Et les villes vivront en harmonie
«La culture est le quatrième pilier du développement durable»
Pour certains, nombreux, et on les dit néolibéraux, tout ne peut être qu'économie. Et l'avenir des villes se définirait alors par une capacité à accueillir de nouvelles industries, de nouvelles entreprises. Une contre-proposition: Sainte-Thérèse, qui a bien survécu à la fermeture de l'usine GM, accueille cette année le colloque annuel de Les Arts et la Ville.
Au nord de Lanaudière, qu'est-ce qui différencie Saint-Côme de Saint-Jean-de-Matha ou de Saint-Alphonse-de-Rodriguez? Si ces villes ou villages ou paroisses ont des frontières communes, étant chacun un lieu de villégiature, avec des lacs et des plans d'eau attenants ou à proximité, le premier se fait fort de son festival de sculptures sur glace et de sa «Rivière en chansons», quand le deuxième parle d'un de ses fils, ici l'homme fort qu'était Louis Cyr, et que le dernier annonce année après année ses soirées de musique et de chansons dans la vieille église.
Car, si les grandes villes de ce monde sont d'abord culturelles — et qui visite Paris ne le fait pas d'abord pour la tour Montparnasse et les différents sièges sociaux qui s'agglutinent autour de la place de la Défense — la culture comme les arts et ses manifestations sont aussi un outil privilégié par les agglomérations de petite taille pour se donner une identité.
Et certains iront à l'île d'Orléans parce qu'elle fut célébrée par un Félix Leclerc, comme d'autres poursuivront leur route jusqu'à Saint-Jean-Port-Joli, qui fut rendue célèbre par une famille Bourgault (un héritage qu'un des fils, Pierre, fait perdurer avec une école de sculpture et un centre associé, l'Est-Nord-Est).
Et, l'été venu dans certains cas, quand ce n'est pas à l'occasion de la froidure hivernale, villes et villages affichent en succession festivals et autres manifestations culturelles, quand ce n'est pas, comme à Saint-Tite-des-Caps, un rodéo qui est devenu dans cette discipline un incontournable. Et celle qui se dit capitale de l'industrie, Shawinigan, propose aujourd'hui avec fierté centre d'expositions et site de spectacles.
Culture et... éducation
«La culture, c'est le quatrième pilier du développement durable [les trois autres étant l'économique, le social et l'écologique]. C'est fondamental, mais il y en a qui ne comprennent pas encore que, sans lui, les projets sont condamnés à échouer. Je veux démontrer qu'on ne peut pas faire du développement sans la culture.» Qui parle, on pourrait dire qu'il le fait pour sa «paroisse», car Michel Côté est directeur du Musée de la civilisation à Québec, récemment nommé après un séjour de dix ans à Lyon où il avait à coordonner l'érection du Musée des confluences, projet ambitieux qui nécessite la participation d'une ville, d'une communauté métropolitaine, d'un département et d'une région!
Mais le propos vaut: quels sont les projets d'un maire Tremblay ou Labeaume? Comment la mairesse de Sainte-Thérèse, ville qui accueille
cette année le colloque annuel de Les Arts et la Ville, entend-elle recentrer le développement de sa ville et consolider ses acquis? Dans tous les cas, par un retour, ou un détour, vers les arts et la culture.
Et notre mairesse, Sylvie Surprenant, fait sienne la thématique du colloque, «Liaisons heureuses», qui veut faire oeuvrer en harmonie éducation, culture et monde municipal: «C'est exactement sur la synergie entre ces trois axes, dit-elle, que nous avons assis le développement de Sainte-Thérèse. Nous avons établi un partenariat entre la municipalité, le milieu de l'éducation et les acteurs culturels du milieu, afin de créer un espace culturel qui nous est propre.»
Bien vivre
Et on découvre ainsi que les corporations municipales en nombre grandissant imposent des débordements à leurs gestionnaires dans le profil de description de leurs activités. Fini le temps où l'action des villes se limitait aux seules infrastructures, aux activités de sécurité, avec en prime quelques lieux de loisir accolés à quelque parc, car on a compris que les concitoyens veulent plus que des services, mais aussi un environnement où la qualité de vie ne se mesurerait pas qu'en nombre de patinoires ou de commerces de base.
On veut même aller plus loin. Et on veut que les jeunes aient accès aux activités de nature culturelle. Et si les grands centres ont une Place des arts ou un Palais Montcalm, ailleurs on a aussi des écoles, des centres culturels qui, dans les programmes de formation, peuvent s'inscrire en y déposant des activités ou en ouvrant leurs portes sur les expositions et les conférences qui y sont produites.
Et si cela fonctionne, il ne restera plus un jour qu'à vouloir rêver de villes belles. Québec, le gouvernement, élabore un projet de loi où le mot «paysage» décrit ainsi plus large que ce que l'appellation détermine en géographie classique. Et si cela est, on pourra dire qu'au Québec «il fait bon vivre».
Comme le dit Jean Fortin, maire de la ville de Baie-Saint-Paul et coprésident du conseil d'administration de Les Arts et la Ville, «souvent, lorsqu'on met les ressources en commun, on arrive à faire émerger des projets plus mobilisateurs. Les projets artistiques et culturels participent à la cohésion d'un milieu, au sentiment d'appartenance d'une collectivité.»
La ville est devenue beaucoup plus qu'une simple accumulation de résidences et de commerces.
Au nord de Lanaudière, qu'est-ce qui différencie Saint-Côme de Saint-Jean-de-Matha ou de Saint-Alphonse-de-Rodriguez? Si ces villes ou villages ou paroisses ont des frontières communes, étant chacun un lieu de villégiature, avec des lacs et des plans d'eau attenants ou à proximité, le premier se fait fort de son festival de sculptures sur glace et de sa «Rivière en chansons», quand le deuxième parle d'un de ses fils, ici l'homme fort qu'était Louis Cyr, et que le dernier annonce année après année ses soirées de musique et de chansons dans la vieille église.
Car, si les grandes villes de ce monde sont d'abord culturelles — et qui visite Paris ne le fait pas d'abord pour la tour Montparnasse et les différents sièges sociaux qui s'agglutinent autour de la place de la Défense — la culture comme les arts et ses manifestations sont aussi un outil privilégié par les agglomérations de petite taille pour se donner une identité.
Et certains iront à l'île d'Orléans parce qu'elle fut célébrée par un Félix Leclerc, comme d'autres poursuivront leur route jusqu'à Saint-Jean-Port-Joli, qui fut rendue célèbre par une famille Bourgault (un héritage qu'un des fils, Pierre, fait perdurer avec une école de sculpture et un centre associé, l'Est-Nord-Est).
Et, l'été venu dans certains cas, quand ce n'est pas à l'occasion de la froidure hivernale, villes et villages affichent en succession festivals et autres manifestations culturelles, quand ce n'est pas, comme à Saint-Tite-des-Caps, un rodéo qui est devenu dans cette discipline un incontournable. Et celle qui se dit capitale de l'industrie, Shawinigan, propose aujourd'hui avec fierté centre d'expositions et site de spectacles.
Culture et... éducation
«La culture, c'est le quatrième pilier du développement durable [les trois autres étant l'économique, le social et l'écologique]. C'est fondamental, mais il y en a qui ne comprennent pas encore que, sans lui, les projets sont condamnés à échouer. Je veux démontrer qu'on ne peut pas faire du développement sans la culture.» Qui parle, on pourrait dire qu'il le fait pour sa «paroisse», car Michel Côté est directeur du Musée de la civilisation à Québec, récemment nommé après un séjour de dix ans à Lyon où il avait à coordonner l'érection du Musée des confluences, projet ambitieux qui nécessite la participation d'une ville, d'une communauté métropolitaine, d'un département et d'une région!
Mais le propos vaut: quels sont les projets d'un maire Tremblay ou Labeaume? Comment la mairesse de Sainte-Thérèse, ville qui accueille
cette année le colloque annuel de Les Arts et la Ville, entend-elle recentrer le développement de sa ville et consolider ses acquis? Dans tous les cas, par un retour, ou un détour, vers les arts et la culture.
Et notre mairesse, Sylvie Surprenant, fait sienne la thématique du colloque, «Liaisons heureuses», qui veut faire oeuvrer en harmonie éducation, culture et monde municipal: «C'est exactement sur la synergie entre ces trois axes, dit-elle, que nous avons assis le développement de Sainte-Thérèse. Nous avons établi un partenariat entre la municipalité, le milieu de l'éducation et les acteurs culturels du milieu, afin de créer un espace culturel qui nous est propre.»
Bien vivre
Et on découvre ainsi que les corporations municipales en nombre grandissant imposent des débordements à leurs gestionnaires dans le profil de description de leurs activités. Fini le temps où l'action des villes se limitait aux seules infrastructures, aux activités de sécurité, avec en prime quelques lieux de loisir accolés à quelque parc, car on a compris que les concitoyens veulent plus que des services, mais aussi un environnement où la qualité de vie ne se mesurerait pas qu'en nombre de patinoires ou de commerces de base.
On veut même aller plus loin. Et on veut que les jeunes aient accès aux activités de nature culturelle. Et si les grands centres ont une Place des arts ou un Palais Montcalm, ailleurs on a aussi des écoles, des centres culturels qui, dans les programmes de formation, peuvent s'inscrire en y déposant des activités ou en ouvrant leurs portes sur les expositions et les conférences qui y sont produites.
Et si cela fonctionne, il ne restera plus un jour qu'à vouloir rêver de villes belles. Québec, le gouvernement, élabore un projet de loi où le mot «paysage» décrit ainsi plus large que ce que l'appellation détermine en géographie classique. Et si cela est, on pourra dire qu'au Québec «il fait bon vivre».
Comme le dit Jean Fortin, maire de la ville de Baie-Saint-Paul et coprésident du conseil d'administration de Les Arts et la Ville, «souvent, lorsqu'on met les ressources en commun, on arrive à faire émerger des projets plus mobilisateurs. Les projets artistiques et culturels participent à la cohésion d'un milieu, au sentiment d'appartenance d'une collectivité.»
La ville est devenue beaucoup plus qu'une simple accumulation de résidences et de commerces.








