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Le retour de Bertrand et d'Antigone

Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l'UQAM et membre de l'Institut de recherches et d'études féministes - Écrit en collaboration avec Mélissa Blais  6 avril 2011  Actualités culturelles
Acte I

Le chœur: «Entendez la rumeur, citoyens et citoyennes de la Cité du Nouveau Monde. Le beau Bertrand, le plus étincelant des joyaux à l'est de l'Atlantique, revient au pays de ses frères, de ses amis, de ses camarades. Son retour est déjà acclamé par la foule. Il nous arrive, invité par Sophocle lui-même, afin d'insuffler un ton rock à une nouvelle tragédie qui raconte le récit d'une femme qui se rebelle contre la domination des hommes.»

Antigone: «Mais ce Bertrand, n'est-ce pas lui l'époux de ma soeur Marie? Cet époux dont les doigts savent si bien caresser les cordes de la harpe, n'est-ce pas lui qui a assassiné ma soeur, de ses propres mains?»

Le philosophe: «Oui, certes. Mais il était au loin, à Vilnus en Lituanie. Il y affrontait des périples nombreux, et de noirs désirs le hantaient. Et n'oublie pas que Bertrand est homme sensible, et si souvent triste et mélancolique.»

Antigone: «Si je dois célébrer quelqu'un, ce sera bien ma soeur morte, et non son assassin. Cette Cité est maudite si personne ne célèbre la mémoire des femmes tuées par des hommes. Or, qui porte leur deuil, qui ressent dans son corps la douleur des blessures dont elles sont mortes?»

Le philosophe: «Les dieux ont su punir Bertrand. Les archers lithuaniens se sont emparés de lui, puis les guerriers gaulois l'ont fait prisonnier. Il a passé quatre années dans les prisons de la Gaule. Il a payé et bien payé pour son crime.»

Le choeur: «Qu'est-ce que ce tumulte que l'on entend, porté par le vent? À l'horizon, les Amazones s'arment et se préparent à marcher sur la Cité du Nouveau Monde. Les Amazones, ces premières femmes rebelles... après Lilith, Ève et... Antigone. Encore une fois, les femmes font frémir la Cité du Nouveau Monde, nous rappelant que les fées ont toujours soif.»

Le philosophe: «Ah! ces femmes venues de Lesbos, ces femmes hideuses et frustrées qui ne connaissent rien à l'art, ces femmes rongées par la haine des hommes, ces femmes qui ne connaissent que le ressentiment. Elles viennent encore nous tourmenter.»

Antigone: «Par delà les murs de cette Cité, ce sont bien elles mes véritables soeurs, mes amies, mes concitoyennes. Elles connaissent bien les hommes de cette Cité. Elles savent qu'à chaque nouvelle lune, un homme tue une femme. Elles savent que la Cité en fait toujours porter le blâme à Dyionisos ou Aphrodite, qui lui auraient fait perdre la tête, l'un avec le vin, l'autre avec l'amour. Elles savent que tous ceux qui meurent pour la Cité sont vénérés pour leur sacrifice, mais que les femmes tuées par des hommes n'ont pas droit à un deuil national.»

Le philosophe: «Il faut plus que jamais rester unis, face à la menace des Amazones. Il faut savoir préserver la distinction entre le beau, d'une part, et le ressentiment mal fondé, de l'autre. Et il convient de remercier comme il se doit Sophocle d'avoir invité son ami Bertrand, et d'accueillir ce dernier avec les hommages qui lui sont dus.»

Antigone: «Si la Cité célèbre sa venue, la mémoire de ma soeur sera une fois de plus assassinée. Je refuse de prendre part à pareilles cérémonies. Ce sont celles pour ma soeur Marie que je vais plutôt célébrer.»

Le philosophe: «Comment oses-tu te rebeller contre les lois de ta Cité?»

Le choeur: «Devant l'arrogance d'Antigone explose la colère de Melpomène, fille de Zeus, muse du chant et protectrice de Bertrand. Melpomène hait l'impudence des mortels qui osent perturber l'harmonie du chant, qui osent prétendre qu'il y a quelque chose de plus important que l'art. Mais Némesis, déesse de la juste colère et dont le visage orne le bouclier de chaque Amazone, s'élève devant Melpomène les yeux comme des volcans. "N'entends-tu pas, tonne-t-elle, la colère des femmes de la Cité, humiliées et blessées par cette nouvelle?"»

Antigone: «C'est décidé, je refuse de participer aux cérémonies de la Cité du Nouveau Monde et je vais célébrer le rituel funéraire à la mémoire de ma soeur Marie. Les femmes de la Cité lui érigeront un monument, dans le cimetière des femmes tuées par des hommes.»

Le philosophe: «Mais tu dois obéir aux lois de ta Cité, qui disent qu'un homme qui a payé sa peine peut redevenir un citoyen respectable.»

Antigone: «Je refuse de respecter cette loi, si elle signifie que cet homme sera acclamé comme un génie, tandis que la mémoire de ma soeur Marie sera abandonnée aux limbes de l'oubli.»

Acte II

Le choeur: «À l'agora, la foule s'est massée pour accueillir Bertrand et assister au spectacle mis en scène par Sophocle. Mais il n'y a aucune femme dans la foule, et la moitié des sièges sont vides. Les femmes en colère, tristes et blessées, se sont rassemblées au cimetière des femmes tuées par des hommes.»

Le prophète: «Sophocle, tu dois respecter les lois de la déesse Némesis, et non seulement celles de la muse Melpomène.»

Le garde: «Alerte! Alerte! Les Amazones arrivent. Les plus courageuses sont déjà aux pieds des murs de la Cité.»

Le choeur: «Némesis pousse, au-dessus de l'agora, des nuages sombres. Elle cherche Antigone, qui ne semble nulle part. Furieux, son oncle Créon lui a interdit de sortir du logis familial et de participer aux activités publiques. Antigone, pauvre Antigone. Elle n'a pu célébrer la mémoire de sa soeur Marie, ni même participer aux célébrations du retour de Bertrand. Elle n'a pas pu rejoindre non plus les Amazones qui assiègent la Cité et qui troublent le spectacle de leurs cris de colère. Alors que Bertrand de ses doigts doux caresse les cordes de sa harpe, l'oncle d'Antigone la tue à coups de poing. Cette nuit sera celle d'une nouvelle lune. De la nouvelle tragédie de Sophocle, Antigone n'aura donc jamais entendu ces répliques:

Antigone: "Veux-tu faire plus que me tuer, m'ayant prise?"

Créon: "Rien de plus. Ayant ta vie, j'ai tout ce que je veux."

[...]

Antignone: "Je suis née non pour une haine mutuelle, mais pour un amour mutuel."

Créon: "Si ta nature est d'aimer, va chez les morts et aime-les. Tant que je vivrai, une femme ne commandera pas."»

***

Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l'UQAM et membre de l'Institut de recherches et d'études féministes - Écrit en collaboration avec Mélissa Blais
 
 
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  • René Bolduc - Abonné
    6 avril 2011 06 h 31
    Le théâtre total
    Voilà bien le commentaire le plus lumineux que j'ai entendu depuis le début de cette débâcle médiatique.

    Et si le meilleur effet de cette tragédie était d'avoir étendu le théâtre à la société entière, la blogosphère étant le choeur commentant l'action, n'est-ce pas là un des fantasmes enfin réalisés par quelques metteurs en scène ?
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  •  
  • Michel Paillé - Abonné
    6 avril 2011 08 h 07
    Tragédie

    Bravo, tout simplement bravo. Et merci infiniment.

    Michel Paillé, Québec

    http://michelpaille.com
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  • Hélène Morin - Abonnée
    6 avril 2011 08 h 29
    Le souffle
    D'accord avec M. René Bolduc, quel beau texte et quelle façon de répondre à Mme Pintal sur son propre terrain. L'art n'est pas un fin en soi. Antigone se lève pour protester au nom de ses soeurs. Un grand moment de lecture et d'émotions. Repose en paix Marie...
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  • Marie-Claude Trepanier - Abonnée
    6 avril 2011 09 h 13
    Merci!
    Ce texte devrait être lu en public!
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  • Geneviève Laplante - Abonnée
    6 avril 2011 09 h 27
    La tragédie grecque actualisée
    Cet article est une pure merveille de sensibilité, d'allusion, de souvenir, de principe, d'évocation, de morale, de prise de conscience enfin.

    Il ne sert à rien de prétendre partager les malheurs de toutes les femmes de la terre si une directrice de théâtre ne sait pas que Bertrand Cantat n'a donné que quatre ans de sa vie pour en avoir volé plus de quarante à la femme qu'il... aimait. Il y aurait de quoi se lever en bloc pour interdire les frontières québécoises à cet assassin trop connu par rapport à ses «mérites». Tout se paie, dit-on? Que Marie repose en paix et qu'on abandonne son meurtrier à ses fureurs aveugles, loin de chez nous.
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  • GAIAGENAIRE - Inscrit
    6 avril 2011 09 h 33
    Du même auteur, mais plus tard
    " Mes actes, je les ai subis et non commis, s'il m'est permis d'évoquer
    ceux de mes père et mère...j'ai subis des épreuves qui ne s'oublient pas." Oedipe par Sophocle.
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  • Yvan Guay - Abonné
    6 avril 2011 10 h 31
    Merci
    Merci Monsieur Dupuis-Déri (et Madame Blais)
    Vos textes sont toujours aussi éclairés qu'édifiants.
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  • Dominique Garand - Abonné
    6 avril 2011 11 h 14
    Beau texte mais...
    ... qui s'appuie sur des prémisses fausses.

    Premièrement, il n'est nullement question de célébrer Cantat comme un génie et d'acclamer sa venue, surtout pas avant d'avoir entendu son apport musical à cette pièce.

    Deuxièmement, il ne s'agit aucunement de mettre en vedette Cantat pour mieux oublier Marie Trintignant. L'opposition créée par le texte entre les deux cultes (celui réservé au meurtrier par le «pouvoir» et celui de la victime, dont s'occuperaient les femmes en colère) est totalement factice.

    Troisièmement, il est faux de prétendre que l'institution (ici représentée par le metteur en scène et le TNM) place l'art au dessus de tout. Dans le cas présent, l'art a précisément pour fonction d'interpeler notre conscience humaine, et ce jusqu'à des contradictions qui confinent à l'intolérable.

    Le texte manipulateur de Dupuis-Déry brosse le portrait d'un Cantat qui arriverait ici en se pétant les bretelles et en se réfugiant derrière son art pour mieux se moquer de celle qu'il a tuée. Je ne souscris pas à ce manichéisme bien-pensant.

    Dans «Oedipe à Colonne, Antigone accompagne son vieux père devenu aveugle, lui qui a pourtant tué son propre père et occasionné la mort de sa mère. Le tragique que cherche à cerner Sophocle ne trouve pas son apaisement dans l'esprit juridico-moral que nous propose Dupuis-Déry.
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  • Corinne T. - Inscrit
    6 avril 2011 11 h 25
    Un souffle de dignité
    Faut-il traverser l'Atlantique pour sentir un souffle de liberté et de dignité ?
    Depuis la la mort de Marie Trintignant, le suicide de Kristina Rady, la femme de Bertrand Cantat, il n'y a jamais eu de texte si puissant publié dans la presse française.
    Puissiez-vous source d'inspiration et de combat dans l'hexagone !
    Merci.
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  • Vincent Collard - Abonné
    6 avril 2011 11 h 50
    Dieu merci, nous ne sommes plus à l'Antiquité
    @ FDD : Bravo pour ce très beau texte. Heureusement, nous avons évolué depuis l'Antiquité, et nous ne confondons plus justice et vengeance.
    @Hélène Morin : désolé de vous contredire, mais : Oui, l'art est une fin en soi, et l'art doit être libre de toute entrave, car c'est lui qui permet aux consciences d'évoluer. Le présent débat en est la preuve.
    @ Isabelle Larin : votre argument ne tient pas. En matière de revenus aux guichets, le TNM a beaucoup plus à perdre qu'à gagner avec cette controverse. Le nom de Wajdi Mouawad suffit amplement à remplir la salle à guichet fermé. Il est bien plus célèbre que Bertrand Cantat, ici. Moi-même, je ne me serais jamais souvenu du nom de cette petite rock-star si les médias ne nous le chantaient pas sur tous les tons depuis trois jours...
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    6 avril 2011 12 h 34
    Platon ne s'y retrouverait pas
    Le texte est beau, je vous en félicite, mais le rôle du philosophe y est horriblement réactionnaire : il fait dominer le Beau sur le Bien, les lois de la Cité sur les lois sacrées, il oppose les Amazones, guerrières féministes, aux forces de l'ordre. Le philosophe est donc au service du Pouvoir, et ce Pouvoir est mâle. Qu'en dirais Nietzsche ? Ou Sartre ?
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  • jfvallee - Inscrit
    6 avril 2011 12 h 41
    Cantat n'est pas Oedipe...
    @Dominique G. Tu oublies un petit détail: Oedipe n'était pas conscient d'avoir commis ces "crimes" (comme tu le sais bien, il avait tué son père par "légitime défense" et couché avec sa mère sans savoir qu'il s'agissait de sa mère). Et, lorsqu'il découvre sa culpabilité, il se livre à certains sévices sur sa propre personne... Doit-on en attendre autant de Cantat sur scène dans la "Cité du Nouveau Monde"?
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  • Georges Kanoute - Inscrit
    6 avril 2011 13 h 42
    Quel est le vrai débat ici?
    Je suis entièrement d'accord avec le commentaire de Dominique Garand. Je ne vois pas pourquoi M.Dupuis-Déry et Mme Blais se sentent obligés de créér une fausse dichotomie afin de justifier leurs arguments. Si le geste de M. Cantat est impardonnable comme vous semblez croire, il aurait fallu lui donner la peine de mort pour en finir avec ce débat, non? Eh bien, si votre réponse est non, laissez-le faire sa musique (qui est après tout sa profession depuis plus de deux décénnies et aussi son gange-pain) et jugez la musique.

    Par contre, il me semble que le vrai débat que vous voulez ammener (mais que vous essayez de masquer en essayant d'être "smatte" avec votre parodie d'Antigone) c'est la question de la peine: est-ce que 4 ans ont suffit? Vous croyez que non (et là je suis même d'accord) et vous voulez boycotter la personne de Bertrand Cantat parce que la justice Lithuanienne fait défaut.

    SVP, soyez clairs et honnêtes quand vous vous lancez dans le débat public.
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  • Mikaelle Monfort - Inscrit
    6 avril 2011 14 h 10
    La voix d'Antigone
    Bien vu. Depuis le début de cette lamentable histoire on entendait en effet s'élever la voix d'Antigone, merci de l'avoir transcrite.

    Quant à Oedipe, rappelons simplement que ''le vieux père'' d'Antigone n'est pas ''devenu aveugle''...Il s'est lui-même crevé les yeux après avoir appris qu'il avait (volontairement mais) sans le savoir, tué son père et couché avec sa mère. Sophocle est très loin du prêchi prêcha qui invite à pardonner à ceux qui ne nous ont PAS offensés, il évoque plutôt la responsabilité personnelle assumée pour les actes posés (commis).
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  • Dominique Garand - Abonné
    6 avril 2011 16 h 46
    expiation
    @ Mikaelle Monfort

    Très juste observation.

    Il existe plusieurs manière d'expier (devant le monde, devant Dieu, devant sa propre conscience). On verra quelle manière choisira Cantat, par-delà la justice.

    D'autres artistes, et non des moindres, ont produit des oeuvres marquées par leur expérience du meurtre (Le Caravage, Gesualdo).
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  • Francine Martin - Inscrit
    6 avril 2011 17 h 04
    Catharsis.
    Nous vivons notre catharsis pendant que Mouawad se terre dans le silence. Peu importe de quel côté nous sommes, c'est là que ça se passe: nous sortons le théâtre des institutions!
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  • Martin Dufresne - Abonné
    6 avril 2011 17 h 57
    Une responsabilité collective
    La tragédie grecque tentait de mettre en mots l'apparition d'une responsabilité collective chez une population graduellement libérée du poids des "dieux". Je trouve que c'est un peu ce que nous vivons lorsque des fonctionnaires culturels tentent - à partir d'un a priori politique de l'Artiste-Roi de la Cité (et forts du poids de nos impôts!) - de redonner une position exemplaire, éminemment morale, à l'un d'entre eux, au-delà de son crime et de notre horreur.
    M. Kanoute peut bien tenter de ramener "le vrai débat" à l'institution judiciaire et son rituel, la réflexion et la responsabilisation vont aujourd'hui bien au-delà de ce forum. Et c'est très bien. Nous ne laisserons pas culpabiliser.
    Merci aux auteurs pour cette mise à jour d'un texte qui continue à sous-tendre le patriarcat et son insistance butée à mettre l'honneur des hommes au-dessus de leurs choix.
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  • GAIAGENAIRE - Inscrit
    6 avril 2011 18 h 49
    Lucidité
    @Mikaelle Montfort

    Qui avait crevé les chevilles d'Oedipe bébé et avait ordonné son abandon aux loups ? Son père et sa mère.

    C'est cela le prélude à la violence dans l'inconscient d'Oedipe. La tragédie rejoint les coeurs par le paricide, mais c'est n'importe qui qui déclencha le refoulé.

    Oedipe se crève les yeux, il préfère se vivre comme victime plutôt que de voir l'absence d'humanité de sa mère.
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  • Jean Pierre Bouchard - Inscrit
    6 avril 2011 20 h 14
    L'artiste
    L'artiste a une responsabilité celle d'être irréprochable puisque par son art, il porte le bien commun, la consolation de l'être souffrant. B.Cantat devrait considérer son retrait prolongé de la vie publique.
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  • H. Wolff - Abonné
    7 avril 2011 09 h 07
    abonné
    Nous n'avons rien contre l'idée que M. Cantat continu de chanter, en autant qu'il le fasse de façon humble. Par exemple, il pourrait faire partie d’un chœur d'hommes et chanter dans des prisons où des hôpitaux, mais il ne faudrait qu’il insiste de chanter dans des foyers pour femmes battues!
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  • Olivier Spéciel - Abonné
    8 avril 2011 09 h 08
    Pas le temps de relire la responsabilité de l'écrivain de JPS ?
    Contre Céline de Jean-Pierre Martin,
    éditions Corti, 1996.

    « Nous devons appartenir à une petite communauté de lecteurs trop sensibles. Nous sommes trop émus, sans doute, par des questions qui n'ont rien à voir avec la littérature, pour nous extasier sur un style sans nous soucier du sens, pour éprouver à toute page le sentiment pur de la beauté quand l'interprétation de l'histoire contemporaine est en jeu. Nous ne parvenons pas encore à rire tout à fait de tout ...
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  •  
  • asclepios - Inscrit
    8 avril 2011 15 h 14
    Bel acte I, faible acte II
    À la fin de l'acte I, j'aurais préféré que le philosophe dise «purgé sa peine» plutôt que «payé sa peine», ce qui serait plus en accord avec la mentalité de l'époque que les crimes étaient une pollution de la Cité qu'il fallait purger par le sacrifice. «Payer une peine» est un concept mercantile, inspiré de l'économie de marché plus que de l'art.

    J'aime bien comment on se moque du philosophe en le montrant "nerd". Ça renvoie aux comédies d'Aristophane qui se payaient la tête de Socrate.

    J'aime aussi comment on met en évidence la peine d'Antigone et son refus des lois.

    L'acte II est nettement plus faible et mériterait d'être retravaillé. Il ne suffit pas d'identifier avec justesse les enjeux sacrés de cette polémique. J'aurais aimé que vous restiez dans l'art jusqu'au bout.
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  •  
  • Guylaine Racine - Inscrit
    8 avril 2011 18 h 35
    À une ou deux voix ?
    Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l'UQAM et membre de l'Institut de recherches et d'études féministes - Écrit en collaboration avec Mélissa Blais

    Pourquoi décliner titres et affiliations de l'un sans faire de même pour l'autre ?
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  •  
  • François Le Blanc - Inscrit
    10 avril 2011 13 h 13
    Beau pastiche, et génial
    Mais un bémol: « Le choeur: "À l'agora, la foule s'est massée pour accueillir Bertrand et assister au spectacle mis en scène par Sophocle. Mais il n'y a aucune femme dans la foule, et la moitié des sièges sont vides."

    Faux. Beaucoup, beaucoup de femmes (dont une, dont j'ai lu l'intervention dans un autre forum de discussion et qui se disait socialiste et féministe) ont écrit des messages pour appuyer Bertrand Cantat, et défendre ce bellâtre. Lorraine Pintal n'appuyait-elle pas le projet, au départ?

    Au nom de l'artiste, etc.

    Cessez de toujours mettre systématiquement en opposition (comme le fait souvent Lise Payette et d'autres) les hommes et les femmes. Il est faux de prétendre que tous les hommes, ou presque, se portent à la défense des abuseurs de conjointes.
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    12 avril 2011 14 h 27
    @ Asclepios : ce philosophe là est tout le contraire de Socarte
    «J'aime bien comment on se moque du philosophe en le montrant "nerd". Ça renvoie aux comédies d'Aristophane qui se payaient la tête de Socrate.»

    Je regrette Asclépios, mais ce philosophe n'est même pas un pastiche de Socrate. Il faut se rappeler que Socrate, tout comme Antigone, a été condamné à mort par la Cité d'Athènes pour corruption de la jeunesse et invention de nouveaux dieux.Et que faisait ce bon Socrate ? Il discutait sur l'agora et remettait en question parfois les lois et les leaders de la Cité, tout en les respectant.

    Je dois admettre toutefois, à votre décharge, qu'avant de mourir, et juste au cas où ce serait vrai, il a demandé à ses disciples de sacrifier un coq à Asclépios, pour qu'il soit accueilli dans le royaume des morts.
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