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    Semaine de mode de Montréal - Le triomphe du style et de la séduction

    La collection Tavan & Mitto présente des jupes d’une fluidité et d’une souplesse à la féminité extrême et des chemisiers en organza d’une finesse diaphane.<br />
    Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir La collection Tavan & Mitto présente des jupes d’une fluidité et d’une souplesse à la féminité extrême et des chemisiers en organza d’une finesse diaphane.
    C'est dans une ambiance survoltée que s'est ouverte, lundi, la Semaine de mode de Montréal (SMM) avec une série de défilés qui célébraient chacun à sa manière le retour de l'élégance, de la sophistication, de l'audace, du chic et de la féminité. Il y avait fort longtemps que l'on n'avait pu apprécier autant de belles matières nobles sur les podiums où s'opposaient en parfaite harmonie les laines bouillies ou gaufrées, la fourrure, les crêpes de soie, l'organza, le cuir, les jerseys et le chiffon. Tous les créateurs fidèles à leurs styles spécifiques ont voulu revisiter, souvent avec bonheur, les références incontournables de la grande tradition de la mode.

    Les designers se sont livrés à un exercice de style très intéressant en couvrant toutes les époques de la haute couture et du prêt-à-porter. On a pu ainsi reconnaître des hommages au «new-look» de Dior, aux drapés ensorcelants de Balanciaga, aux coupes sculpturales de Mugler et de Montana des années 1980, de même qu'à la fluidité et aux asymétries de Yohji Yamamoto. Après des années de provocation où il fallait choquer à tout prix et où nous aurons connu l'ère «bling bling», la montée du «girly pop», l'envahissement du «street fashion» et du «laisser-aller» généralisé parmi tant d'autres tendances passagères, la mode 2012-2013 semble confirmer cette recherche pour la beauté vraie où la pureté des lignes et des formes, la richesse des matières et l'allure intemporelle feront rayonner le triomphe du style et de la séduction.

    Chenail, en parfaite maîtrise de son style

    C'est Christian Chenail qui a ouvert le bal de cette 22e édition de la SMM en présentant son défilé hors site dans le hall d'entrée de la Grande Bibliothèque. On a pu admirer, comme à l'habitude chez lui, la rigueur de ses coupes impeccables autant de ses pantalons évasés, de ses jupes moulantes, que de ses vestes et blousons structurés et souvent zippés. La fluidité n'est pas en reste chez ce créateur à la clientèle loyale avec ses robes du soir en chiffon de soie imprimé en taupe et grège ou en dévoré noir. On craque toujours pour ses versions chaque fois renouvelées de la «petite robe noire». La veste cintrée à basques volantées gris charbon, de même que le magnifique manteau noir de longueur 3/4 en imitation d'astrakan sont deux must de cette très belle collection. Il faut également souligner les très adorables colliers de la créatrice de bijoux Andrée Tétreault, sa fidèle collaboratrice depuis des années.

    Tavan & Mitto, la consécration

    La fébrilité était à son comble pour le premier défilé en plus de dix ans de Payam Tavan et de son complice Mike Mitto. Cette collection qui devait venir affirmer le nouveau virage de ces deux surdoués était un des événements les plus attendus de la SMM. Pour ces artistes amoureux fous de la haute couture et ayant étudié autant à Montréal, à Paris qu'à Milan, le retour au luxe pur s'est traduit sur les passerelles par un éclatement et une richesse de matières magnifiques (taffetas, fourrure, alpaga, cachemire, paillettes, organza) déclinées dans une palette de couleurs riches et audacieuses allant du bleu minuit à l'orange brûlé, de l'ivoire au cuivre.

    La collection Tavan & Mitto avec ses références au passé et à la grande tradition mais totalement réactualisée façon 2012 n'en finit plus de nous éblouir avec ses silhouettes tantôt structurées portées sur des jupes d'une fluidité et d'une souplesse à la féminité extrême, ses chemisiers en organza d'une finesse diaphane, le tout mêlé à des manteaux-capes très courts ou maxis en cachemire, ou à des tailleurs pantalon en paillettes très glam et des accents de fourrure çà et là irrésistibles. Le raffinement dans ce qu'il a de plus beau, un vrai coup de coeur.

    Quand la magie opère

    Marie Saint Pierre nous a proposé pour sa dernière collection une démarche artistique hors du commun à mille lieues de la banalité. Dans une mise en scène recherchée et poétique habitée par la musique de

    Mozart et introduisant le cinéma à la passerelle, la créatrice a su créer l'événement pour clôturer de façon spectaculaire le premier jour de la SMM.

    Avec une collection où elle a su ingénieusement renouveler son style tout en restant fidèle à son image de marque, la créatrice a fait défiler pour l'occasion une série de vêtements autour d'une thématique magnifiquement théâtrale en jouant sur

    les volumes, les plissages, les fronces, les pinces et le moulage, mais également sur le mélange des genres et des matières de même que sur les superpositions des vêtements et des accessoires. Le bleu profond remplace ainsi le noir pour l'automne-hiver prochain, accentué par quelques couleurs «punch», notamment un jaune acidulé du plus bel effet, une réussite sur toute la ligne.

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    Collaborateur du Devoir












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