Libre opinion - Relayeur de vision
Être membre du comité de l'Agenda 21 Culture est un privilège qui permet de rencontrer des personnes porteuses de vision sur diverses sphères d'activité de la société québécoise. C'est aussi l'occasion de consulter le milieu culturel provenant de diverses régions du Québec dans une période de grands changements.
C'est l'occasion, enfin, de sensibiliser les décideurs à l'importance de la culture dans le développement économique, social et environnemental. La culture est le point central de la cohésion sociale. La culture doit s'inscrire dans le quatrième pilier du développement durable.
Les créateurs doivent être présents dans le milieu social comme dans leur milieu culturel. Il n'est pas nécessaire que tous les artistes s'engagent comme des militants, mais qu'ils participent à la prise de conscience de la culture comme étant une responsabilité envers la société et les citoyens. La compréhension de notre rôle de créateur est de prendre conscience qu'il existe des citoyens qui sont dans l'attente de notre action et de nos créations.
L'intégration de la culture à l'environnement, au social et à l'économie fait partie du désir de ce partage par une grande majorité des personnes consultées. Les consultations auront permis de connaître davantage la situation des artistes qui vivent actuellement dans l'espace culturel pauvre, en manque de ressources et en manque de relations avec la société.
La distance entre culture et citoyens est inquiétante. La nouvelle génération cherche à s'en sortir par des pratiques nouvelles et innovatrices; ils veulent trouver le lien culture/société/économie/environnement.
Au début de nos consultations, j'avais écrit que notre culture s'était mise en marge et survivait dans son ghetto, loin des citoyens du Québec, une culture d'élite des siècles passés. Mais nous constatons que les comportements des artistes changent.
En 50 ans, la société québécoise a réalisé beaucoup. Musées, centres d'expositions et centres d'artistes, théâtres, salles de concert et bibliothèques, compagnies de danse, etc. Voilà les résultats de la conscience et de l'action de la Révolution tranquille. Nous évoluons sur ces acquis, mais les consultations nous ont fait voir et ressentir un état de crise identitaire, crise des publics dans une société en voie de devenir schizophrène par le vide culturel de nos médias et de notre environnement pauvre et désincarné.
Une crise de confiance, de la population envers ses élites et aussi le constat de l'indifférence d'une grande partie des citoyens à notre culture. Voilà ce que j'ai ressenti lors des consultations au cours de ces derniers mois.
Si la Révolution tranquille a réussi à nous structurer et à nous construire une maison habitable, nous constatons aujourd'hui qu'il n'y a plus de familles pour l'habiter. Cette maison est vide de son public, une vision bien pessimiste, mais réaliste.
Les réalisations de notre génération font partie de notre patrimoine, mais, si nous sortons de notre structure culturelle, que voyons-nous? Un public peu intéressé par nos débats, même hostile.
Et, comment expliquer la laideur de notre environnement et la banalité de nos villes et villages en déconstruction et perte d'identité? Où est la culture dans les espaces publics de nos vies, de notre vie quotidienne?
Il faut envahir l'espace public où se trouvent les citoyens, un dur travail de consolidation!
L'Agenda 21 Culture aura amorcé une réflexion, mais elle doit se poursuivre pour arriver à sensibiliser le pouvoir quant à sa responsabilité envers nos espaces de vie culturelle et économique, sociale et environnementale. Il faut que la culture devienne le pilier de la cohésion sociale et économique, mais commençons par sensibiliser les citoyens à cette réalité.
Je retiens qu'au-delà des demandes d'argent de bien des gens consultés, le désir de la nouvelle génération est de se prendre en main et d'aller vers les citoyens. D'ailleurs, nous n'avons pas le choix, notre langue est menacée, notre environnement banalisé et mondialisé dans la parfaite indifférence des pouvoirs politiques. Il en va de notre survie comme culture, comme artiste et comme société.
Les réalisations avec les citoyens nous font comprendre que le public est dans l'attente de changements et d'embellissement de leurs espaces de vie, d'une nouvelle fierté. Il faut faire une démarche vers la population et trouver notre place dans la mondialisation en modifiant notre façon de faire. Première étape, quitter le mépris et l'exclusion de la culture d'élite des siècles passés, et décloisonner les disciplines.
À ne rien faire, nous appartiendrons rapidement au patrimoine mondial de l'UNESCO comme touristes en dérive.
***
René Derouin - Artiste membre du comité Agenda 21 Culture
C'est l'occasion, enfin, de sensibiliser les décideurs à l'importance de la culture dans le développement économique, social et environnemental. La culture est le point central de la cohésion sociale. La culture doit s'inscrire dans le quatrième pilier du développement durable.
Les créateurs doivent être présents dans le milieu social comme dans leur milieu culturel. Il n'est pas nécessaire que tous les artistes s'engagent comme des militants, mais qu'ils participent à la prise de conscience de la culture comme étant une responsabilité envers la société et les citoyens. La compréhension de notre rôle de créateur est de prendre conscience qu'il existe des citoyens qui sont dans l'attente de notre action et de nos créations.
L'intégration de la culture à l'environnement, au social et à l'économie fait partie du désir de ce partage par une grande majorité des personnes consultées. Les consultations auront permis de connaître davantage la situation des artistes qui vivent actuellement dans l'espace culturel pauvre, en manque de ressources et en manque de relations avec la société.
La distance entre culture et citoyens est inquiétante. La nouvelle génération cherche à s'en sortir par des pratiques nouvelles et innovatrices; ils veulent trouver le lien culture/société/économie/environnement.
Au début de nos consultations, j'avais écrit que notre culture s'était mise en marge et survivait dans son ghetto, loin des citoyens du Québec, une culture d'élite des siècles passés. Mais nous constatons que les comportements des artistes changent.
En 50 ans, la société québécoise a réalisé beaucoup. Musées, centres d'expositions et centres d'artistes, théâtres, salles de concert et bibliothèques, compagnies de danse, etc. Voilà les résultats de la conscience et de l'action de la Révolution tranquille. Nous évoluons sur ces acquis, mais les consultations nous ont fait voir et ressentir un état de crise identitaire, crise des publics dans une société en voie de devenir schizophrène par le vide culturel de nos médias et de notre environnement pauvre et désincarné.
Une crise de confiance, de la population envers ses élites et aussi le constat de l'indifférence d'une grande partie des citoyens à notre culture. Voilà ce que j'ai ressenti lors des consultations au cours de ces derniers mois.
Si la Révolution tranquille a réussi à nous structurer et à nous construire une maison habitable, nous constatons aujourd'hui qu'il n'y a plus de familles pour l'habiter. Cette maison est vide de son public, une vision bien pessimiste, mais réaliste.
Les réalisations de notre génération font partie de notre patrimoine, mais, si nous sortons de notre structure culturelle, que voyons-nous? Un public peu intéressé par nos débats, même hostile.
Et, comment expliquer la laideur de notre environnement et la banalité de nos villes et villages en déconstruction et perte d'identité? Où est la culture dans les espaces publics de nos vies, de notre vie quotidienne?
Il faut envahir l'espace public où se trouvent les citoyens, un dur travail de consolidation!
L'Agenda 21 Culture aura amorcé une réflexion, mais elle doit se poursuivre pour arriver à sensibiliser le pouvoir quant à sa responsabilité envers nos espaces de vie culturelle et économique, sociale et environnementale. Il faut que la culture devienne le pilier de la cohésion sociale et économique, mais commençons par sensibiliser les citoyens à cette réalité.
Je retiens qu'au-delà des demandes d'argent de bien des gens consultés, le désir de la nouvelle génération est de se prendre en main et d'aller vers les citoyens. D'ailleurs, nous n'avons pas le choix, notre langue est menacée, notre environnement banalisé et mondialisé dans la parfaite indifférence des pouvoirs politiques. Il en va de notre survie comme culture, comme artiste et comme société.
Les réalisations avec les citoyens nous font comprendre que le public est dans l'attente de changements et d'embellissement de leurs espaces de vie, d'une nouvelle fierté. Il faut faire une démarche vers la population et trouver notre place dans la mondialisation en modifiant notre façon de faire. Première étape, quitter le mépris et l'exclusion de la culture d'élite des siècles passés, et décloisonner les disciplines.
À ne rien faire, nous appartiendrons rapidement au patrimoine mondial de l'UNESCO comme touristes en dérive.
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René Derouin - Artiste membre du comité Agenda 21 Culture
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