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    La Déclaration universelle sur les archives: une initiative toute québécoise

    La Déclaration universelle sur les archives a été adoptée lundi à l'UNESCO, lors de sa 36e Conférence générale à Paris. Or l'initiative émane d'un groupe d'archivistes... québécois. Petite histoire d'une grande déclaration.

    «Les archives constituent un patrimoine unique et irremplaçable transmis de génération en génération. [...] [Elles] jouent un rôle essentiel dans le développement des sociétés en contribuant à la constitution et à la sauvegarde de la mémoire individuelle et collective.»

    Ces mots extraits du préambule de la Déclaration universelle sur les archives découlent, à quelques remaniements près, de la Déclaration québécoise sur les archives, signée en 2006 à Montréal. Des représentants de neuf regroupements d'archivistes du Québec — Bibliothèque et Archives nationales du Québec — couronnaient ainsi une année de réflexions et de discussions fertiles.

    «En 2005, j'étais aux archives de la Ville de Montréal et on se préoccupait beaucoup de la diffusion du riche patrimoine de la ville, raconte au Devoir l'archiviste Denys Chouinard, instigateur de la Déclaration. Je me suis dit: si on y allait d'une déclaration québécoise, il me semble que ça mobiliserait toute la communauté archivistique québécoise et qu'on accroîtrait énormément l'offre de documents.»

    Après le lancement de la déclaration, l'Association des archivistes du Québec s'est emparée du dossier pour le faire connaître à l'échelle mondiale. Jusqu'à son adoption par le Conseil international des archives en 2010. «C'est dire que l'approche québécoise de l'archivistique a parfaitement tenu la route sur la scène internationale», indique M. Chouinard, archiviste de la congrégation de Notre-Dame (Marguerite-Bourgeoys).

    La Déclaration souligne l'importance du patrimoine archivistique et rappelle qu'il est souvent à portée de main (de clic) pour tous à l'heure où lnternet et le numérique en facilitent l'accès et où la notion de patrimoine se démocratise. M. Chouinard cite l'exemple le plus spectaculaire, à son sens, de la diffusion des archives facilitée par la technologie: «Le Moulin à images de Robert Lepage, c'est un moulin à archives», dit-il.

    Mais il reste encore beaucoup à faire pour rendre public ce patrimoine, gage d'une saine gouvernance des institutions et de la société en général. Car avant de numériser ce patrimoine, il faut le classer et le documenter. Ce qui engage des ressources financières et humaines. Même si elle n'est pas contraignante et que son pouvoir est surtout d'ordre moral, la Déclaration peut être déterminante, croit l'archiviste.

    «La Déclaration va attirer l'attention du grand public et des décideurs sur le patrimoine archivistique, dit-il. Individuellement et collectivement, on continuera d'en prendre davantage soin et surtout, de se donner les moyens de le diffuser.»

    «Pour les archives, il s'agit de l'avancée la plus significative de ces dernières années au niveau international», soulignait lundi, par voie de communiqué, le Conseil international des archives pour saluer l'adoption de la Déclaration par l'UNESCO.

    Le texte de la Déclaration est déjà traduit en 19 langues. Il doit maintenant être signé par les États membres de l'UNESCO. M. Chouinard est confiant, fort de l'enthousiasme que le texte suscite depuis cinq ans. Il espère que l'Assemblée nationale du Québec sera le premier Parlement au monde à l'adopter.












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