Gérald Tremblay et la création - «Nous récoltons le fruit de nos efforts»
Le maire de Montréal est heureux de voir que le milieu des affaires s'engage
Alors que le Conseil des arts de Montréal remettait cette semaine son 26e Grand Prix, Le Devoir a parlé arts, culture et création avec le maire, Gérald Tremblay.
Montréal, métropole culturelle, Montréal, ville des festivals depuis des années, on tente de faire reconnaître Montréal ici et à l'international comme un endroit effervescent en matière d'arts, de culture et de création. Est-ce que les souhaits sont en train de devenir réalité?
«Tout à fait, affirme le maire. Il y a un véritable bouillonnement artistique à Montréal. Je pense à Arcade Fire et à son chanteur, Win Butler, qui est originaire des États-Unis et qui a choisi de s'installer à Montréal. Denis Villeneuve s'est rendu aux Oscars avec Incendies. Yannick Nézet-Séguin a maintenant une reconnaissance mondiale, Marie Chouinard a aussi toujours de plus en plus de succès.»
Aux yeux de Gérald Tremblay, Montréal récolte le fruit de ses efforts, qui ont commencé il y a longtemps, notamment avec la création du Conseil des arts de Montréal en 1956.
«Montréal a créé le premier conseil des arts au Canada. Il est né avant ceux du Québec et du Canada. Montréal a envoyé un message fort et a pris sa place en matière d'arts et de culture», affirme le maire.
Il en profite d'ailleurs pour rappeler que, depuis qu'il est en poste, il a bonifié l'aide financière de l'organisme subventionnaire. «Nous l'avons augmentée à 10 millions, nous sommes rendus à 11 et nous atteindrons 12,5 d'ici la fin de mon mandat, en 2013», précise-t-il.
Mais est-ce que le Conseil des arts de Montréal permet vraiment aux arts et à la culture de se développer, ou est-ce toujours la même petite clique qui en profite?
«Le Conseil des arts de Montréal est un actif pour Montréal et le Québec. À sa création, il soutenait 25 organismes, alors qu'il en soutient maintenant 329. Si une telle croissance a été possible, c'est parce que le nombre de créateurs a connu une grande croissance et ça continue», affirme Gérald Tremblay, en soulignant que le fait qu'on a déménagé l'organisme dans l'édifice historique Gaston-Miron, l'ancienne bibliothèque centrale de Montréal, témoigne d'une grande reconnaissance.
Ce positionnement de Mont-réal pour les arts et la culture a aussi permis à l'époque d'attirer des joueurs importants. «Nous avons eu l'Office national du film, la maison de Radio-Canada, la Place des Arts, l'École nationale de théâtre; nous avons réussi à développer une masse critique de gens passionnés, de créateurs et nous sommes dans la continuité entre autres avec le Quartier des spectacles», affirme le maire.
Le test du Quartier des spectacles
Pour la Ville de Montréal, la réalisation du Quartier des spectacles était d'ailleurs un véritable test pour la démarche de concertation adoptée lors du Rendez-vous Montréal, métropole culturelle, en 2007.
«Les trois paliers de gouvernement ont investi 147 millions au total pour le secteur de la Place des festivals et ils ont dû apprendre à travailler ensemble avec les gens du culturel et les gens d'affaires. Et ç'a fonctionné parce que, maintenant, nous voyons vraiment que les gens travaillent en réseau», affirme Manuela Goya, secrétaire générale du comité de suivi de Montréal, métropole culturelle.
Gérald Tremblay est d'ailleurs très heureux de voir que le milieu des arts et de la culture peut compter de plus en plus sur des partenaires dans le monde des affaires. «C'est particulièrement visible dans le Quartier des spectacles avec la Maison du Festival Rio Tinto Alcan. Il y a aussi le Théâtre Telus, qui est un autre geste fort. Dernièrement, il y a eu la création de La Scène Financière Sun Life au Monument-National, en collaboration avec l'École nationale de théâtre. Et il ne faut pas oublier Loto-Québec avec sa contribution de 10 millions à l'OSM.»
Et il reste encore de nombreux projets à réaliser dans le secteur. «La promenade des artistes sera inaugurée bientôt, le 2-22 est en construction, les fonds pour convertir le Wilder en édifice culturel ont déjà été annoncés. Et je dis ça au conditionnel, mais nous aimerions construire, dans l'espace vacant en face de l'Impérial, un édifice pour attirer l'Office national du film», révèle le maire Tremblay.
Pour lui, c'est tout le centre-ville de Montréal qui est en métamorphose. «C'est une véritable pépinière d'idées qui se construit», affirme-t-il.
Les bibliothèques
En marge de ces projets clinquants au centre-ville, d'autres efforts ont été faits à Montréal pour favoriser la diffusion de la culture. Notamment dans les bibliothèques.
«Lorsque je suis arrivé à la mairie, plusieurs bibliothèques étaient ouvertes 35 heures par semaine et fermées les fins de semaine. Certaines n'étaient même pas gratuites et on était en train d'en fermer. En 2007, nous avons annoncé un investissement de 125 millions, avec le gouvernement du Québec, pour augmenter les heures d'ouverture à 53, embaucher du personnel, bonifier les collections et construire de nouvelles bibliothèques», affirme le maire.
Depuis, la bibliothèque familiale Père-Ambroise a ouvert ses portes dans Ville-Marie. Les concours d'architecture — Montréal a été nommé Ville UNESCO du design en 2007 — ont aussi été menés à terme pour la construction de nouvelles bibliothèques dans Rosemont-La-Petite-Patrie et Saint-Laurent.
«Pour être une métropole culturelle, on ne peut pas juste avoir de belles places au centre-ville. Il faut donner aux citoyens un accès à la culture et les bibliothèques offrent un bon moyen d'y arriver», affirme Manuela Goya.
Le cirque et tout le reste
Alors que le Cirque du Soleil rayonne à l'international depuis plusieurs années, d'autres joueurs importants ont émergé depuis, comme le Cirque Éloize et Les 7 doigts de la main. Pour affirmer la force des arts du cirque dans la métropole, le festival Montréal complètement cirque a été lancé l'été dernier.
«C'est une autre discipline qui fait rayonner Montréal, comme les arts numériques, le jazz et la danse, affirme M. Tremblay. Le fil conducteur de tout ça, c'est que nous sommes des créateurs. Et, pour moi, la création, c'est beaucoup plus large que la culture. Ça inclut aussi les technologies de l'information, avec les jeux vidéo, un domaine où Montréal est un leader. Ça inclut aussi les sciences de la vie. Tous les chercheurs sont des créateurs, pour moi, et ils permettent à Montréal de se démarquer.»
***
Collaboratrice du Devoir
Montréal, métropole culturelle, Montréal, ville des festivals depuis des années, on tente de faire reconnaître Montréal ici et à l'international comme un endroit effervescent en matière d'arts, de culture et de création. Est-ce que les souhaits sont en train de devenir réalité?
«Tout à fait, affirme le maire. Il y a un véritable bouillonnement artistique à Montréal. Je pense à Arcade Fire et à son chanteur, Win Butler, qui est originaire des États-Unis et qui a choisi de s'installer à Montréal. Denis Villeneuve s'est rendu aux Oscars avec Incendies. Yannick Nézet-Séguin a maintenant une reconnaissance mondiale, Marie Chouinard a aussi toujours de plus en plus de succès.»
Aux yeux de Gérald Tremblay, Montréal récolte le fruit de ses efforts, qui ont commencé il y a longtemps, notamment avec la création du Conseil des arts de Montréal en 1956.
«Montréal a créé le premier conseil des arts au Canada. Il est né avant ceux du Québec et du Canada. Montréal a envoyé un message fort et a pris sa place en matière d'arts et de culture», affirme le maire.
Il en profite d'ailleurs pour rappeler que, depuis qu'il est en poste, il a bonifié l'aide financière de l'organisme subventionnaire. «Nous l'avons augmentée à 10 millions, nous sommes rendus à 11 et nous atteindrons 12,5 d'ici la fin de mon mandat, en 2013», précise-t-il.
Mais est-ce que le Conseil des arts de Montréal permet vraiment aux arts et à la culture de se développer, ou est-ce toujours la même petite clique qui en profite?
«Le Conseil des arts de Montréal est un actif pour Montréal et le Québec. À sa création, il soutenait 25 organismes, alors qu'il en soutient maintenant 329. Si une telle croissance a été possible, c'est parce que le nombre de créateurs a connu une grande croissance et ça continue», affirme Gérald Tremblay, en soulignant que le fait qu'on a déménagé l'organisme dans l'édifice historique Gaston-Miron, l'ancienne bibliothèque centrale de Montréal, témoigne d'une grande reconnaissance.
Ce positionnement de Mont-réal pour les arts et la culture a aussi permis à l'époque d'attirer des joueurs importants. «Nous avons eu l'Office national du film, la maison de Radio-Canada, la Place des Arts, l'École nationale de théâtre; nous avons réussi à développer une masse critique de gens passionnés, de créateurs et nous sommes dans la continuité entre autres avec le Quartier des spectacles», affirme le maire.
Le test du Quartier des spectacles
Pour la Ville de Montréal, la réalisation du Quartier des spectacles était d'ailleurs un véritable test pour la démarche de concertation adoptée lors du Rendez-vous Montréal, métropole culturelle, en 2007.
«Les trois paliers de gouvernement ont investi 147 millions au total pour le secteur de la Place des festivals et ils ont dû apprendre à travailler ensemble avec les gens du culturel et les gens d'affaires. Et ç'a fonctionné parce que, maintenant, nous voyons vraiment que les gens travaillent en réseau», affirme Manuela Goya, secrétaire générale du comité de suivi de Montréal, métropole culturelle.
Gérald Tremblay est d'ailleurs très heureux de voir que le milieu des arts et de la culture peut compter de plus en plus sur des partenaires dans le monde des affaires. «C'est particulièrement visible dans le Quartier des spectacles avec la Maison du Festival Rio Tinto Alcan. Il y a aussi le Théâtre Telus, qui est un autre geste fort. Dernièrement, il y a eu la création de La Scène Financière Sun Life au Monument-National, en collaboration avec l'École nationale de théâtre. Et il ne faut pas oublier Loto-Québec avec sa contribution de 10 millions à l'OSM.»
Et il reste encore de nombreux projets à réaliser dans le secteur. «La promenade des artistes sera inaugurée bientôt, le 2-22 est en construction, les fonds pour convertir le Wilder en édifice culturel ont déjà été annoncés. Et je dis ça au conditionnel, mais nous aimerions construire, dans l'espace vacant en face de l'Impérial, un édifice pour attirer l'Office national du film», révèle le maire Tremblay.
Pour lui, c'est tout le centre-ville de Montréal qui est en métamorphose. «C'est une véritable pépinière d'idées qui se construit», affirme-t-il.
Les bibliothèques
En marge de ces projets clinquants au centre-ville, d'autres efforts ont été faits à Montréal pour favoriser la diffusion de la culture. Notamment dans les bibliothèques.
«Lorsque je suis arrivé à la mairie, plusieurs bibliothèques étaient ouvertes 35 heures par semaine et fermées les fins de semaine. Certaines n'étaient même pas gratuites et on était en train d'en fermer. En 2007, nous avons annoncé un investissement de 125 millions, avec le gouvernement du Québec, pour augmenter les heures d'ouverture à 53, embaucher du personnel, bonifier les collections et construire de nouvelles bibliothèques», affirme le maire.
Depuis, la bibliothèque familiale Père-Ambroise a ouvert ses portes dans Ville-Marie. Les concours d'architecture — Montréal a été nommé Ville UNESCO du design en 2007 — ont aussi été menés à terme pour la construction de nouvelles bibliothèques dans Rosemont-La-Petite-Patrie et Saint-Laurent.
«Pour être une métropole culturelle, on ne peut pas juste avoir de belles places au centre-ville. Il faut donner aux citoyens un accès à la culture et les bibliothèques offrent un bon moyen d'y arriver», affirme Manuela Goya.
Le cirque et tout le reste
Alors que le Cirque du Soleil rayonne à l'international depuis plusieurs années, d'autres joueurs importants ont émergé depuis, comme le Cirque Éloize et Les 7 doigts de la main. Pour affirmer la force des arts du cirque dans la métropole, le festival Montréal complètement cirque a été lancé l'été dernier.
«C'est une autre discipline qui fait rayonner Montréal, comme les arts numériques, le jazz et la danse, affirme M. Tremblay. Le fil conducteur de tout ça, c'est que nous sommes des créateurs. Et, pour moi, la création, c'est beaucoup plus large que la culture. Ça inclut aussi les technologies de l'information, avec les jeux vidéo, un domaine où Montréal est un leader. Ça inclut aussi les sciences de la vie. Tous les chercheurs sont des créateurs, pour moi, et ils permettent à Montréal de se démarquer.»
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Collaboratrice du Devoir








