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    La première décennie du XXIe siècle : bilan mode

    La robe noire semble toujours rallier les inconditionnelles du raffinement de toutes les générations. Cette pièce mythique peut autant jouer le style misérabiliste à la Édith Piaf que la carte pleine de charme et d’éclat immortalisée en 1961 par Audrey Hepburn, dans le film Breakfast at Tiffany’s, dont on voit ici l’affiche.<br />
    Photo: Agence France-Presse (photo) Gabriel Bouys La robe noire semble toujours rallier les inconditionnelles du raffinement de toutes les générations. Cette pièce mythique peut autant jouer le style misérabiliste à la Édith Piaf que la carte pleine de charme et d’éclat immortalisée en 1961 par Audrey Hepburn, dans le film Breakfast at Tiffany’s, dont on voit ici l’affiche.
    La première décennie du XXIe siècle nous aura laissé, en mode, un bilan qui confirme la consécration du style libre, décontracté, et du sportswear cool et relaxe à l'américaine, la conscientisation des matières et des vêtements éthiques et recyclés, le sacre des grandes marques et des détaillants au détriment des designers, et, bien sûr, la massification de la mode made in the Orient. En moins de dix ans, on aura réussi à abolir tous les diktats, toutes les règles de l'étiquette, de l'élégance et du code vestimentaire, au nom de la démocratisation de la mode et de la liberté de s'exprimer et de s'habiller.

    En apparence anarchique, affranchie et irrévérencieuse, la mode actuelle favorise pourtant l'appartenance à des clans et des tribus préconisant et valorisant les signes extérieurs à des groupes porteurs d'identités multiples et opposées. Le port de l'uniforme, imposé de nos jours dans plusieurs établissements scolaires, ne vient-il pas tenter de rééquilibrer le rapport de notre belle jeunesse vis-à-vis des fringues avec lesquelles elle aime s'afficher?

    Il faut toutefois applaudir le fait que, depuis quelques années, les chaînes internationales, de Mango à Zara, de Banana Republic à H&M ainsi que leurs concurrents québécois, du Château à Bedo, proposent le style in à petits prix, accessible à tous.

    Une tendance


    Le phénomène de mode le plus marquant du début des années 2000 reste cependant le triomphe et l'omniprésence des fabricants de vêtements sport aux dépens des designers de prêt-à-porter, de jour comme de soir. Si ce courant ne fait que s'amplifier un peu partout dans le monde avec les succès retentissants des multinationales Nike, Adidas, Puma, Rossignol, The North Face, Lacoste et tant d'autres, la même tendance peut être observée au Québec et dans le reste du Canada.

    Les réussites répétées d'entreprises manufacturières d'ici telles que Louis Garneau (cyclisme), Orage (ski), Chlorophylle et Arc'teryx (plein air), Kanuk (manteaux sport) ou Lululemon (yoga), tout autant que celles des détaillants spécialisés dont Sport Experts, Atmosphère, Azimut, Altitude Sports, La Cordée et l'incontournable Mountain Equipment Co-op, viennent surfer sur la vague déferlante.

    Les premières victimes de ce ras-de-marée sont incontestablement les designers et les maisons de prêt-à-porter qui proposent des collections de ville. Les récents déboires du très talentueux Andy Thê-Anh, le designer chouchou de Mitsou sauvagement largué par ses partenaires financiers il y a moins d'un mois, en sont un exemple flagrant. Si tout le monde aime bien voir défiler les stars sur les tapis rouges des galas, de Cannes à Montréal, avec des robes du soir le plus souvent prêtées ou données par les couturiers, il faut reconnaître que la mode glamour ne fait plus partie de la réalité de la très grande majorité de la population.

    Le vintage en héritage

    À l'approche du joyeux temps des Fêtes, quelques anticonformistes férus de style, nostalgiques d'une époque révolue où le chic et la classe rimaient avec l'élégance, auront toujours le choix de s'engager sur des pistes marginales; cette première décennie sera venue confirmer l'importance de la mode vintage comme un héritage prolongeant la beauté du temps passé. La multiplication des sites Internet, des ventes aux enchères et des friperies haut de gamme offre donc une alternative fascinante aux inconditionnels du style et aux aventureux du beau. Il faut savoir qu'un vêtement vintage doit avoir été créé voilà plus de 30 ans et porter impérativement la griffe d'un designer de renom.

    Il est stupéfiant de constater que l'on retrouve en tête de liste des palmarès vintage pour Noël 2010 deux figures emblématiques de la mode intemporelle. Côté vestiaire féminin, la petite robe noire semble toujours rallier les inconditionnelles du raffinement de toutes les générations, pendant que dans le dressing de ces messieurs, le smoking figure encore parmi les éléments les plus en demande. Ces deux musts de la bible modesque racontent chacun à sa façon une belle et noble histoire.

    La première petite robe noire fut créée par Coco Chanel durant les années folles et est apparue à la une du magazine Vogue en 1926. Elle fait d'abord scandale à cause de sa courte taille et de sa couleur qui, à l'époque, était l'apanage des veuves et des domestiques. Puis elle est adoptée par les fashionistas de cette période qui avaient craqué pour le look «garçonne» si avant-gardiste et libérateur, un courant de mode qui aura préfiguré l'émancipation des femmes. Versatile, cette pièce mythique peut autant jouer le style misérabiliste à la Édith Piaf que la carte pleine de charme et d'éclat, sublimée et immortalisée en 1961 par Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany's, notamment.

    Quant au smoking (tuxedo étant le terme anglais), il fut inventé pour le prince de Galles par un tailleur de Savile Row à Londres, vers 1860, et se voulait à ce moment-là une variante de la veste que les Britanniques portaient au fumoir. Il remplacera progressivement, au XXe siècle, la traditionnelle queue-de-pie comme habit de soirée. James Bond, icône représentative du gentleman moderne, le portera aux nues.

    Parions que le sweatshirt molletonné pour elle et lui, si en vogue de nos jours, n'aura pas la même longévité.
    La robe noire semble toujours rallier les inconditionnelles du raffinement de toutes les générations. Cette pièce mythique peut autant jouer le style misérabiliste à la Édith Piaf que la carte pleine de charme et d’éclat immortalisée en 1961 par Audrey Hepburn, dans le film Breakfast at Tiffany’s, dont on voit ici l’affiche.<br />
Le prince William à son arrivée pour la première du film Quantum of Solace de la série James Bond, à Londres, en 2008. Le smoking, inventé pour le prince de Galles vers 1860, se voulait une variante de la veste que les Britanniques portaient au fumoir. James Bond, icône représentative du gentleman moderne, le portera aux nues.  <br />












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