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    Ottawa sabre 65 000 $ des subventions accordées au Festival international de littérature

    L'avenir du FIL est remis en cause

    À quelques jours du coup d'envoi de sa 17e édition, le Festival international de littérature (FIL) voit son avenir menacé par la perte inattendue de 65 000 $ en subventions fédérales. Une décision que Patrimoine canadien justifie par le trop fort nombre de demandes reçues l'an dernier pour financer événements et festivals au pays.

    La direction du FIL n'a été avisée par lettre que le 25 juillet dernier de la décision fédérale de retirer ses pions. «Il ne semble y avoir aucune raison claire! Nous n'avons qu'une lettre signée du directeur du programme qui parle de "résultats mesurables et tangibles". Nous n'avons encore pu obtenir de rencontre ni avec le ministre Moore ni avec ses fonctionnaires», a déploré hier Michelle Corbeil, directrice artistique du FIL.

    Si le coup de sabre ne remet pas en cause la tenue de la prochaine mouture (16 au 25 septembre), elle mine à coup sûr la survie du festival. «Le festival aura lieu comme prévu, même à crédit, car nous avons pris des engagements envers des artistes. Mais l'avenir de ce festival est en jeu. Il faudra attendre l'heure des bilans pour savoir si nous serons toujours là l'an prochain», s'inquiète Mme Corbeil.

    Hier, l'attaché de presse du ministre James Moore a fait valoir que plus de 10 000 demandes d'aide ont afflué à Patrimoine canadien l'an dernier, en provenance de festivals de toutes les régions du Canada. «Le nombre total de demandes dépasse largement les fonds disponibles et le ministère doit faire des choix», a indiqué hier Sébastien Gariépy, sans préciser les critères retenus pour séparer le bon grain de l'ivraie. Patrimoine canadien se targue plutôt de financer 44 nouveaux événements au Québec, dont Jazz en rafale et la Maison des arts de Laval.

    Selon l'écrivain Stanley Péan, président du conseil d'administration du FIL, cette décision est d'autant plus incompréhensible que le festival affiche une feuille de route exemplaire. «C'est une évaluation complètement indigne, compte tenu de la performance de ce festival depuis 16 ans. L'an dernier, le taux d'assistance était de 84 % et le FIL avait même un surplus budgétaire», dit-il.

    Comble de l'ironie, le FIL a reçu l'annonce du couperet la veille de l'annonce faite par le ministre James Moore à Montréal de 23 millions octroyés à 252 projets culturels au Québec.

    Après avoir laissé miroiter la possibilité d'un rendez-vous, le ministre Moore se refuse depuis à rencontrer la direction du festival. Doté d'un budget de 500 000 $, le FIL touche toujours une autre subvention fédérale de 30 000 $, issue du Fonds du livre du Canada, ainsi que de 41 000 $ du Conseil des arts du Canada, 67 925 $ du Conseil des arts et des lettres du Québec, 24 000 $ du Conseil des arts de Montréal et 15 000 $ du Bureau des événements de la Ville de Montréal.

    Financé à 50 % par ses revenus autonomes, le festival a choisi de rogner dans ses dépenses administratives plutôt que d'élaguer sa programmation. La venue de Jean-Marie Trintignant, Fanny Ardant et Sami Frey a notamment contribué à accroître la notoriété du FIL ici et à l'étranger. En septembre, le FIL accueillera Arthur H qui lira notamment des extraits de Dany Laferrière. «Grâce à nos surplus, nous développions davantage les échanges avec l'étranger. La porte vient de se fermer alors que nous sommes en plein essor», déplore Mme Corbeil. Le FIL poursuivait des discussions avec Le Marathon des mots, un festival littéraire de Toulouse, qui souhaitait présenter Poésie, sandwiches et autres soirs qui penchent de Loui Maufette. Présenté depuis six ans, le spectacle à succès, acheté par des producteurs de Limoges l'an dernier, est devenu au fil des ans le «casse-noisette» du FIL.

    Hier, le député péquiste de Bourget et porte-parole officiel en matière de culture, Maka Kotto, a pressé la ministre St-Pierre de réagir «devant ce nouvel affront du gouvernement conservateur envers la culture québécoise». En 2009-2010, le Fonds du Canada pour la présentation des arts (FCPA) a profité à 600 organismes artistiques et festivals au Canada, dont environ 150 au Québec.












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