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    Mackenzie House du Vieux-Toronto - Pleins feux sur la rébellion du Haut-Canada

    11 février 2012 |Benoît Legault | Actualités culturelles
    La Mackenzie House est une résidence typique de la petite bourgeoisie torontoise du XVIIIe siècle.<br />
    Photo: Benoit Legault La Mackenzie House est une résidence typique de la petite bourgeoisie torontoise du XVIIIe siècle.
    La Mackenzie House est ouverte aux visiteurs toute l'année, mais seulement de midi à 17h les samedis et dimanches de janvier à avril.
    On sait peu de choses au Québec de la rébellion du Haut-Canada, sinon que c'était une insurrection mineure en comparaison de «notre» révolte des Patriotes de 1837-1838. La Mackenzie House, dans le centre historique de Toronto, permet de découvrir le meneur de cette rébellion des sujets de langue anglaise, William Lyon Mackenzie (1795-1861), son époque réformiste et l'immense capital de sympathie dont il a toujours joui, lui qui a défié ouvertement la couronne et l'establishment anglais.

    Toronto — La Mackenzie House est la jolie petite maison de ville qui a été donnée à Mackenzie par ses partisans et sympathisants à la fin de sa vie. De rares objets de son mobilier y subsistent, mais la maison est intéressante car c'est une résidence typique de la petite bourgeoisie torontoise du milieu du XVIIIe siècle. L'intérêt principal du lieu est toutefois le fait qu'il lève le voile sur un personnage clé de l'histoire du Canada anglais.

    Écossais d'origine, en marge du Family Compact — ces riches Anglais qui contrôlaient tout ce qui se passait à York (l'ancien nom de Toronto) —, Mackenzie était un libre penseur qui produisait son propre journal revendicateur. Une pièce de la maison-musée est d'ailleurs réservée à l'interprétation du fastidieux processus d'impression de l'époque.

    Des fiers-à-bras du Family Compact ont saccagé son imprimerie et son journal, mais Mackenzie a continué à soulever la population en décrivant les excès et injustices du pouvoir anglais. Politicien provincial, il est devenu le premier maire de York et a éventuellement mené une rébellion (1837) cherchant à renverser les Anglais et à créer une république à l'américaine dans le Haut-Canada (l'Ontario d'aujourd'hui). Malin, Mackenzie a provoqué cette rébellion au moment même où l'armée britannique était occupée à écraser la révolte des Patriotes du Bas-Canada (le Québec d'aujourd'hui).

    La rébellion du Haut-Canada n'a pas été une mince affaire. Des soldats ont été tués et une vingtaine de rebelles exécutés. Mackenzie lui-même aurait été pendu s'il ne s'était pas exilé en secret dans l'État de New York. Il a pu revenir au Canada en 1849 grâce à une loi d'amnistie. Mackenzie est demeuré un héros du peuple au Canada anglais et son capital de sympathie est immense. Il est l'aïeul du premier ministre William Lyon Mackenzie King, qui a pris soin de toujours utiliser le nom de son illustre ancêtre.

    Discrimination anglosaxone

    Au Québec, l'exploitation économique des colons est toujours perçue dans l'ombre des batailles linguistiques, mais en Ontario, il était surtout question de pouvoir économique sur fond de discriminations intenses infligées aux Écossais, aux Irlandais et à tous ceux qui n'étaient pas protestants.

    Une visite attentive de la Mackenzie House trace une image complexe du Canada anglais, bien loin des simplifications habituelles. C'était donc davantage la peur des armes des soldats british que l'amour de la mère patrie qui rendait dociles les colons du Haut-Canada... Qu'un anticolonialiste notoire ait été — et demeure — si populaire au Canada anglais force la réflexion.

    Au final, on est fasciné par ce rebelle de premier ordre, ce patriote de langue anglaise, ce nationaliste de l'Ontario. La légende de Mackenzie a dépassé, et de loin, ses réalisations; il est plus vénéré aujourd'hui qu'il l'était de son vivant... Et tout cela est franchement bien présenté dans sa dernière maison, entretenue par la Ville de Toronto.

    ***

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