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Héritage Montréal identifie les dix sites les plus menacés dans la métropole

L'îlot Saint-Laurent, le Horse Palace et tout un pan de Griffintown en péril

Isabelle Paré   23 février 2012 23h48  Actualités culturelles
Ces maisons d’ouvriers et d’artisans, décrites dans la littérature, dont le célèbre roman Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy, sont associées au développement de l’industrie à Montréal à la suite de l’ouverture puis de l’agrandissement du canal Lachine en 1825.<br />
Photo : Source: Héritage Montréal
Ces maisons d’ouvriers et d’artisans, décrites dans la littérature, dont le célèbre roman Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy, sont associées au développement de l’industrie à Montréal à la suite de l’ouverture puis de l’agrandissement du canal Lachine en 1825.
Des sites emblématiques du Montréal d'hier sont plus que jamais en péril, affirme Héritage Montréal (HM).

L'organisme de sauvegarde du patrimoine, qui tenait hier son assemblée générale annuelle, a dévoilé pour la première fois depuis 2006 une liste des 10 sites patrimoniaux les plus menacés de la métropole.

Le boum immobilier qui frappe Montréal a aussi ses revers. Les grues font planer une menace réelle sur tout un pan d'un patrimoine fragile, parfois méconnu du grand public, affirme le chien de garde du patrimoine montréalais. Du nombre, le Horse Palace de Griffintown, l'îlot Saint-Laurent, au coeur de la «Main», et des dizaines de maisons typiques d'ouvriers de Saint-Henri et Pointe-Saint-Charles, menacées par l'avancée des promoteurs aux alentours du canal Lachine.

Si Héritage Montréal replace en tête de son palmarès les tristement célèbres maison Redpath, église du Très-Saint-Nom-de-Jésus, square Viger et son agora ainsi que la forge Cadieux — une des seules forges que compte encore Montréal —, elle ajoute à la liste de nouveaux sites, fragilisés par les projets de développement actuels dans le quartier Griffintown, le canal Lachine et le Quartier des spectacles.

Héritage Montréal tire notamment la sonnette d'alarme face au sort de l'îlot Saint-Laurent jouxtant le Monument-National, dont le promoteur, la Société de développement Angus, a obtenu le feu vert du ministère de la Culture pour amorcer le démantèlement des pierres de façade. «On ne comprend pas comment on a pu en arriver là», tonne Dinu Bumbaru, directeur des politiques à HM. «À notre avis, le ministère doit moduler son autorisation. On sait ce que ça donne de mettre des pierres dans un entrepôt. Sans projet, on va se retrouver avec un terrain vague, ce qui est incohérent avec la revitalisation du Quartier des spectacles», dit-il.

Humbles héritages


Au rayon des menacés, on compte aussi l'humble Horse Palace de Griffintown, sauvé in extremis de la démolition, mais aujourd'hui coincé entre deux projets de condos de luxe. «Pendant combien de temps les voisins vont-ils accepter sans broncher les allées et venues et l'odeur des chevaux?», demande le porte-parole d'HM. Sans classement ni protection, le sort du bâtiment âgé de 150 ans dépend du bon vouloir des propriétaires.

La pression immobilière aux abords du canal Lachine menace également plusieurs ensembles de maisons d'ouvriers et d'artisans typiques de l'architecture vernaculaire de Saint-Henri et Pointe-Saint-Charles, maintes fois décrites dans Bonheur d'occasion de Gabrielle Roy. «L'arrondissement doit les considérer comme des ensembles, et non pas traiter à la pièce les demandes de démolition», estime M. Bumbaru.

Le réaménagement projeté de l'autoroute Bonaventure par la Ville de Montréal compromet aussi l'intégrité de l'immeuble Rodier (932, rue Notre-Dame Ouest), qui pourrait être tronqué pour faire place à une future voie réservée aux autobus, et l'ancienne forge Cadieux (815, rue Saint-Paul), dont le rez-de-chaussée abrite encore les anciens feux et les équipements typiques de cet artisanat en voie de disparition. «Ça devrait être classé. Il n'y a toujours aucune protection de ce site vulnérable qui se trouve dans l'ombre de l'autoroute Bonaventure», relance le directeur des politiques d'Héritage Montréal.

Plus à l'ouest, on signale aussi la vulnérabilité du théâtre Empress (ancien cinéma V), exemple unique au Canada de style néo-égyptien, resté sans vocation malgré son acquisition par la Ville à la fermeture du cinéma.

Enfin, l'imposant ensemble de l'hôpital de la Miséricorde (970, boulevard René-Lévesque Est), dont les plus anciennes ailes datent de 1853 et 1884, est lui aussi en passe d'être abandonné par le centre hospitalier Jacques-Viger. Dans ce contexte, le sort de l'édifice et de sa riche chapelle à balcons multiples est donc incertain.

En sus de ces sites hautement menacés, Héritage Montréal a aussi placé neuf lieux «sous observation», à savoir le restaurant Art déco Le 9e chez Eaton, les bains publics montréalais menacés ou déjà fermés par la Ville de Montréal, la maison Hippolyte-Lafontaine (résidence du premier ministre des Canadas-Unis), la maison Mount Stephen (dont le club a fermé en décembre 2011), la New City Gas Co., menacée par une future gare d'autobus, et le Planétarium Dow, dont la démolition a été évoquée.
Ces maisons d’ouvriers et d’artisans, décrites dans la littérature, dont le célèbre roman Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy, sont associées au développement de l’industrie à Montréal à la suite de l’ouverture puis de l’agrandissement du canal Lachine en 1825.<br />
Construit en 1875, l’édifice Rodier est l’un des derniers témoins de l’importante entrée du centre-ville que constituait jadis le square Chaboillez, face à l’ancienne gare Bonaventure.<br />
Ilot Saint-Laurent/Monument National<br />
Square Viger/Agora<br />
Forge Cadieux.<br />
Horse Palace. <br />
Le Théâtre Empress<br />
La Maison Redpath. <br />
L'Hôpital de la Miséricorde. <br />
L'église Très Saint Nom de Jésus.<br />
 
 
 
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  • richardle - Abonné
    24 février 2012 08 h 23
    Plus ça change...
    On se rappellera que les marchands affiliés à la chambre de commerce à Québec au début du XXe siècle avaient demandé Vous à ce que soient rasées les murailles encerclant la ville de même que ses portes monumentales sous prétexte que celles-ci empêchaient le développement économique et entravaient la circulation des biens et des marchandises. Vous imaginez Québec aujourd'hui sans ces lieux phares de son passé?
    Richard Lépine
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  • David Ledoyen - Abonné
    24 février 2012 09 h 53
    @richardie
    Si la ville de Québec fait est classée site du patrimoine mondial par l'UNESCO, c'est bien parce qu'elle a conservé ses murailles.
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  • Marc Donati - Abonné
    24 février 2012 14 h 24
    Triste
    Triste, très triste... Ces immeubles devraient jouir d'un changement d'usage pour qu'on puisse en conserver l'architecture et le design. Le seul endroit que je serais prêt à démolir sans condition, par contre, c'est cet affreux Square Viger.
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