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Bilan du 10e Festival Voix d'Amériques - Un franc succès

Sur la chaise électrique, on reconnaît D. Kimm et Laszlo Kolozsy à sa droite.<br />
Photo : Caroline Hayeur
Sur la chaise électrique, on reconnaît D. Kimm et Laszlo Kolozsy à sa droite.
L'édition 10e anniversaire du Festival Voix d'Amériques (FVA) s'est terminée vendredi soir. Quelque 3000 festivaliers, des grands spectacles pensés pour l'occasion, des petites soirées, et des mots, des mots, des mots pour ce festival de la parole et du spoken word.

C'est le Cabaret Dada version freak show qui a conclu à la Sala Rossa le 10e FVA. Cette dernière fête laissait pourtant plus de place au corps qu'aux mots, avec ses sketches de femme-homme-à-barbe-avaleuse-de-lames-de-rasoir, de puces savantes ou de maître de l'évasion.

Pour la directrice artistique D. Kimm, l'édition a été «un succès à tous les niveaux: la fréquentation, la qualité des spectacles, les réactions et le sentiment d'effervescence autour du dixième anniversaire», résumait-elle hier en entrevue. Sa surprise? «Devoir encore refuser du monde pour le septième round du Combat contre la langue de bois, alors qu'on a fait ça à La Tulipe, une salle de 530 places!» Deux autres spectacles ont aussi joué à guichets fermés, mais donnés, ceux-là, à l'habituelle Sala Rossa, soit le Spoken métal de Michel Faubert et Voivod, et le dernier Cabaret Dada.

Sans parler de déception, la directrice aurait aimé que plus de spectateurs découvrent Claude Guerre, poète et directeur de la Maison de la poésie de Paris, et son spectacle Dans le jardin de mon père. Le parti pris de donner cette forme très intime, avec le public en cercle, sans amplification de voix, n'était pas servi par la craquante Sala Rossa. Un «spectacle de salon» plus que de théâtre. «Chaque année, on fait un pari plus risqué. C'était celui-là.»

Parmi les petits spectacles, en orbite, les 5 à 7 band + poésie, pour la première fois au Divan Orange, ont connu un succès énorme lors qu'Avec pas d'casque et le rappeur algonquin Samian se sont, nous dit-on, emparés du micro. Et les Shift de nuit, pour les couche-tard, semblent avoir pris leur propre envol. «C'est complètement un autre public», affirme D. Kimm. Animés à la Casa del Popolo par Pascal-

Angelo Fioaramore, suivis d'un micro ouvert qui attire ses propres spectateurs, «comme si on avait un festival dans le festival. Comme si on avait notre propre off-FVA!», dit D. Kimm en riant.

En cadeau de 10e anniversaire, le FVA offrait les billets de ses grands spectacles à 10 $, risquant en même temps pour la première fois la grande salle de La Tulipe pour deux soirées. Le bilan financier demeure positif. «On est serré, mais on arrive, assure la directrice. Il faut dire qu'on est une toute petite équipe, que j'assure moi-même plusieurs chapeaux. L'organisation ne coûte pas cher.» Mais cette situation ne peut plus durer: l'augmentation du financement pour permettre l'embauche d'un directeur général est dans les plans, avant que l'équipe ne soit usée à la corde. Malgré la fatigue, D. Kimm pense déjà à l'année prochaine. «Je voudrais qu'on soit plus avant-gardiste, investiguer davantage les nouvelles technologies et les arts médiatiques qui permettent d'ajouter de la poésie à la performance et de l'espace à la poésie», conclut la directrice.
 
 
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