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Libre opinion - Il faut sauver la maison Dessaulles

Marie-José Raymond - Productrice et arrière-petite-fille de Fadette  31 mai 2011  Actualités culturelles
Ces jours-ci, le maire de Saint-Hyacinthe dit à qui veut l'entendre que la page est tournée dans dossier de la maison Dessaulles! Cette maison de l'avenue Hôtel-Dieu, vis-à-vis de la cathédrale, a été construite vers 1850 et, jusqu'en 1930, elle a été la résidence de Georges-Casimir Dessaulles, avocat, député, sénateur, homme d'affaires et maire de Saint-Hyacinthe pendant plus de 25 ans.

Mais ce n'est pas tout. Sa fille, Henriette Dessaulles, connue sous le pseudonyme de Fadette, a été la première femme journaliste au Québec — sinon au Canada — écrivant à partir de 1910 au Devoir, fondé par son cousin, Henri Bourassa. C'est de sa chambre, au coeur de la résidence familiale des Dessaulles, que Henriette a rédigé son Journal, sélectionné par le musée McCord comme un de ses 90 trésors. Ce livre est reconnu mondialement comme un chef-d'oeuvre de la littérature féminine.

Le dimanche 14 novembre 2010, un incendie, dont l'origine demeure encore nébuleuse, a détruit le toit de la maison. Un rapport indépendant de la firme d'architectes Beaupré et Michaud, dont la renommée en architecture patrimoniale est incontestée au Québec, a confirmé il y a quelques semaines que l'incendie n'avait pas causé de dommages directs au bâtiment à part l'annexe arrière et les mansardes du toit. Tout laissait donc croire que ce joyau du patrimoine serait sauvé!

Mais pour le maire et le conseil municipal de Saint-Hyacinthe, la page était déjà tournée!

La recommandation du conseil d'urbanisme de la MRC, envoyée en novembre 2010 à la municipalité et aux propriétaires de la maison Dessaulles, de couvrir le toit et d'assurer l'étanchéité du bâtiment durant l'hiver n'a eu aucun écho; ni non plus la recommandation de s'adresser à des spécialistes pour guider la municipalité afin que les mesures essentielles à la sauvegarde de l'édifice soient mises en place! Se contentant de l'avis de l'assureur de l'édifice, la municipalité a permis aux propriétaires d'opter pour la démolition et, en effet, le 3 février dernier, Le Courrier de Saint-Hyacinthe titrait «La doyenne redeviendra poussière».

Alors qu'une plaque devant la résidence aurait pu laisser croire que la maison Dessaulles était un des attraits patrimoniaux et touristiques exceptionnels de Saint-Hyacinthe, qu'elle avait été citée (ce qui ne coûte rien à la Ville et empêche les démolitions sauvages), eh bien, en fait, la démolition était déjà prévue, et les plans d'un nouvel édifice entrepris.

Ni les deux interventions au conseil municipal d'un comité de sauvegarde, ni les mentions dans Le Journal de Montréal, Le Devoir, Le Courrier de Saint-Hyacinthe, La Lucarne, à Radio-Canada, à Cogeco, ni les exhortations publiques de Lise Bissonnette, n'auront réveillé le sens du devoir de conservation du patrimoine chez ces élus municipaux.

Non plus que les interventions du député auprès du maire et des conseillers, et malgré l'appui des différents paliers de gouvernement qui reconnaissent tous que, devant l'urgence de la situation, seul le pouvoir municipal peut sauver la maison Dessaulles. Rien ne fait bouger ce maire-amiral dont un des navires est en perdition; il n'en a rien à faire, lui dont le rôle est précisément de guider et d'inspirer les décisions de sa ville.

Aucune aide, aucune ouverture n'a été consentie par la municipalité, bien au contraire! Même la consultation du rapport Beaupré et Michaud a été refusée aux membres du comité consultatif d'urbanisme de Saint-Hyacinthe qui doit approuver les plans du nouvel édifice remplaçant la maison Dessaulles. La mémoire de Casimir Dessaulles a même été ridiculisée dans une affiche publicitaire distribuée à tous les citoyens de la ville...

En cette fin du mois de mai, les intérêts particuliers semblent prévaloir sur les intérêts publics, la Ville sachant bien que le temps joue en sa faveur. Cette semaine, le temps chaud accélérera la dégradation de la maison qui n'a pas été protégée depuis l'incendie, et la page sera tournée!

Non, car les responsables de cette destruction de notre patrimoine architectural (un escalier hélicoïdal exceptionnel, unique au Canada), de notre patrimoine culturel (aucun édifice n'est classé, ni même cité à Saint-Hyacinthe), de notre patrimoine littéraire (Fadette) laisseront en héritage à leurs descendants leur négligence, voire même leur mépris pour notre richesse collective et notre histoire! Ils y figureront à ce titre.

Y a-t-il encore une chance qu'ils choisissent de sauver la maison Dessaulles et leur réputation?

***

Marie-José Raymond - Productrice et arrière-petite-fille de Fadette
 
 
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  • jocelyne53 - Inscrit
    31 mai 2011 08 h 54
    Votre maire !
    Il serait temps de vous débarrasser de ce maire qui semble aux pieds des investisseurs immobiliers qui défigurent la ville de Montréal en ce moment. Des condos à perte de vue aussi anonymes les uns que les autres.
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  • Michel Bédard - Inscrit
    31 mai 2011 10 h 08
    Tout est possible.
    En bout de ligne, ne serait-il pas possible de contacter le ministère Q de la Culture pour faire "classer" ce bâtiment, et éviter le pic des démolisseurs ? En 1979, j'ai pu faire sauver, sur le tard, l'ex-collège du Mont-St-Louis sur Sherbrooke Est à Montréal, en ayant obtenu une écoute favorable du ministre libéral du temps, M.L'Allier. Toute l'histoire rattachée à cet édifice milite pour sa sauvegarde.
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  • Michel Bédard - Inscrit
    31 mai 2011 10 h 28
    Démolition ! Évitons un crime contre l'histoire.
    Photo de l'immeuble:
    http://www.ledevoir.com/images_galerie/d_86286_738

    Y demeurait jadis Henriette Dessaulles, dite Fadette, 1ère femme journaliste au Québec, sinon au Canada, écrivant dès 1910 au Devoir, journal fondé par son cousin Henri Bourassa. Ce n'est quand même pas rien.

    Allez Mme Raymond, arrière-petite-fille de Fadette, levez un tsunami d'appuis... Allez obtenir le support du Conseil du statut de la femme, la Féd. Q des journalistes, le Conseil des monuments et sites du Q, etc. MB, chef de Fierté Montréal.
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  • real@realo.ca - Abonné
    31 mai 2011 13 h 26
    misère
    J'ai vue la maison sur google street, c'est une petite maison, ça ne couterait vraiment pas beaucoup à la municipalité de la retaper. Mais les maires au Québec sont des incultes finis, c'est culturel, ici on n'aime pas ce qui est beau ou ce qui a de la valeur historique. J'habite la ville de Québec, en 2 ans on a démoli 4 église ou couvent, 4 dans un périmètre de quelques kilomètres, on se bat contre des gens qui s'en foutent de la culture.
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  •  
  • Solange DE LOISY - Inscrit
    3 juin 2011 04 h 30
    SAUVONS LA MAISON DESSAULES
    Je vous écris de Paris où j'ai publié l'année dernière aux éditions de la Martinière, un album intitulé QUÉBEC, une dynamique créative, en quelque sorte, un recueil de mes coups de cœur artistiques québécois. J'ai en effet collaboré pendant quinze ans avec le club de livres Québec Loisirs alors que je travaillais pour France Loisirs. C'est ainsi que j'ai pu découvrir et aimer votre pays. J’ai visité Saint-Hyacinthe, et j'ai lu avec beaucoup d’intérêt et de plaisir le journal d'Henriette Dessaulles. Deux bonnes raisons qui m'autorisent aujourd'hui à soutenir avec ardeur la sauvegarde de la maison Dessaules. J’ajoute, sans vouloir être pédante, que nous vivons de l'histoire que les générations antérieures ont posée. Un souffle bien réel nous est ainsi transmis, et c'est à partir de ce souffle que se construit l'avenir. Respecter l'œuvre des générations passées, nous permet d'avancer plus aisément dans le monde moderne et la mondialisation, me semble-t-il.
    Solange de Loisy, Paris
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