Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Libre opinion - BAnQ fait tout pour préserver la mémoire du Québec

    25 novembre 2010 |Carol Couture - Conservateur et directeur général des archives pour Bibliothèque et Archives nationales du Québec | Actualités culturelles
    À la lecture des textes signés dans vos pages par la journaliste Isabelle Paré les 23 et 24 novembre derniers, certains lecteurs ont pu croire que Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) prend à la légère la conservation du patrimoine documentaire québécois. Ce n'est absolument pas le cas.

    BAnQ a pour mission de rassembler, de conserver et de diffuser le patrimoine documentaire québécois. C'est ce qu'elle fait, jour après jour, année après année. Par conséquent, toute information qui lui est transmise au sujet de la possible disparition de documents patrimoniaux est traitée avec tout le sérieux que cela nécessite. Lorsqu'un problème lui est signalé, sa préoccupation première est de s'assurer que les documents sont bien conservés et accessibles aux chercheurs, tout en essayant d'en obtenir une copie de bonne qualité.

    Les faits décrits par Le Devoir remontent à une époque où les pratiques en matière de sécurité des documents d'archives étaient moins rigoureuses qu'aujourd'hui. Si nous nous replaçons dans le contexte, le commerce de documents de provenance douteuse était pratique courante jusqu'au dernier quart du XXe siècle. En effet, personne n'ignore que le vol et le recel de documents et d'oeuvres d'art furent à une certaine époque à la base même de la constitution des collections de certains grands musées et que les «collectionneurs» de tout acabit étaient particulièrement actifs et peu scrupuleux quant à la provenance de leurs achats. Résultat: les patrimoines nationaux sont disséminés dans le monde entier.

    Les mesures de sécurité en vigueur à BAnQ afin d'assurer la protection des documents sont importantes: caméras de surveillance, enregistrement des visiteurs, dépôt obligatoire des effets personnels dans un casier, fouilles ponctuelles. De même, la numérisation et la diffusion des archives sur le portail de BAnQ et d'autres institutions permettent de protéger les originaux.

    De nos jours, la consultation massive de documents sur Internet démontre bien que la possession physique des documents n'est pas la condition sine qua non de l'accès à ceux-ci.

    En ce qui concerne les documents conservés à l'Université Harvard, un instrument de recherche est disponible sur le site de cette université (http://oasis.lib.harvard.edu/oasis/deliver/~hou01493). Il importe de préciser que le montant de 5882 $ évoqué par Mme Paré est une somme demandée pour des copies de ces documents et non pour des originaux; or, BAnQ possède déjà une copie sur microfilm qui peut être consultée au Centre d'archives de Québec.

    Quant aux documents conservés par la Newberry Library, on en trouve une liste sur le site de cette bibliothèque (http://www.newberry.org/collections/fremss.html#Checklist) et il est possible de demander des copies de documents (http://www.newberry.org/collections/photodup.html).

    BAnQ agit dans le meilleur intérêt du développement du patrimoine documentaire québécois compte tenu des ressources à sa disposition. Dans le contexte financier qui prévaut actuellement, BAnQ n'a pas de fonds disponibles pour l'achat d'archives. Elle continue cependant de faire des acquisitions importantes pour l'histoire du Québec par d'autres moyens. À ce titre, les donateurs d'archives sont autant de mécènes que l'on doit remercier de leur apport à la constitution du patrimoine documentaire du Québec.

    ***

    Réplique

    Nos articles expliquaient très clairement le fait que les documents volés l'ont été à une époque où prévalait un laxisme évident en matière de sécurité. Vos propos soulèvent par ailleurs plusieurs questions. Si BAnQ prend au sérieux la disparition de documents, pourquoi a-t-il fallu tant d'années pour s'intéresser au dossier des archives dispersées à Harvard et à Chicago? Manque de budget? Nous compatissons. Peut-on en effet imaginer un pays du G8 dont la direction des archives nationales ne dispose d'aucun budget d'acquisition? Enfin, est-ce que la numérisation et l'apparition d'Internet, très utiles pour les usagers, exemptent les archives nationales de leur devoir de mémoire et de conservation du patrimoine archivistique?

    Isabelle Paré
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel