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Affaire Cantat - Un choix tragique

On a largement fait appel à la réhabilitation et au pardon pour expliquer l'invitation faite à Bertrand Cantat de participer à la prochaine mise en scène de Wajdi Mouawad. Mais on a oublié que la première est un principe, le second, une vertu. Ni l'un ni l'autre ne relèvent de l'automatisme. Et qu'il faut du temps pour les apprivoiser.

Si nous étions des dieux, ceux de la tragédie grecque, que rapporteraient les conteurs qui nous voient nous agiter autour de l'affaire Cantat? Insisteraient-ils sur le dieu qui tend la main à un ami pour l'aider à sortir du gouffre dans lequel il s'est lui-même enfoncé? Ou feraient-ils plutôt voir que ce dieu créatif, encensé de tout le panthéon, ne provoque la clameur que pour nourrir sa réputation de provocateur de génie.

Et la déesse bien vivante, bien vibrante, qui ouvre ses portes au duo vedette, apparaîtrait-elle comme bienveillante ou bien naïve? Quant aux pleureuses qui rappellent l'horrible mort d'une femme aimée, seraient-elles reléguées dans l'ombre ou bien le fil conducteur de la pièce qui se joue...

C'est celui qui raconte qui donne un sens à l'agitation. C'est là la force de l'art, comme le démontraient avec brio les textes de Francis Dupuis-Déri, avec Mélissa Blais, et Gilbert Turp que Le Devoir publiait hier dans sa page Idées. Sophocle lui-même, que Wajdi Mouawad mettra en scène au Théâtre du Nouveau Monde et ailleurs en y faisant participer Bertrand Cantat, guide la réflexion sur la place à donner ou pas à l'ancien chanteur de Noir Désir.

Mais nous ne sommes pas des dieux, nous sommes des humains que nul ne regarde. Et nous sommes pris entre le coeur, les principes, la justice, l'indignation — chacun de ces mots étant évoqués tant par ceux qui pleurent Marie Trintignant, battue à mort, défigurée, et à travers elle toutes les femmes battues d'hier et d'aujourd'hui, que par ceux qui croient que pour Bertrand Cantat, qui l'a tuée, la rédemption est possible, comme elle doit s'envisager chaque fois qu'un crime a été sanctionné.

Dans cette version moderne de la tragédie grecque, nous négligeons toutefois un facteur essentiel: le temps. Même une faute avouée n'est qu'à moitié pardonnée, souligne le proverbe. Le reste vient avec le recul. Justice et sentiment ne vont pas au même rythme.

Le Québec n'est pas contre la réhabilitation: personne n'a envie de lancer des pierres à Cantat. Mais ce qui est demandé au public, et imposé aux abonnés du TNM, c'est d'applaudir le Cantat qui sera sur scène, de surcroît dans un spectacle qui met en scène la force destructrice des hommes. C'est à juste titre source de malaise collectif. Car le sentiment au Québec, c'est de condamner avec force la violence faite aux femmes. Cela nous distingue, et il faut s'en féliciter, de bien d'autres sociétés, même de la France qui ne s'inquiète que depuis peu de ce problème, ce qui peut expliquer que là-bas on ait accueilli avec moins d'émoi le retour sur scène de Cantat. Les Québécois n'ont pas à s'excuser de leurs propres réticences.

On brise la carrière du chanteur, dit-on. Non. Il a brisé une vie, sa carrière est maintenant en suspens. D'autres gens qui ont posé des gestes criminels ne peuvent pas non plus redevenir les professeurs, médecins ou comptables qu'ils étaient avant. La réhabilitation est un long processus, exigeant pour la société mais aussi pour l'auteur du crime. C'est à lui de prouver par des mots, des engagements, des «gestes continus de bonté», disait cette semaine à la télévision Michel Dunn, lui-même meurtrier et repenti, que la société peut l'accepter. Le retour en grâce, qui ne fera par ailleurs jamais l'unanimité, existe, mais certainement pas dans la précipitation.

Ici, Bertrand Cantat ne parle pas, Wajdi Mouawad nous bouscule, Lorraine Pintal dénonce vertement les réactions, au nom de l'art comme catharsis. Mais il est trop tôt pour l'exorcisme auquel on nous invite. Que les intéressés l'admettent rapidement pour en contrer la récupération politique et la transformation en affaire d'État.

***

jboileau@ledevoir.com
 
 
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  • France Marcotte - Abonnée
    7 avril 2011 04 h 55
    Tu brûles, tu brûles...
    Comme dans le jeu de cache-cache des enfants, il me semble que nous approchons de ce qu'il y aurait à dire de cette affaire mais que nous ne mettons pas encore le doigt dessus.
    On tente, ou on est tenté de faire dévier le sujet sur une question de morale mais il me semble que ce n'est pas autant de Cantat qu'il faut parler que de l'auteur Wajdi Mouawad. Cantat, au fond, n'est qu'un personnage de son projet.
    Mais Mouawad a présumé de sa notoriété, a poussé la prétendue grandeur de son succès pour nous faire avaler ce qui nous hérisse, ce qui hérisse le sens commun. Et il se tait encore en grand génie incompris.
    Cet homme me choque bien plus que Cantat qui a simplement accepté une invitation. Mais on se plie un peu trop facilement aux présumées exigences de l'art, qui nous échapperaient.
    C'est l'attitude de l'auteur, qui a fait preuve d'une extrême vanité, qui a si mal vu en nous, qu'il faut interroger et ne pas laisser en tirer plus de gloire. Il faut parler des prétentions d'une élite autoproclamée.
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  • André Chevalier - Abonné
    7 avril 2011 06 h 42
    C'est de la provocation
    Le théâtre s'adresse aux émotions. Je serais incapable de vibrer aux performances artistique de Cantat en ayant à l'esprit que je suis en face d'un assassin. J'en aurais des nausées.
    Je ne veux pas essayer de composer entre ce qui relève de ma sensibilité et de mes goûts versus le droit à la réhabilitation.
    Cantat est marqué à vie, qu'il l'assume ! Ce n'est pas à moi à faire des efforts pour sa réhabilitation.
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  • Suzanne Bettez - Abonné
    7 avril 2011 07 h 12
    Que de clarté.
    Merci Josée Boileau. Je termine la lecture de votre papier sur le possible retour de Bertrand Cantat à la scène. J'en parlais justmement à des collègues avec qui je marche au travail, tiraillée entre le souhait de ne pas refaire un nouveau procès et respecter la mémoire d'une femme que le cancer n'a pas emporté, mais bien le geste violent d'un homme.

    En cette belle journée qui débute ici aujourd'hui, vous m'offrez un regard apaisant et cohérent sur la situation. Se donner du temps.

    Suzanne Bettez
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  • Roger Lapointe Roger Lapointe - Abonné
    7 avril 2011 07 h 29
    Brillante démonstration d'intelligence et de sensibilité.
    Que dire de plus?
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  • Bernard Gervais - Abonné
    7 avril 2011 08 h 14
    Très bon texte
    Excellent éditorial. surtout pour le dernier paragraphe. Les commentaires que vous faites en conclusion, je ne les ai trouvés dans aucun autre texte (reportage ou chronique) portant sur l'engagement de B. Cantat par le TNM !
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  • François Dugal - Abonné
    7 avril 2011 08 h 47
    Enrichissons notre vocabulaire
    Jugement-
    Action de se faire une opinion; manière de juger. Appréciation sur quelque chose; opinion, sentiment.
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    7 avril 2011 08 h 55
    Tout dépend du regard que l'on porte.
    L'un verra la femme battue et assassinée à coup de poings au visage. L'autre verra le pardon à accorder à un homme repentant qui veut se réhabiliter en remontant sur scène. Ce débat - que nous impose Wajdi - entre le Beau - la catharsis par l'art - et le Bien, ce qui est juste et bon, se débattait déjà dans la République de Platon. Et dans ce débat, le Bien l'emporta chez le philosophe. Pour Platon, le Beau est superficiel et surtout mensonger : le poète veut plaire, même au détriment du Bien et de la Vérité C'est Néron qui compose des vers devant Rome qu'il a mise en feu.

    Dans un pays où règne le conservatisme, la loi et l'ordre de Créon, il n'est pas surprenant de constater que le pardon soit si lent et l'art si prompt à être condamné.
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  • Fabienne Desbiens - Abonnée
    7 avril 2011 08 h 55
    Et la lumière fut...
    Et remerci Josée Boileau. Tiraillée depuis 3 jours entre ma croyance à la réhabilitation et le malaise profond que provoque cette histoire, je termine cet article soulagée et apaisée. Oui nous dénonçons collectivement la violence faite aux femmes, et c'est bien ainsi- malgré le ton parfois trop acrimonieux- et oui nous devons en être fiers. Pas de "féminisme violent" ici (dixit Serge Lama). D'ailleurs, est-ce que ça existe?
    La parole va maintenant aux protagonistes qui n'ont encore rien dit...
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  • Placide Couture - Abonné
    7 avril 2011 09 h 14
    Sortir des projecteurs
    Merci madame Boileau, vous m’avez aidé à réfléchir ce matin à propos de cette histoire de Bertrand Cantat au TNM. Vous m’avez aussi aidé à dissiper mon malaise. Je me suis recueilli sur la tombe de Marie Trintignant comme par hasard au cimetière du Père-Lachaise à Paris en 2009 et je me rappelle avoir été envahi d’une tristesse infinie en pensant à toute la souffrance mortelle qu’a vécue cette magnifique femme aux mains de ce fou furieux violent qui se disait son conjoint. Je revoyais aussi les larmes de sa mère et de son père Jean Louis Trintignant. Je ne veux pas trop pour l’instant m’arrêter sur cette horreur au masculin, mais plutôt sur votre réflexion sur les concepts de pardon et de réhabilitation, que je partage d’ailleurs. Cette façon intelligente de l’exprimer m’a permis de mieux comprendre. Puisqu’il nous faut bien maintenir notre espoir en l’homme pour continuer à vivre, je veux bien envisager comme possibles le pardon et la réhabilitation, mais avec le temps, beaucoup de temps. Je demande à Bertrand Cantat de sortir des projecteurs et de panser ses blessures avec dignité et humilité, un peu à l’écart, comme le ferait un animal blessé. Au lieu de s’étourdir et de nous étourdir par le son de sa musique rock, il pourrait réfléchir à toute la violence faite aux femmes et à toute la violence qu’il a d’ailleurs en lui-même.

    Un dernier mot à propos de Lorraine Pintal, la directrice du TNM. Je suis très déçu de cette femme que j’admirais. J’aimais son ouverture d’esprit et son franc parler mais son manque de respect à l’égard des autres et son manque de jugement me heurte profondément maintenant. Il me semble qu’on ne peut pas tout faire et tout dire sous prétexte que c’est de l’art. Il me semble que cette femme a quelque peu perdu contact avec la réalité. Elle aussi aurait intérêt à aller réfléchir dans un coin.
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  • Roland Berger - Abonné
    7 avril 2011 09 h 37
    Comme les accommodements raisonnables
    L'affaire Cantat offre une grande similitude avec l'affaire des accommodements raisonnables. Imposer aux spectateurs du TNM d'accueillir Cantat sous le couvert du pardon essentiel à la rédemption, c'est comme forcer les Québécois fraîchement libérés du joug du catholicisme d'accepter les ostensibles expressions de la foi musulmane. L'Histoire qui s'écrit à coups de ratures ne peut servir de guide aux générations futures.
    Roland Berger
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  • tohi1938 - Inscrit
    7 avril 2011 09 h 43
    Ah ces girouettes!
    Vous souvenez-vous du tollé au sujet de la libération toute légale de Vincent Lacroix après le sixième de sa peine?
    Personne ne s'est porté à sa défense, bien au contraire, en hurlant au scandale, et en le pourchassant pour qu'il aille se terrer loin des yeux du public.
    Doit-on donc penser en lisant cet article et les commentaires qui l'accompagnent que tuer en ruant de coups est de bien moindre importance une fois la libération accordée à ce chanteur à la moitié de sa peine?
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  • Anne-Louise Raymond - Abonnée
    7 avril 2011 14 h 04
    Deux questions
    Chère Josée Boileau, voilà LA réponse que j’attendais...

    Il est absolument louable que l'intelligentsia artistique, au sein d'un théâtre de premier plan, le TNM, se soit prononcée en faveur du double pari de Wajdi Mouawad - esthétique - suivre la consigne de Sophocle à sa manière propre - un rock puissant - et humain - la réhabilitation et le pardon.

    J'adhère profondément à la nécessité de reprendre la chaine de la vie après des épisodes de violence, courts ou longs, peu importe, ceux vécus par soi-même ou ceux que l'on a provoqués. Par ailleurs, le pardon ne m'appartient pas - il devrait être le fait de la victime ou en cas de son décès, à sa famille, à ses tout proches. La réhabilitation des personnes violentes et condamnées à ce titre doit, elle, se faire un long moment discrète - un meurtre et le meurtre d'une femme violentée par un homme - père, frère, ami, amoureux ou étranger - agresse toujours très fort psychiquement et socialement individus et collectivités.

    Mais deux questions me mobilisent et m'appellent à laisser le temps faire son oeuvre, comme nous y invite si justement Josée Boileau :
    Si le théâtre incarne une catharsis, un des paris au coeur de la démarche de W. M. peut-être, les spectateurs-trices, comme sujet, retraverserions-nous, au cours de ce moment théâtral ponctué en point d'orgue au plan sonore par Cantat, notre propre violence – et en deviendrions-nous meilleur-e, purgé-e de notre propre violence, notre propre haine? Être témoin de ce grand rockeur à la masse sonore puissante – et par ailleurs, meurtrier involontaire d’une femme, nous aiderait-il à retraverser notre violence? Être témoin – voyeur? – de sa propre catharsis... participer à la dénonciation incarnée par la pièce?


    Je juge donc sage le jugement de Josée Boileau – le temps fera son œuvre pour lui, pour moi, pour nous, collectivement. Cela n’a rien à voir avec la réhabilitation ni le pardon
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  • Gilles Bertrand - Abonné
    7 avril 2011 20 h 30
    Nous avons besoin du temps.
    Josée Boileau analyse avec une étonnante justesse la réaction dramatique du Québec à l'affaire Mouawad-Cantat.
    Il est juste qu’entre la captation de tout drame et notre réaction à celui-ci le temps dispose comme un coussin protecteur le riche matériel des pensées qui éclairent notre perception des choses, puis l’analyse et l’introspection qui tempèrent notre jugement et enfin le discernement qui affine notre vision des faits. C’est alors seulement que peut prendre place la sérénité qui nettoie les scories de notre exaspération et que nous devenons plus en mesure de vivre avec le «condamné», comme lui avec son souvenir.
    Le temps n’efface rien. Il aide notre compréhension en érodant les aspérités de nos émotions. Notre jugement alors dépêtré peut s’exercer sans condamner.
    Gilles Bertrand
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  • Louise Rioux - Abonné
    7 avril 2011 22 h 40
    L'injustice de la justice
    Le meurtrier a reçu une sentence de 8 ans, il en a purgé 4 et ensuite il a été libéré. Je ne comprends pas que pour un crime aussi crapuleux il ne recoive qu'une si petite sentence. Les voleurs de banque ont des condamnations beaucoup plus sévères et il n'ont fait que voler des voleurs.Je suis persuadée que si Cantat avait perpétué un vol de banque, même des millions, les gens ne feraient pas un tel tabac pour l'empêcher de se produire en spectacle. Certains disent qu'il a payé sa peine à la société .Mais c'est une énormité, même avec une condamnation à vie, les torts qu'il a causés aux 4 enfants et aux parents de la victimes sont irréparables. On ne peut que se révolter contre une telle injustice. J'essaie le plus possible d'éviter de voir des films de violence, je trouve cela trop dérangeant. Mais cette histoire est un fait vécu dans un pays civilisé, une histoire vraie. On entend les cris d'injustice de partout. D'après tous les commentaires que j'ai lus sur les blogues, le public réagit fortement à cette histoire d'horreur. Cette homme porte la violence en lui et je ne crois pas à sa réhabilitation.Ce genre de crime mérite une punition exemplaire, même la pire.
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  • Martin Dufresne - Abonné
    8 avril 2011 00 h 48
    Ne pas déplacer la parole et le pardon (ou non) des véritables survivant-es de ce meurtre
    Merci pour votre texte très juste, madame Boileau et qui recentre la perspective dans une affaire qu'il est un peu indécent de s'accaparer.
    Je crois que ce sont les survivant-es qui ont seuls le droit d'exercer ce pardon, cette rédemption, cet exorcisme que Mouawad et le TNM s'approprient. À ce titre, les quelques mots de Jean-Louis Trintignant hier (http://tinyurl.com/43kkout) sont bien plus crédibles que le ballon que l'on gonfle sous nos yeux.
    Un lien dont je n'ai vu personne parler est le rapport assez étrange de Mouawad à un catholicisme charismatique qui explique sans doute sa présomption de "sauver" Cantat (de lui-même). Voici ce qu'il écrivait il y treize ans, en 1998, dans le programme d'un Don Quichotte, monté au TNM: "...le lien le plus important s'est produit cet été lors d'un pèlerinage que j'ai fait avec Jean-François Casabonne : on a marché mille kilomètres en visitant toutes les églises, de Carleton à Montréal. [...] Au long de cette marche en prière, j'ai pris le temps de me pencher sur le personnage que j'aime le plus, le Christ, et sur ce qu'il a dit. La foi est chez moi tantôt affaire de volonté, tantôt affaire de grâce. » (Dans Pierre L'Hérault, "De Wajdi... à Wahab", JEU, no 11 (2004), page 100, note 15. - http://www.erudit.org/culture/jeu1060667/jeu111188
    À mon avis, ce rapport au Christ et à une vision romantique-héroïque du religieux est la véritable clé du choix par Mouawad d'un cas célèbre à "ressusciter". La volonté a sans doute outrepassé la grâce cette fois-ci.
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  • Jean-Yves Bégin - Abonné
    16 avril 2011 15 h 49
    JUSTICE POUR TOUS.

    Éditorial très juste, le ton à adopter: le temps à respecter, subtil défi.

    Et condamnons aussi TOUTES les violences. Aussi la violence faite à d'autres, La violence faite aux enfants. Et même la violence faite aux hommes. Violences tant sous-estimées qu'on verra des récidivistes libérés au sixième de leur peine revenir en commettre une autre...

    Cette question n'est pas légère.

    Et n'oublions pas que Wajdi demeure, lui aussi, en son enfance, une victime de la violence. Ce qui le place à part dans ce subtil débat...

    Josée Boileau à mon sens avec doigté clôt ici ce douloureux débat.
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