15es Journées de la culture - Culture et citoyenneté, ces inséparables
24 septembre 2011
|
Louise Sicuro, présidente-directrice générale de Culture pour tous et fondatrice des Journées de la culture
|
Actualités culturelles
Alors qu'on célèbre les 50 ans du début de la Révolution tranquille et cinq décennies d'action culturelle du gouvernement du Québec, on ne peut que s'incliner devant l'ampleur des réalisations qui nous ont sortis de la noirceur et propulsés dans la lumière de la modernité et de la liberté de création.
Le Québec s'est défini et affirmé comme nation en favorisant la création d'oeuvres originales ancrées dans sa réalité et en valorisant la maîtrise la plus achevée des moyens d'expression artistique permettant une appropriation authentique du patrimoine culturel de l'humanité.
En alignant ses politiques, initiatives et investissements sur la poursuite de l'excellence artistique, la création d'institutions durables et la construction d'une industrie culturelle performante, l'État québécois est parvenu à développer une offre artistique et culturelle foisonnante, constamment renouvelée et appréciée ici et à l'échelle de la planète, d'abord dans la francophonie puis bien au-delà. C'est un acquis précieux à célébrer.
Cependant, force est de constater que, pour la majorité de la population, la participation et plus encore la fréquentation et la pratique assidues des arts n'atteignent pas les niveaux escomptés. Cela reste un défi à relever. Ici, comme dans les autres démocraties, on constate qu'en culture, l'offre ne détermine pas la demande. L'accroissement de cette demande résulte plutôt d'un travail systématique d'éducation, de sensibilisation et de médiation qui doit être fait sans quoi l'offre artistique formidable soutenue par l'État, le mécénat et la commandite restera confinée à une fraction de la population qui a eu le privilège d'être initiée et qui en a les moyens financiers.
Le défi de la démocratisation culturelle est d'une importance cruciale pour le Québec, dont le dynamisme artistique et culturel est devenu une condition sine qua non d'affirmation, de différenciation, sinon même de survie à l'ère de la mondialisation des échanges.
Éviter les fractures
En dépit des immenses possibilités offertes par les technologies de communication, et malgré les offensives tous azimuts pour élargir les publics en modulant l'offre et en misant sur une gratuité financée par des commandites commerciales omniprésentes, on constate une stagnation de la fréquentation des arts et des activités culturelles plus exigeantes sur les plans intellectuel et comportemental. Cet état de fait est encore plus marqué au sein de la jeunesse et dans les communautés aux prises avec des enjeux d'intégration et d'émancipation économique.
La volonté de démocratisation culturelle doit être constamment ravivée, sinon on risque de perpétuer des fractures sociales qui désavantageront toujours celles et ceux qui ne peuvent pas avoir accès à la création artistique et à la vie culturelle que nous nous donnons comme société moderne, ouverte, orientée vers l'avenir et préoccupée de développement durable.
Au-delà de l'offre et de la demande: vivre la culture
Le Québec ne peut pas se permettre de fléchir dans son soutien aux artistes et au secteur culturel. Cela dit, nous pouvons et nous devons innover davantage en matière de démocratisation culturelle en défendant l'idée d'une citoyenneté active enrichie par la fréquentation des arts et du patrimoine et par des pratiques culturelles soutenues à l'échelle individuelle et collective.
Il faut ramener les arts et la culture au coeur de la vie quotidienne. Pour ce faire, nous pouvons, par exemple, tirer avantage de l'incroyable popularité des médias sociaux dans la mesure où ils encouragent les gens à s'exprimer, à échanger et à créer des communautés. Ces réseaux nous donnent la possibilité de miser sur le relationnel en délaissant les discours qui se résument à faire de la promotion pour faciliter des transactions d'achat de billets ou de produits culturels. La relation précède toujours la transaction. C'est ce que vivent les organisateurs d'événements et les participants à chaque édition des Journées de la culture.
Promouvoir la culture à l'école
On n'y échappe pas, l'initiation aux arts et aux pratiques culturelles doit commencer dès le jeune âge, dans la famille, à la garderie puis à l'école. Il faut bonifier l'accès et la fréquentation des arts à tous les niveaux scolaires. Nous pourrions aussi ajouter un enseignement sur l'initiation à la culture au cursus de la formation des maîtres. Ne pas le faire ne fera qu'accentuer la coupure entre culture et citoyenneté.
Le gouvernement du Québec a entrepris, pour le 50e anniversaire du ministère de la Culture, de mettre en place un nouveau plan d'action qui sera l'occasion de revoir et d'actualiser la politique culturelle dont le Québec s'était doté en 1992. Profitons de cette occasion pour mettre en avant ces idées.
Lorsque nous avons lancé les Journées de la culture, il y a 15 ans, nous souhaitions bien naïvement que ce grand projet ait des répercussions rapides sur l'achat de spectacles ou de droits d'entrée dans les musées. C'est plutôt l'impérieuse nécessité de reconnecter le milieu culturel avec la population qui s'est imposée et qui nous mobilise chaque année.
En cherchant à établir une conversation en continu avec nos voisins, les entreprises, les établissements scolaires, les philanthropes et les élus, les Journées de la culture sont devenues un amplificateur de la cause culturelle comme projet de société. Elles sont devenues incontournables pour le Québec.
***
Louise Sicuro, présidente-directrice générale de Culture pour tous et fondatrice des Journées de la culture
Le Québec s'est défini et affirmé comme nation en favorisant la création d'oeuvres originales ancrées dans sa réalité et en valorisant la maîtrise la plus achevée des moyens d'expression artistique permettant une appropriation authentique du patrimoine culturel de l'humanité.
En alignant ses politiques, initiatives et investissements sur la poursuite de l'excellence artistique, la création d'institutions durables et la construction d'une industrie culturelle performante, l'État québécois est parvenu à développer une offre artistique et culturelle foisonnante, constamment renouvelée et appréciée ici et à l'échelle de la planète, d'abord dans la francophonie puis bien au-delà. C'est un acquis précieux à célébrer.
Cependant, force est de constater que, pour la majorité de la population, la participation et plus encore la fréquentation et la pratique assidues des arts n'atteignent pas les niveaux escomptés. Cela reste un défi à relever. Ici, comme dans les autres démocraties, on constate qu'en culture, l'offre ne détermine pas la demande. L'accroissement de cette demande résulte plutôt d'un travail systématique d'éducation, de sensibilisation et de médiation qui doit être fait sans quoi l'offre artistique formidable soutenue par l'État, le mécénat et la commandite restera confinée à une fraction de la population qui a eu le privilège d'être initiée et qui en a les moyens financiers.
Le défi de la démocratisation culturelle est d'une importance cruciale pour le Québec, dont le dynamisme artistique et culturel est devenu une condition sine qua non d'affirmation, de différenciation, sinon même de survie à l'ère de la mondialisation des échanges.
Éviter les fractures
En dépit des immenses possibilités offertes par les technologies de communication, et malgré les offensives tous azimuts pour élargir les publics en modulant l'offre et en misant sur une gratuité financée par des commandites commerciales omniprésentes, on constate une stagnation de la fréquentation des arts et des activités culturelles plus exigeantes sur les plans intellectuel et comportemental. Cet état de fait est encore plus marqué au sein de la jeunesse et dans les communautés aux prises avec des enjeux d'intégration et d'émancipation économique.
La volonté de démocratisation culturelle doit être constamment ravivée, sinon on risque de perpétuer des fractures sociales qui désavantageront toujours celles et ceux qui ne peuvent pas avoir accès à la création artistique et à la vie culturelle que nous nous donnons comme société moderne, ouverte, orientée vers l'avenir et préoccupée de développement durable.
Au-delà de l'offre et de la demande: vivre la culture
Le Québec ne peut pas se permettre de fléchir dans son soutien aux artistes et au secteur culturel. Cela dit, nous pouvons et nous devons innover davantage en matière de démocratisation culturelle en défendant l'idée d'une citoyenneté active enrichie par la fréquentation des arts et du patrimoine et par des pratiques culturelles soutenues à l'échelle individuelle et collective.
Il faut ramener les arts et la culture au coeur de la vie quotidienne. Pour ce faire, nous pouvons, par exemple, tirer avantage de l'incroyable popularité des médias sociaux dans la mesure où ils encouragent les gens à s'exprimer, à échanger et à créer des communautés. Ces réseaux nous donnent la possibilité de miser sur le relationnel en délaissant les discours qui se résument à faire de la promotion pour faciliter des transactions d'achat de billets ou de produits culturels. La relation précède toujours la transaction. C'est ce que vivent les organisateurs d'événements et les participants à chaque édition des Journées de la culture.
Promouvoir la culture à l'école
On n'y échappe pas, l'initiation aux arts et aux pratiques culturelles doit commencer dès le jeune âge, dans la famille, à la garderie puis à l'école. Il faut bonifier l'accès et la fréquentation des arts à tous les niveaux scolaires. Nous pourrions aussi ajouter un enseignement sur l'initiation à la culture au cursus de la formation des maîtres. Ne pas le faire ne fera qu'accentuer la coupure entre culture et citoyenneté.
Le gouvernement du Québec a entrepris, pour le 50e anniversaire du ministère de la Culture, de mettre en place un nouveau plan d'action qui sera l'occasion de revoir et d'actualiser la politique culturelle dont le Québec s'était doté en 1992. Profitons de cette occasion pour mettre en avant ces idées.
Lorsque nous avons lancé les Journées de la culture, il y a 15 ans, nous souhaitions bien naïvement que ce grand projet ait des répercussions rapides sur l'achat de spectacles ou de droits d'entrée dans les musées. C'est plutôt l'impérieuse nécessité de reconnecter le milieu culturel avec la population qui s'est imposée et qui nous mobilise chaque année.
En cherchant à établir une conversation en continu avec nos voisins, les entreprises, les établissements scolaires, les philanthropes et les élus, les Journées de la culture sont devenues un amplificateur de la cause culturelle comme projet de société. Elles sont devenues incontournables pour le Québec.
***
Louise Sicuro, présidente-directrice générale de Culture pour tous et fondatrice des Journées de la culture








