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    Le Metropolitan Opera au cinéma - Un Rossini enlevant

    L’histoire, située au temps des croisades, est celle d’un comte très porté sur les femmes qui use de stratagèmes pour se rapprocher de la Comtesse Adèle, du château de Formoutiers. <br />
    Photo: Marty Sohl Metropolitan Opera L’histoire, située au temps des croisades, est celle d’un comte très porté sur les femmes qui use de stratagèmes pour se rapprocher de la Comtesse Adèle, du château de Formoutiers.
    Le Metropolitan Opera diffusait samedi dans les cinémas son spectacle sans doute le plus drôle de la saison 2010-2011, Le Comte Ory de Rossini. L'histoire, située au temps des croisades, est celle d'un comte très porté sur les femmes qui use de stratagèmes pour se rapprocher de la Comtesse Adèle, du château de Formoutiers.

    Adèle est éprise, mais plutôt du page du Comte, Isolier — un rôle chanté par une mezzo-soprano. Dans les grandes lignes, la vis comica du spectacle repose sur les déguisements du Comte Ory (en ermite au premier acte et en nonne au second). À la fin, le page l'emportera sur son maître.

    Le Met avait réuni «le» trio de choc — Juan Diego Florez, Diana Damrau et Joyce DiDonato — pour cet ouvrage enlevant. Tous sont des chanteurs parfaits et des acteurs hors pair. Le Comte Ory a également confirmé le flair du metteur en scène Bartlett Sher, venu de Broadway et qui signe au Met une troisième réussite, après Le Barbier de Séville et Les Contes d'Hoffmann. Sher, qui resitue l'action dans un théâtre du XVIIIe siècle, trouve le tempo théâtral parfait, contrairement au vidéaste Gary Halvorson, qui se plante en imprimant un montage qui surajoute un rythme frénétique à contretemps de celui de Rossini. De plus, comme ses plans sont majoritairement très proches, cette esthétique de clip vidéo cultivée dans les ensembles vocaux est fatigante pour le spectateur.

    C'est fort dommage, car, dans la fosse, Maurizio Benini, grand spécialiste rossinien, faisait monter la sauce sans en rajouter. Les comparses, aussi, étaient à l'avenant, avec la basse Michele Pertusi en tuteur et le grand baryton français Stéphane Degout en Raimbaud.

    Après Ludovic Tézier, impressionnant dans Lucia di Lammermoor, c'est la seconde parfaite «prise» du Met dans le vivier français. Par contre, sans enlever ses mérites à la contralto Susanne Resmark, on ne pouvait s'empêcher de penser à ce que ce spectacle aurait été avec Marie Nicole Lemieux dans le rôle de l'intendante Ragonde aux côtés de Florez, Damrau et DiDonato! Le Met, qui semble s'intéresser de près aux talents québécois, ne devrait vraiment pas laisser passer celui-là...












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