Prix grande entreprise - «Les arts et l'industrie culturelle font rayonner Montréal à l'échelle internationale»
Le Groupe SMi soutient présentement huit organismes culturels
Le lauréat cette année du prix Arts-Affaires dans la catégorie «Grande Entreprise» est la firme de génie Groupe S. M. International inc. (SMi). Pour son président et directeur général, Bernard Poulin, le soutien aux arts est une chose toute naturelle.
«J'ai toujours pensé que les arts étaient un complément salutaire pour une personne qui, comme moi, exerce un métier de chiffres, comme celui d'ingénieur, raconte Bernard Poulin. Et puis, au fond, le lien entre le domaine des arts et celui des sciences est plus fort qu'on ne le pense. J'ai toujours admiré la sensibilité des artistes, qui sont des gens de coeur et de fond qui, trop souvent, créent malgré le peu d'argent.»
Cette admiration pour les artistes ne date pas d'hier. «Quand j'étais étudiant à l'université, je travaillais l'été pour mon père, qui était avocat. Son cabinet avait pour voisin un atelier d'artiste-peintre. J'y allais souvent afin de regarder cet artiste peindre et de discuter avec lui. C'est sans doute de ce premier contact avec cet artiste que m'est venu mon intérêt pour les arts.»
Un intérêt qui depuis ne s'est jamais démenti et qui a même infiltré sa vie personnelle. «Ma première épouse est une artiste-peintre et ma seconde, une comédienne. On peut dire que les arts ont toujours été près de moi.»
Soutien aux arts
Dès qu'il en a les moyens financiers, Bernard Poulin achète des tableaux. Son intérêt pour les arts visuels attire l'attention du Musée des beaux-arts de Sherbrooke, qui lui demande son soutien. «Comme je suis natif de Sherbrooke, j'ai accepté. C'était la première fois qu'un organisme culturel m'approchait. Mon soutien s'est traduit par la création de la Fondation du Musée des beaux-arts de Sherbrooke.»
Si aujourd'hui Bernard Poulin n'est plus présent dans cette fondation, son intérêt pour les arts visuels n'a pas fléchi, mais le véritable collectionneur est devenue son entreprise. «J'ai toujours une collection personnelle, mais la plus belle et la plus grande collection est celle de mon entreprise.»
De fil en aiguille, d'autres organismes culturels ont frappé à la porte de son entreprise pour obtenir son soutien. «Au départ, c'était souvent du cas-par- cas, mais, avec le temps, on s'est mieux structuré. On a mis en place un comité qui reçoit les demandes et me fait des recommandations.» Le Groupe SMi soutient présentement environ huit organismes culturels et y consacre une somme annuelle de 350 000 $. Parmi ces organismes, notons, entre autres, la présence du Théâtre Prospéro, du Festival du nouveau cinéma et de l'Orchestre symphonique de Longueuil.
«Au fil des ans, j'ai compris qu'il ne fallait pas trop s'éparpiller en voulant aider trop d'organismes à la fois. Il est préférable de choisir quelques organismes culturels auxquels on accorde son soutien, plutôt d'essayer d'en faire trop. Mais ce soutien doit être régulier et constant. Car ce qui est important pour un organisme culturel, c'est de savoir que vous serez au rendez-vous pour leurs prochaines saisons. Cela ne veut pas dire qu'on ne doit pas accueillir d'autres demandes, mais, dans ce cas, il faut le faire de manière ponctuelle.»
Le lien arts-affaires
Malgré les progrès réalisés ces dernières années qui ont permis un plus grand rapprochement entre le milieu des affaires et celui des arts à Montréal, Bernard Poulin croit que le milieu des affaires montréalais pourrait en faire davantage qu'il n'en fait maintenant.
«Ce sont les arts et l'industrie culturelle qui font rayonner Montréal à l'échelle internationale. Ce sont aussi les arts et l'industrie culturelle qui, par leurs activités, insufflent une vie à Montréal et contribuent à maintenir l'esprit de communauté. Ce sont là des contributions du milieu des arts à la communauté montréalaise dont les gens d'affaires profitent. Si ces derniers en prenaient davantage conscience, ils seraient plus enclins à soutenir les arts.»
Mais le blâme ne repose pas uniquement sur le milieu des affaires. Le milieu artistique a, lui aussi, des efforts à faire. «Les milieux artistiques sont souvent méfiants à l'égard du milieu des affaires. Par exemple, je trouve qu'il n'y a pas assez de gens d'affaires qui siègent aux conseils d'administration des organismes culturels. Pourtant, il y a beaucoup plus de gens d'affaires qui sont prêts à s'engager dans la culture qu'on ne le pense. De plus, il est très intéressant et stimulant pour les gens d'affaires de se rapprocher du milieu culturel. Je pense que le conseil d'administration d'un organisme culturel devrait être représentatif de la société dans laquelle il oeuvre. La prédominance artistique au sein du conseil d'administration est obligatoire, mais la présence de gens d'affaires m'apparaît être un atout pour un organisme culturel. C'est une idée qu'on devrait planter et faire germer au sein des organismes culturels.»
Ce rapprochement entre le milieu des arts et le milieu des affaires s'inscrit dans une philosophie sociale plus large qui est celle qu'embrasse Bernard Poulin. «Il semble qu'on perd un peu au Québec le sens de la communauté. Mais de quoi est fait le tissu communautaire? De gens d'horizons différents, qu'ils soient artistes, scientifiques ou gens d'affaires, qui d'abord se parlent et ensuite s'entraident. Il faut du donnant-donnant pour tisser une communauté. Et le lien entre le milieu des affaires et le milieu des arts, c'est aussi du donnant-donnant. Le soutien du milieu culturel par le milieu des affaires contribue à créer et à maintenir le sens de la communauté de la société dans laquelle nous vivons tous.»
***
Collaborateur du Devoir
«J'ai toujours pensé que les arts étaient un complément salutaire pour une personne qui, comme moi, exerce un métier de chiffres, comme celui d'ingénieur, raconte Bernard Poulin. Et puis, au fond, le lien entre le domaine des arts et celui des sciences est plus fort qu'on ne le pense. J'ai toujours admiré la sensibilité des artistes, qui sont des gens de coeur et de fond qui, trop souvent, créent malgré le peu d'argent.»
Cette admiration pour les artistes ne date pas d'hier. «Quand j'étais étudiant à l'université, je travaillais l'été pour mon père, qui était avocat. Son cabinet avait pour voisin un atelier d'artiste-peintre. J'y allais souvent afin de regarder cet artiste peindre et de discuter avec lui. C'est sans doute de ce premier contact avec cet artiste que m'est venu mon intérêt pour les arts.»
Un intérêt qui depuis ne s'est jamais démenti et qui a même infiltré sa vie personnelle. «Ma première épouse est une artiste-peintre et ma seconde, une comédienne. On peut dire que les arts ont toujours été près de moi.»
Soutien aux arts
Dès qu'il en a les moyens financiers, Bernard Poulin achète des tableaux. Son intérêt pour les arts visuels attire l'attention du Musée des beaux-arts de Sherbrooke, qui lui demande son soutien. «Comme je suis natif de Sherbrooke, j'ai accepté. C'était la première fois qu'un organisme culturel m'approchait. Mon soutien s'est traduit par la création de la Fondation du Musée des beaux-arts de Sherbrooke.»
Si aujourd'hui Bernard Poulin n'est plus présent dans cette fondation, son intérêt pour les arts visuels n'a pas fléchi, mais le véritable collectionneur est devenue son entreprise. «J'ai toujours une collection personnelle, mais la plus belle et la plus grande collection est celle de mon entreprise.»
De fil en aiguille, d'autres organismes culturels ont frappé à la porte de son entreprise pour obtenir son soutien. «Au départ, c'était souvent du cas-par- cas, mais, avec le temps, on s'est mieux structuré. On a mis en place un comité qui reçoit les demandes et me fait des recommandations.» Le Groupe SMi soutient présentement environ huit organismes culturels et y consacre une somme annuelle de 350 000 $. Parmi ces organismes, notons, entre autres, la présence du Théâtre Prospéro, du Festival du nouveau cinéma et de l'Orchestre symphonique de Longueuil.
«Au fil des ans, j'ai compris qu'il ne fallait pas trop s'éparpiller en voulant aider trop d'organismes à la fois. Il est préférable de choisir quelques organismes culturels auxquels on accorde son soutien, plutôt d'essayer d'en faire trop. Mais ce soutien doit être régulier et constant. Car ce qui est important pour un organisme culturel, c'est de savoir que vous serez au rendez-vous pour leurs prochaines saisons. Cela ne veut pas dire qu'on ne doit pas accueillir d'autres demandes, mais, dans ce cas, il faut le faire de manière ponctuelle.»
Le lien arts-affaires
Malgré les progrès réalisés ces dernières années qui ont permis un plus grand rapprochement entre le milieu des affaires et celui des arts à Montréal, Bernard Poulin croit que le milieu des affaires montréalais pourrait en faire davantage qu'il n'en fait maintenant.
«Ce sont les arts et l'industrie culturelle qui font rayonner Montréal à l'échelle internationale. Ce sont aussi les arts et l'industrie culturelle qui, par leurs activités, insufflent une vie à Montréal et contribuent à maintenir l'esprit de communauté. Ce sont là des contributions du milieu des arts à la communauté montréalaise dont les gens d'affaires profitent. Si ces derniers en prenaient davantage conscience, ils seraient plus enclins à soutenir les arts.»
Mais le blâme ne repose pas uniquement sur le milieu des affaires. Le milieu artistique a, lui aussi, des efforts à faire. «Les milieux artistiques sont souvent méfiants à l'égard du milieu des affaires. Par exemple, je trouve qu'il n'y a pas assez de gens d'affaires qui siègent aux conseils d'administration des organismes culturels. Pourtant, il y a beaucoup plus de gens d'affaires qui sont prêts à s'engager dans la culture qu'on ne le pense. De plus, il est très intéressant et stimulant pour les gens d'affaires de se rapprocher du milieu culturel. Je pense que le conseil d'administration d'un organisme culturel devrait être représentatif de la société dans laquelle il oeuvre. La prédominance artistique au sein du conseil d'administration est obligatoire, mais la présence de gens d'affaires m'apparaît être un atout pour un organisme culturel. C'est une idée qu'on devrait planter et faire germer au sein des organismes culturels.»
Ce rapprochement entre le milieu des arts et le milieu des affaires s'inscrit dans une philosophie sociale plus large qui est celle qu'embrasse Bernard Poulin. «Il semble qu'on perd un peu au Québec le sens de la communauté. Mais de quoi est fait le tissu communautaire? De gens d'horizons différents, qu'ils soient artistes, scientifiques ou gens d'affaires, qui d'abord se parlent et ensuite s'entraident. Il faut du donnant-donnant pour tisser une communauté. Et le lien entre le milieu des affaires et le milieu des arts, c'est aussi du donnant-donnant. Le soutien du milieu culturel par le milieu des affaires contribue à créer et à maintenir le sens de la communauté de la société dans laquelle nous vivons tous.»
***
Collaborateur du Devoir








