Après sa fermeture en 1989, l'édifice qui l'abritait a été en partie saccagé et transformé en pharmacie. Ses 200 statues illustrant de nombreuses scènes de l'histoire religieuse et du Canada ont été récupérées par le Musée de la civilisation à Québec. Ironie de l'histoire, ce musée avait été fondé par deux Français, le peintre Robert Tancrède et Albert Chartier, lui-même ancien sculpteur du Musée Grévin.

    «Je ne comprends pas pourquoi on a laissé partir un actif aussi important», a déclaré le maire Tremblay. Avant d'ajouter que c'est aussi ce qu'on avait fait avec les tramways qui sillonnaient autrefois la métropole. De passage à Paris il y a cinq ans exactement, le maire avait alors promis de ramener les tramways à Montréal. L'opération aura été plus facile avec les statues de cire.

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    Correspondant du Devoir à Paris












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