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Les Denis Drolet au Gésu - Deux sots dans un décor Ikea

Ils ont changé de costume — troquant le brun pour le gris foncé. Ils ont maigri — un peu, mais pas trop — et finalement n'ont rien perdu de leur absurde. Hier soir, les Denis Drolet, ce duo comique décalé qui fait rire les moins de trente ans et laisse perplexe tous les autres, a frappé fort, très fort au Gesù de Montréal où la première médiatique de leur nouveau spectacle, Comme du monde, a été présenté. Un spectacle qui inscrit une nouvelle fois la formation comique dans la lignée des Paul et Paul, Ding et Dong, Ionesco et consorts, en allant creuser dans l'ineptie et le vide du présent pour en extraire ce sens qui fait rire. Dangereusement.

La recette est connue. Elle a survécu à l'épreuve du temps et elle est aussi maîtrisée sur scène par ces deux Denis qui semblent révéler la force de leur humour en dehors d'un tube cathodique — ou d'un écran plat. «On est loin d'un show de Guy Nantel!», lance en sacrant au milieu du spectacle le Denis maussade et barbu, alter ego du Denis gentil, sorte de Normand L'Amour plus jeune et «à palette».

Affirmer le contraire aurait été ridicule. C'est que sur scène, dans leur décor Ikea, ces Denis n'ont rien à faire de la critique pseudo-engagée. Que non! Pour eux, le rire passe principalement par le grotesque, la réaction décalée ou le saugrenu qui trouve facilement sa place entre deux personnages aux antipodes que tout finit par rapprocher. Ça commence par une chanson et par l'arrivée sur scène de Just-to-buy-my-love, le danseur hyperactif et hystérique de ce drôle de groupe, connu du public et des fidèles comme un ami, malgré un mode locutoire restreint. Étrange.

Abusant de la gestuelle et des petits cris de l'enfance, sombrant dans la vulgarité avec générosité, les Denis Drolet vont, dans ce cadre, cultiver leur jardin dans lequel l'un veut prendre sa retraite avec un pingouin qui s'appelle Steph, pour regarder des films de Rocky et l'autre se morfond de ne jamais avoir connu son père. On résume. Il est aussi question de Julie Payette, décapitée par une barrière sur le stationnement de la NASA, d'une entrevue d'embauche qui se passe en dessous de la ceinture et d'une fable de La Fontaine - Jeannot, pour les intimes - commencée par l'un et massacrée par la mauvaise foi de l'autre.

Dans l'ensemble, ce Comme du Monde, troisième spectacle du groupe en carrière, n'a finalement rien de plus à offrir que ce comique loufoque, tirant un peu sur le n'importe quoi et construit tout au long de leur 12 années d'existence. Un rien de sérieux, en somme, qui percole un peu partout dans la sphère culturo-populaire et dans une génération qui aime en redemander, et que les Denis Drolet exécutent avec rigueur, justesse et précision et qui au final, sans grand effort, fait parfois plaisir à rire.
 
 
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  • fruitloops - Inscrit
    9 février 2012 08 h 55
    Oups?
    ...par la mauvaise foi(e) de l'autre.

    Il y a quelques années, j'ai vu le show des Drolets, cuvée brune.
    Absurdité et dilettance de la rate assurée. Paléolithique, la base quoi!
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  • camelot - Inscrit
    9 février 2012 11 h 14
    Franchement
    Allier Ionesco à ces comiques n'est pas du tout pertinent.
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  • smornier - Inscrit
    9 février 2012 18 h 13
    Franchement quoi?
    @ Camelot

    Si ça l'est, puisque les Denis Drolet ont toujours dit que Ionesco avait une immense influence sur leur humour et sur leur univers.
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  • Jean Tremble - Inscrit
    9 février 2012 20 h 59
    Une balade en métro vaut bien un spectacle de variétés

    Il y a quelques mois, j'étais dans le métro à côté d'une jeune femme pas trop mal, laquelle était vêtue d'une peau de léopard synthétique.

    Elle était donc assise, et elle jouait au sodoku l'air parfaitement détaché du monde.

    Moi, j'étais debout, à ses côtés, et j'ai décaissé ; j'ai largué une petite perlouze, bien longue quand même, pas du très lourd mais quand même du sérieux.

    J'attends donc quelques secondes que mon tir atteigne sa cible... et tout d'un coup...

    Bingo !

    Elle lève son crayon, et se fige... Elle flaire l'air de mon cul !

    Bordel, l'air qui était dans mon anus il y a quelques secondes est désormais dans son nez... Elle respire l'air de mon cul, mes particules de merde sont dans ses narines ! On ne se connait pas, ni rien, et elle respire l'air de mes sphincters...

    Je lui ai littéralement pété dans le nez !

    Puis, je suis sorti de la rame tranquille, la laissant mijoter dans le gaz.

    Lors d'une relation aussi intime, des perceptions spécifiques se produisent, et je peux vous assurer qu'elle se souviendra de cette expérience toute sa vie.
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  • Henry Fleury - Inscrit
    10 février 2012 10 h 23
    Deux caves au paradis
    M. Jean Tremble, j'en tremble de vous rencontrer dans le métro. Dailleurs, beaucoup ne savent pas que l'abréviation STM veut tout simplement dire Si T'aimes Marcher. En ce qui concerne les deux humoristes Drolet au Gésù, les comparer à Ionesco est une insulte à l'intelligence. Deux caves au paradis plutôt.
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  • camelot - Inscrit
    10 février 2012 12 h 11
    À S. Mornier
    Peut-être disent-ils s'inspirer de Ionesco, mais visiblement, c'est une référence apprise à l'école de l'humour. Leur spectacle ne reflète en rien l'esprit, le style, la profondeur du maïtre. Que des niaiseries. D'ailleurs, il ne citent aucune de ses répliques immortelles.
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  • Sylvain Labranche - Abonné
    10 février 2012 16 h 00
    Hahahaha
    La fameuse rumeur qui dit qu'il faut absolument citer les personnes dont on dit s'inspirer, faute de quoi on ne peut pas dire qu'on s'en inspire...

    Ridicule.
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  • Jacques Anar - Inscrit
    13 février 2012 09 h 47
    Question non-existentielle...
    Vaut-il mieux payer pour aller voir deux caves qui nous font rire, ou aller voter comme des caves pour des plus caves qui nous font pleurer?

    Chacun a son cave et est le cave de quelqu'un d'autre. Et de penser à entendre les deux complices citer Ionesco pour faire plaisir aux critiques et autres pseudo-cultivés est d'une absurdité consommée!
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