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    Citoyenneté culturelle, médiation et accessibilité - La culture sera citoyenne!

    «L'art doit sortir du centre-ville»

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    Photo : Festival la rue Kitétonne On est à l’ère où chacun souhaite participer. L’art n’y échappe pas. La médiation culturelle est une stratégie d’intervention pour reconnecter les arts et la culture avec les citoyens.
    Culture Montréal travaille à promouvoir le droit, l'accès et la participation à la culture pour tous les Montréalais. L'organisation a plusieurs alliés sur le terrain.

    Différents acteurs du milieu culturel montréalais réalisent des projets pour rapprocher la culture du citoyen. L'organisation soeur de Culture Montréal, Culture pour tous, met l'accent sur la médiation culturelle. Le Conseil des arts de Montréal a également des programmes dans le domaine, en plus de travailler sur la question de l'accessibilité aux arts. En ce moment, Culture Montréal s'intéresse particulièrement à la participation culturelle des jeunes Montréalais. Pour réaliser une étude sur le sujet, l'organisme collabore avec Christian Poirier, chercheur spécialisé en citoyenneté culturelle à l'INRS.

    «Aucune étude n'a été faite jusqu'à maintenant à Montréal sur la question. On a plutôt fait des enquêtes quantitatives, où on a appris par exemple le nombre de fois que les jeunes allaient au cinéma dans une année. Nous voulons aller dans le qualitatif», explique Christian Poirier.

    Dans cette étude, la définition de l'activité culturelle sera large. «Il sera question des activités traditionnelles comme le cinéma, mais aussi des activités numériques, marginales et amateurs», énumère le chercheur.

    L'objectif de cette étude est également de comprendre quel sens les jeunes donnent à la culture. «Nous voulons comprendre leur motivation par rapport à la culture et comment elle leur a été transmise. Est-ce par les parents, par les copains, par l'école?», questionne M. Poirier.

    Culture Montréal a déjà illustré les impacts de la culture sur le développement économique, mais, cette fois, l'organisme veut voir les impacts élargis de la culture. «L'étude permettra de mieux comprendre les impacts sur l'identité des jeunes, sur leur développement personnel, sur la réussite scolaire, etc. Un individu s'exprime par la culture. Cette expression lui permet de s'épanouir comme individu et d'entrer en dialogue avec d'autres dans l'espace public», explique M. Poirier.

    Le chercheur et son équipe rencontreront des jeunes issus de différentes communautés ethniques provenant d'un bout à l'autre de l'île de Montréal. Ils seront âgés de 12 à 34 ans. «Nous couvrirons différentes périodes de la jeunesse, affirme Christian Poirier. De la préadolescence à l'adolescence, au début de l'âge adulte, jusqu'aux jeunes parents.»

    L'objectif est de terminer l'étude en mai.

    Médiation chez Culture pour tous

    On est à l'ère où chacun souhaite participer. L'art n'y échappe pas. La médiation culturelle est une stratégie d'intervention pour reconnecter les arts et la culture avec les citoyens.

    «L'idée, c'est de combler le fossé entre les artistes et le public. Pour y arriver, il faut aller vers les publics, travailler avec eux, les mobiliser», explique Louise Sicuro, présidente-directrice générale de Culture pour tous.

    Les projets de cocréation entre des artistes et des citoyens sont un exemple de médiation. Culture pour tous, organisateur des Journées de la culture, est derrière le grand coup de «2006: les convertibles». Pour l'occasion, des autobus désaffectés ont servi de matière première à l'art pour des artistes jumelés à des groupes de citoyens provenant de différentes municipalités. Les créations avaient été exposées sur les plaines d'Abraham, à Québec.

    «Nous développons aussi des projets de cocréation dans des milieux de travail où des artistes sont amenés à créer des oeuvres avec les employés. L'oeuvre est léguée ensuite à l'entreprise. Le processus est presque plus important que l'oeuvre, même si les employés en sont très fiers», explique Louise Sicuro.

    Elle croit que le milieu culturel doit innover, revoir ses façons de faire pour que la culture soit plus intégrée au quotidien des gens. «Je crois qu'on va de plus en plus vers ça. Les gens veulent s'exprimer davantage», affirme Mme Sicuro, également cofondatrice de Culture Montréal, qui siège d'ailleurs toujours à son conseil d'administration.

    Elle remarque que le concept de médiation commence à faire boule de neige. «Depuis quelques années, la Ville de Montréal a un programme pour soutenir les projets de médiation culturelle, indique Mme Sicuro. Il pourrait y avoir plus d'argent, mais, quand même, le programme existe! Et les artistes souhaitent de plus en plus se lancer dans ce genre de projet.»

    Médiation et accessibilité au Conseil des arts

    La médiation et la cocréation sont aussi présentes au Conseil des arts de Montréal. Par exemple, celui-ci organise des résidences de création accompagnées d'activités de médiation dans les différents quartiers de Montréal.

    «Nous avons des écrivains en résidence dans des bibliothèques. Nous leur donnons une bourse de 15 000 $ pour six mois afin qu'ils écrivent et qu'ils fassent différentes activités avec le public, comme de la cocréation, des conférences, du parrainage d'écrivains en herbe, etc.», explique Louise Roy, présidente du Conseil des arts de Montréal.

    L'organisme subventionnaire a aussi amorcé cette année le projet de résidence «Poète dans la cité». Claude Beausoleil a été choisi pour faire rayonner la poésie dans la ville et participer à des activités de médiation culturelle.

    Le Conseil a également lancé en janvier un programme de résidence pour les cinéastes et, plus tard cette année, le programme devrait voir le jour dans le milieu de la danse. «Ces projets fonctionnent très bien, puisque les gens sont ravis d'apprivoiser des artistes et de participer au processus de création», indique Mme Roy.

    Le même genre d'initiative a lieu dans les écoles primaires et secondaires, avec le programme «Libres comme l'art».

    «C'est très intéressant pour les jeunes, puisque ça les ouvre à la création et ça leur permet de développer le goût de l'art», explique Louise Roy.

    Le Conseil des arts fait également circuler la culture d'un bout à l'autre de l'île de Montréal avec son programme de tournée, qui propose chaque année plus de 400 présentations artistiques gratuites ou à peu de frais. «Les tournées prolongent la vie des créations en permettant une décentralisation de l'art, précise Mme Roy. Les tournées permettent également d'enrichir les programmations des lieux de diffusion des municipalités. Pour que l'art soit accessible au citoyen, il doit sortir du centre-ville.»

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    Collaboratrice du Devoir
     
     
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