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Chers gens d'affaires, c'est à votre tour...

«Il faut vraiment rassembler les forces économiques autour des arts»

Michel Leblanc, Louise Roy et les quatre récipiendaires<br />
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir Michel Leblanc, Louise Roy et les quatre récipiendaires
Le milieu de la culture parfois se désespère: le gouvernement Harper n'est-il pas au pouvoir? Mais le milieu des affaires se veut rassurant: la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et le Conseil des arts de Montréal ne sont-ils pas associés et n'ont-ils pas signé mardi dernier une soirée conjointe où ils remettaient les prix Arts-Affaires? Quand l'art est aussi une affaire de bénévolat.

«Ce sont les arts et l'industrie culturelle qui font rayonner Montréal à l'échelle internationale. Ce sont aussi les arts et l'industrie culturelle qui, par leurs activités, insufflent une vie à Montréal et contribuent à maintenir l'esprit de communauté. Ce sont là des contributions du milieu des arts à la communauté montréalaise dont les gens d'affaires profitent. Si ces derniers en prenaient davantage conscience, ils seraient plus enclins à soutenir les arts.»

Qui dit cela? Un artiste qui voudrait justifier le travail, voire l'investissement, de toute une vie? Eh non! C'est un homme d'affaires, et non des moindres, car Bernard Poulin, celui qui dépose ces propos, est le président et le chef de la direction d'une firme aux tentacules internationaux: S. M. International inc. est actif dans 39 pays et la valeur des projets en cours s'établit à 11 milliards. Et si des affaires on peut, sans douter devant un tel bilan, dire qu'il en connaît la nature, il est aussi celui qui comprit vite que l'activité artistique, si elle a des objectifs autres, a toutefois une utilité qui n'est en rien secondaire.

Aussi, que son groupe ait vu une oeuvre reconnue, recevant en 2011, de la chambre et du conseil montréalais, le prix Arts-Affaires réservé aux grandes entreprises, allait ici comme de soi, même si dans la liste des finalistes de ce groupe figuraient des banques: la Nationale, la Laurentienne et la Scotia, comme Bell, Rio Tinto Alcan, Première Moisson, McKinsey, PriceWaterhouseCoopers et le Palais des congrès. L'appui accordé au Festival du nouveau cinéma avait été jugé remarquable.

Bénévolat

Pourtant, comme le dit un autre, la «personnalité» du même concours, «on croit trop souvent qu'il faut être riche à millions pour appuyer la culture. Ce n'est pas vrai et c'est un message que j'essaye tous les jours de faire passer dans le milieu des affaires». Et Jean-Pierre Desrosiers a ainsi fréquenté, de façon utile, pourrait-on dire, les Édouard Lock, Cirque Éloize et Angèle Dubeau.

D'ailleurs, quand on voit le travail qu'opère un organisme comme Bénévoles d'affaires, quand Michelle Cormier, récipiendaire du prix pour la catégorie ainsi nommée (et une première dans l'histoire de ce prix), témoigne du plaisir et de la nécessité d'un engagement dans le milieu artistique, tout comme lorsqu'on enregistre que les Laoun sont «sortis» de la vitrine de leur centre optique de la rue Saint-Denis pour aller remettre un prix du «très court métrage» à Oboro, on peut croire qu'il y espoir pour le milieu artistique. D'autant plus que, au-delà des dollars, ils et elles sont plus d'un et d'une à intervenir dans la gestion des organismes.

Et les millions de demain


Mais cela suffira-t-il? Pour les grandes entreprises culturelles, d'un musée à un orchestre, sans parler du cinéma, du théâtre comme du film, on met en colonnes des chiffres qui dépassent souvent les dizaines de millions de dollars. Et de telles sommes — car n'est pas Bill Gates qui le veut — dépasseront toujours celles que l'homme d'affaires d'ici, le mieux intentionné soit-il, pourra se permettre de sortir de sa «petite caisse» pour soutenir financièrement la création et la culture.

Aussi verrons-nous demain, en ces jours où politiquement «le temps change» et les craintes du milieu culturel s'affichent, s'il est question du financement étatique des organismes, verrons-nous le milieu demander que les gens d'affaires intercèdent auprès du pouvoir en place, lui qui dans le passé a mis à mal les offices de tournées comme les programmes de soutien à plus d'un secteur de l'activité culturelle et qui laisse entendre que, maintenant majoritaire, il pourrait poursuivre sur sa lancée en déposant des actions toujours néfastes pour une véritable vie culturelle.

Pour l'instant, toutefois, félicitons-nous que des gens d'affaires comprennent la nécessité, dans une grande société, de la présence de l'art et de la culture. Et souhaitons que soient entendus les propos de Louise Roy, la présidente du Conseil des arts de Montréal: «Plusieurs initiatives ont été prises ces dernières années à Montréal pour rapprocher le milieu des affaires du milieu culturel. Je crois que nous sommes rendus à passer à une autre étape. Il faut vraiment rassembler les forces économiques autour des arts et je crois que c'est une année propice pour le faire. On sent que ça va mieux sur le plan économique, donc les entreprises pourront poursuivre leurs investissements. Pour celles qui n'ont pas encore commencé à investir, ce sera le moment idéal de le faire.»
 
 
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