Culture Montréal a 10 ans
Après avoir misé sur le développement du Quartier des spectacles, Culture Montréal veut décentraliser les enjeux culturels
Après le centre, les périphéries culturelles. Culture Montréal décentralise ses enjeux et met le cap sur les Quartiers culturels. Le mini-sommet prévu en novembre prochain s'en fera l'écho. Petit bilan prospectif des dix ans d'existence d'un mouvement citoyen, à mi-chemin entre deux grands sommets sur la culture.
La réalisation du Quartier des spectacles (QdS) a été au coeur des préoccupations de Culture Montréal (CM) depuis le sommet Montréal métropole culturelle - Rendez-vous novembre 2007 initié par CM. On ne peut le nier: le centre-ville a pris du galon, s'est embelli. Mais ce chantier culturel, le plus important depuis les Jeux Olympiques, n'a-t-il pas fait sienne une vision formatée et bétonnée de la culture, vision qui a fait fuir les artistes — le coeur créatif de la culture?
«Il y a eu beaucoup de béton coulé, reconnaît le président du conseil d'administration de CM, Simon Brault, mais aussi la mise en place de nouveaux programmes d'animation urbaine», comme les mises en lumière et autres installations sur la place des Festivals. «Pas tous réussis, reconnaît-il, mais on est en train d'apprendre à habiter ce lieu.»
Le QdS n'a pas non plus stimulé la fréquentation des salles comme prévu. Après un premier Rendez-vous culturel axé sur l'aménagement physique, concret des espaces, M. Brault, qui préside CM depuis ses débuts, promet que le prochain sommet tournera «autour de la personne, du citoyen, des artistes dans ces espaces».
L'avenir en trois enjeux
L'exode des artistes des quartiers centraux a entre autres signalé l'urgence de se tourner vers les Quartiers culturels.
«Pour nous, une métropole culturelle doit rayonner à l'échelle nationale, internationale, mais elle doit aussi se vivre à l'échelle des quartiers et des arrondissements, dit celui qui dirige aussi l'École nationale de théâtre du Canada. Il faut que Montréal se dote d'outils, par exemple pour permettre l'accès à la propriété collective pour les artistes qui ont des ateliers.»
Le second enjeu auquel s'attelle CM, en route vers 2017, c'est le rayonnement international des artistes, l'exportation des oeuvres. «On peut prendre encore énormément d'espace sur la scène internationale et Montréal peut être mieux organisée pour soutenir la circulation de ses artistes.»
Le troisième mandat que se donne CM concerne le financement privé des arts. Déjà stimulés en 2007, les maillages arts-affaires profitent surtout aux plus gros joueurs.
«10 % des organismes ont 90 % des commandites et dons disponibles. La philanthropie favorise certaines institutions. C'est super, mais il est nécessaire de développer une philanthropie et des commandites pour des microprojets et microfestivals», dit-il, une tendance qui se dessine dans les quartiers.
La concertation, une clé
Le plus grand succès de CM est d'avoir suscité des rapprochements inespérés, «d'avoir maintenu un lieu de concertation à un niveau très élevé entre société civile, gens de culture, gens d'affaires et gouvernements», aime répéter son président, aussi vice-président du Conseil des arts du Canada. Le comité de suivi qui réunit ces partenaires se rencontre toujours deux fois par an pour assurer la mise en oeuvre du plan d'action 2007-2012. Une concertation d'ailleurs saluée comme un facteur du progrès des investissements culturels dans les villes au pays, dans une étude récente.
Comment le président «à vie» voit-il l'avenir de la gouvernance de CM? «Oui, un jour je quitterai la présidence comme j'ai quitté les Journées de la culture et comme je quitterai le Conseil des arts [dans exactement 25 mois], dit-il. [Maintenant que CM compte une équipe permanente], la présidence pourra par exemple avoir un rôle moins public ou alors pourra être assumée par quelqu'un de vraiment connu [comme un artiste réputé], ce qui aiderait à rejoindre plus de gens.»
La réalisation du Quartier des spectacles (QdS) a été au coeur des préoccupations de Culture Montréal (CM) depuis le sommet Montréal métropole culturelle - Rendez-vous novembre 2007 initié par CM. On ne peut le nier: le centre-ville a pris du galon, s'est embelli. Mais ce chantier culturel, le plus important depuis les Jeux Olympiques, n'a-t-il pas fait sienne une vision formatée et bétonnée de la culture, vision qui a fait fuir les artistes — le coeur créatif de la culture?
«Il y a eu beaucoup de béton coulé, reconnaît le président du conseil d'administration de CM, Simon Brault, mais aussi la mise en place de nouveaux programmes d'animation urbaine», comme les mises en lumière et autres installations sur la place des Festivals. «Pas tous réussis, reconnaît-il, mais on est en train d'apprendre à habiter ce lieu.»
Le QdS n'a pas non plus stimulé la fréquentation des salles comme prévu. Après un premier Rendez-vous culturel axé sur l'aménagement physique, concret des espaces, M. Brault, qui préside CM depuis ses débuts, promet que le prochain sommet tournera «autour de la personne, du citoyen, des artistes dans ces espaces».
L'avenir en trois enjeux
L'exode des artistes des quartiers centraux a entre autres signalé l'urgence de se tourner vers les Quartiers culturels.
«Pour nous, une métropole culturelle doit rayonner à l'échelle nationale, internationale, mais elle doit aussi se vivre à l'échelle des quartiers et des arrondissements, dit celui qui dirige aussi l'École nationale de théâtre du Canada. Il faut que Montréal se dote d'outils, par exemple pour permettre l'accès à la propriété collective pour les artistes qui ont des ateliers.»
Le second enjeu auquel s'attelle CM, en route vers 2017, c'est le rayonnement international des artistes, l'exportation des oeuvres. «On peut prendre encore énormément d'espace sur la scène internationale et Montréal peut être mieux organisée pour soutenir la circulation de ses artistes.»
Le troisième mandat que se donne CM concerne le financement privé des arts. Déjà stimulés en 2007, les maillages arts-affaires profitent surtout aux plus gros joueurs.
«10 % des organismes ont 90 % des commandites et dons disponibles. La philanthropie favorise certaines institutions. C'est super, mais il est nécessaire de développer une philanthropie et des commandites pour des microprojets et microfestivals», dit-il, une tendance qui se dessine dans les quartiers.
La concertation, une clé
Le plus grand succès de CM est d'avoir suscité des rapprochements inespérés, «d'avoir maintenu un lieu de concertation à un niveau très élevé entre société civile, gens de culture, gens d'affaires et gouvernements», aime répéter son président, aussi vice-président du Conseil des arts du Canada. Le comité de suivi qui réunit ces partenaires se rencontre toujours deux fois par an pour assurer la mise en oeuvre du plan d'action 2007-2012. Une concertation d'ailleurs saluée comme un facteur du progrès des investissements culturels dans les villes au pays, dans une étude récente.
Comment le président «à vie» voit-il l'avenir de la gouvernance de CM? «Oui, un jour je quitterai la présidence comme j'ai quitté les Journées de la culture et comme je quitterai le Conseil des arts [dans exactement 25 mois], dit-il. [Maintenant que CM compte une équipe permanente], la présidence pourra par exemple avoir un rôle moins public ou alors pourra être assumée par quelqu'un de vraiment connu [comme un artiste réputé], ce qui aiderait à rejoindre plus de gens.»
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

