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Le français des Français

Photo prise rue Sainte-Catherine, à Bordeaux<br />
Photo : Claude Bédard
Photo prise rue Sainte-Catherine, à Bordeaux
Plusieurs Québécois déplorent le laxisme de nombreux Français envers leur langue. Faute souvent de maîtriser l'anglais, ils ne sentent pas sa menace, ou si peu. Ajoutez un amour malheureux et unilatéral pour l'Amérique, la lourdeur d'un héritage culturel qui donne envie d'en secouer les fondements pour entrer dans une modernité qui répond Yes ou No. Si bien que ce 13e Sommet de la Francophonie à Montreux, qui s'est penché sur l'état et le futur de la langue française, laisse dubitatif devant l'éventualité d'un rapide changement de cap en provenance de Paris.
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  • CLC - Inscrit
    30 octobre 2010 04 h 22
    Commentaire d'un immigré français
    "Plusieurs Québécois déplorent ..." ! C'est vrai; C'est ce que j'ai souvent entendu au Québec ... de la bouche de gens qui n'ont jamais mis les pieds en France. Je crois que certains (devinez lesquels) Québécois n'aiment pas recevoir de leçons, mais ils passent leur temps à en donner.
    A ceux qui voudraient réfléchir:
    1. La seule et unique langue officielle en France est le français.
    2. C'est loin d'être facile de trouver du travail en France en étant français et en ayant des diplômes français; Alors je défie quiconque de trouver du travail (déclaré) en France sans parler le français.
    3. A ceux qui déplorent qu'au niveau Européen on utilise l'anglais, il ne faut pas oublier qu'il y a, en Europe, autant de langues qu'il y a de pays (ça me semble pourtant évident).
    4. Quant au français moyen, il faudrait savoir: soit il est nul en anglais et donc il ne peut pas le parler, soit il maîtrise l'anglais et là, si il trouve quelqu'un pour le comprendre, il pourra exprimer son "amour malheureux et unilatéral pour l'Amérique".
    5. Si des français ont les yeux qui brillent quand on leur parle de l'Amérique, c'est aussi parce qu'ils n'ont pas oublié qui est venu les délivrer au cours des deux guerres mondiales (1914-1918 et 1939-1945 pour ceux qui auraient besoin d'un rappel). De plus, je crois que chaque français sait que l'Amérique (E.U) est le pays qui accueille le plus d'immigrants au monde.
    6. Va-t-on reprocher à un Saoudien, Suédois ou Allemand de parler Anglais ? Non bien entendu. Mais il y a deux poids deux mesures, n'est-ce pas ?
    7. Pour ceux qui croient dur comme fer que les Anglais et les Français n'ont pas grand chose en commun, il faudrait qu'ils rouvrent leur livre d'histoire (en ont-il jamais eu un ?), et qu'il s'attardent sur la "guerre de 100 ans" et avant.
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  • Georges Paquet - Abonné
    30 octobre 2010 09 h 41
    Bravo. Il fallait le dire. Et il faut le répéter...
    On s'en va droit dans le mur, si les Français ne cessent pas de se moquer de nos efforts pour améliorer tant bien que mal le français que nous parlons et écrivons, et surtout s'ils ne cessent pas de faire les snob en multipliant les mots anglais qu'ils utilisent, sans quelques fois savoir vraiment ce qu'ils veulent dire.
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  • Marc Lemieux - Inscrit
    30 octobre 2010 10 h 03
    @ CLC
    Je connais bien la France, et je partage votre avis sauf sur "2. C'est loin d'être facile de trouver du travail en France en étant français et en ayant des diplômes français", avec un diplôme équivalent à ici ce n'est pas plus difficile, mais là n'est pas la question!

    Les Français ne parlent pas les langues étrangères, anglais inclus. La langue anglaise est interdite dans les devoirs d'école, rappelez vous, c'est ce qu'on appelle les "anglicismes", et on perd des points.

    La règle grammaticale est que si un mot n'a pas son équivalent en français (non traduit littéralement), par exemple weekend, alors on peut l'utiliser, sinon on ne peut pas.

    En France l'anglais est une mode, c'est "cool" et c'est repris par le marketing, comme le montre cette photo, c'est pour ça que c'est utilisé. Mais évidement quelqu'un qui vient en vacances pense que c'est une évolution de la langue, ce qui n'est pas vrai.

    Un équivalent de l'utilisation de l'anglais en France serait l'utilisation de mots français aux États Unis, par exemple beaucoup voitures portent des noms de série qui viennent de la langue française, c'est juste une forme d'identification, un nom donné car les Américains ne parlent pas français, et les Français ne parlent pas anglais, ni les autres langues d'ailleurs. Parlez anglais aux Français vous allez voir.

    Mais peut-être les Québécois transposent t'ils leur crainte vis à vis de l'anglais en France?
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  • Céline Delorme - Abonné
    30 octobre 2010 10 h 26
    Anglicisme de promotion sociale
    Merci Mme Tremblay pour votre excellent article comme toujours.
    A ce sujet, je rappelle un commentaire éclairant déjà lu dans mon quotidien préféré: Une dame française, professeur de littérature française à Mc Gill, nous expliquait le statut de l'anglais en France.
    Pour les Français, c'est une preuve de promotion sociale de glisser des mots d'anglais dans la conversation. Cela démontre que vos parents ont eu les moyens de vous envoyer étudier aux Etats-Unis, par exemple et que vous avec un statut social supérieur. Seuls les " ringards" (y compris les québécois) refusent les mots anglais.

    Au Québec, explique ce professeur, c'est plutôt le contraire: les anglicismes sont utilisés par les gens moins instruits. Je l'ai vécu moi-même, provenant d'un milieu ouvrier, quand j'ai accédé à l'université, on s'est moqué de mes anglicismes pendant un an ou deux, le temps que je change mon langage et que je parle comme les enfants de professionnels.
    Ce commentaire aidera peut-être à comprendre nos cousins français?
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  • Marc Lemieux - Inscrit
    30 octobre 2010 10 h 34
    PS @ CLC
    En réalité il y a un autre point que je ne partage pas avec vous, sur le fond de votre réaction. Il ne faut pas mal prendre une critique de la France.

    Français je le suis aussi, du moins à moitié, et il faut accepter une mécanique d'intégration qui en ce qui nous concerne est différente. Moi ce que j'ai vu, c'est des Québécois qui se désolent de vous voir partir, et par là même de voir partir ce qui a constitué leur histoire.

    C'est un sujet difficile et complexe, mais les racines même de ce peuple, arrivé jadis, sont les mêmes que les votre et celles d'avoir eu peur de ne pas survivre, loin, très loin de la mère patrie de l'époque. Il y a une forme de cicatrice dont il faut tenir compte quand on analyse les choses, il ne faut pas prendre cette remarque comme un reproche
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  • Geoffroi - Abonné
    30 octobre 2010 11 h 33
    La France de la carpette anglaise
    « QU'EST-CE QUE LE PRIX DE LA « CARPETTE ANGLAISE » ?

    C'est un prix d'indignité civique décerné annuellement à un membre des élites françaises qui s'est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l'anglo-américain en France et dans les institutions européennes au détriment de la langue française.

    Le prix de la Carpette anglaise distingue plus spécialement les déserteurs de la langue française qui ajoutent à leur incivisme linguistique un comportement de veule soumission aux diktats des puissances financières mondialisées, responsables de l'aplatissement des identités nationales, de la démocratie et des systèmes sociaux humanistes.»

    http://droit-de-comprendre.perso.neuf.fr/Carpette_

    Heureusement, ils ne sont tous "goguenards".
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  •  
  • jacknath - Inscrit
    30 octobre 2010 11 h 59
    la paille dans l'oeil du voisin lointain.

    Bien que j’aurais aimé y apporter quelques nuances, je souscris bien volontiers à l’analyse de Mme Odile tremblay.mais quand même..
    On entend partout ici que les défenseurs purs et durs de la langue française se trouvent sur côté-ci de l’océan atlantique…

    Et de nous seriner la longue liste d’anglicismes qu’héberge le français de France. La réalité, pourtant, n’est peut-être pas aussi sommaire que les Québécois veulent bien en faire. Et fatalement erroné, comme vous aller le voir.
    Parce que les mêmes Québécois, ne leur en déplaise, ne sont pas chiches en anglicismes.

    Effectivement, le Québécois occupe sa "fin de semaine" en "magasinage" tout en grignotant des "sous-marins" qui mettent des miettes sur son "tuxedo". Il laisse sa voiture au "stationnement" lorsqu’il opte plutôt pour une balade en "patins à roues alignées"

    Soit !
    Mais c’est bien lui aussi que le climat du pays a rendu "tough", qui aime faire des "jokes" à ses amis, qui "cruise" les blondes qu’il trouve "cute", ne met pas de "shoe-claques" avec son costume s’il veut rester "swell", apprécie les accords "win-win", se frotte à des dossiers un peu "rough", mais ça fait partie de la "game", qui "print" les documents de travail sur lesquels il "spot" les erreurs, et "flush" ses toilettes… ‘’checkez’’ tout ça.
    Et si je vous faisais un inventaire du vocabulaire concernant l’automobile, nous y serions encore demain.

    Le véritable tour de force du français d’Amérique du Nord est bien dans le fait d'exister encore, d'être légitime et de tenir la dragée haute aux 330 millions d'anglophones qui lui font office de voisins ! Et nous le devons aux Québécois. Ils peuvent en être fiers.

    ‘’La vigilance s’impose’’ nous dit Odile Tremblay.. Et elle a bien raison. J’en suis même convaincu quand je vois les triturations récentes de la loi 101. Les attaques de la langue française viennent parfois de notre propre camp.

    (heu, sur
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  • Frédéric Chiasson - Abonné
    30 octobre 2010 15 h 33
    Faisons la promotion de la langue française avec de bonnes oeuvres !
    Je commence à être un peu blasé de tous ces discours alarmistes sur la disparition soi-disante inéluctable de la langue française. Quelqu'un s'est déjà posé la question pourquoi la langue française devient du coup moins attrayante ? Peut-être parce que l'on ne fait pas assez d'oeuvres artistiques porteuses pour la rendre attrayante justement !

    La littérature française s'est beaucoup trop repliée sur l'exercice de style et la philosophie bas de gamme pour excuser des histoires mal foutues et plates à en bailler. Ils sont où les nouveaux «Trois mousquetaires» et «Misérables». À part les oeuvres de Michel Tournier et très peu d'autres, elles sont rares les galettes littéraires qui osent sortir du banal quotidien. Si les livres français manquent de souffle et d'imagination, ne vous demandez pas pourquoi les jeunes Français ne lisent qu'«Harry Potter».

    Même problème du côté du cinéma français. Guillaume Canet peut bien mettre des tounes anglos passé date dans son film, ça ne le fera pas vendre plus si son intrigue est moche. Et ces chanteurs qui cachent leur manque de talent derrière la langue anglaise pour le vendre exactement au même public que s'ils chantaient en français. Quand une étude affirme que des anglophones ne comprennent que 25% des mots entendus dans une chanson anglophone, pensez-vous que la langue soit vraiment importante pour qu'une chanson soit populaire ? La langue ne devrait pas être une excuse pour une musique plate.

    Pour les Français, la langue anglaise est un cache-misère pour leur manque flagrant d'organisation et de sens pratique et leur fatigue artistique. Nous n'avons pas besoin de suivre leurs traces. Qu'attendons-nous pour leur exporter notre télé à profusion ? Il se fait d'excellentes séries au Québec ces dernières années. De plus, je ne comprends pas pourquoi Tou.tv ne s'ouvre pas au monde en sous-titrant leurs émissions en anglais, espagnol, allemand, italien, néerlandais... C'est comme
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  • Georges Paquet - Abonné
    31 octobre 2010 03 h 54
    Plusieurs Français ne connaissent pas bien la grammaire...
    Ils ne connaissent même pas la règle de "vingt, cent et mille". Vingt et cent, précédés d'un nombre plus grand que un prennent un s et imposent la liaison avec le mots qui les suit. Ainsi quatre-vingts euros, doit se prononcer quatrevingts zeuros. Pas quatre-vingt heuros, comme on l'entend partout. La même chose pour la règle qui s'applique à cent. Deux cents euros, doit se prononcer deux cents zeuros, et pas deux cent heuros. Dans ce cas, cent prend un s et on ne peut pas mette un h à euro. Mais nos cousins Français ne connaissent pas la règle, car ils ne l'ont pas appris. Le fait de posséder le Franc comme monnaie, commençant pas une consonne, ne les a pas habitués à faire cette liaison. Et maintenant qu'ils ont adopté l'euro, ils ne savent pas comment s'en sortir.

    Deux exemples qui illustrent assez bien cet entêtement difficile à expliquer que nos amis Français cultivent, vis-à-vis de l'utilisation de l'anglais.

    Tous les commentateurs et autres journalistes, de ce côté-ci de l'Atlantique, ont salué les réussite du Québécois Charles Hamelin, en patinage de vitesse courte piste, aux Jeux Olympiques de Vancouver. Il n'y a que dans les journaux Français que l'on a parlé de patinage de vitesse "short track".

    Tous les francophones au Canada utilisent l'expression courriel, pour parler de l'échange de correspondance par Internet. Il n'y a qu'en France où l'on s'obstine à utiliser l'expression anglaise email. Et le reste: Tour operator, Low cost, check-in, coming out, best of, etc, sont à l'avenant.
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  • Caroline Pilon - Abonnée
    31 octobre 2010 09 h 06
    Différence de degré
    Comme d'autres ici, je suis Français et après de longues années à ne pas vouloir comprendre les doléances du Québec envers la France concernant la langue, je finis par y voir un peu plus clair.

    À mes compatriotes comme CLC qui arguent que de toutes manières les Français parlent mal anglais (et ne deviendrons jamais unilingues anglais...) et qu'ainsi avoir des chansons en anglais n'est pas un problème, je réponds qu'ils manquent le fond de la critique.

    En tant que vaisseau amiral, la France se doit d'être à l'avant-plan pour soutenir sa langue. Pour une raison que j'ignore, l'idée de francophonie a depuis plusieurs décennies une petite odeur de suranné. Une impression que ce concept n'a été inventé que pour maintenir un semblant d'empire, non plus colonial, mais linguistique. Bref qu'il s'agit plus de politique et de diplomatie que d'une réelle question linguistique. À cause de cela, la population ne s'y intéresse pas, et les politiques encore moins. C'est bien dommage.

    La frustration pour un Français arrivant ici, c'est que cette critique de fond est souvent véhiculée par de nombreux québécois comme "hein oui, vous les Français vous utilisez plein d'anglicismes comme 'parking'" ce qui est une constatation frustrante vu le nombre d'anglicismes ici et de surcroit ça passe à coté des éléments plus fondamentaux. Le résultat est une incompréhension mutuelle très dommage.

    Un point cependant: le Français tend à faire dans d'autre pays, ce que l'anglais nous fait, à savoir écraser des traditions ancestrales reposant sur des langues indigènes. J'ai lu quelques articles vantant la progression du français en Afrique, mais à ce compte la langue de Molière est aussi l'oppresseur.

    Il faut donc trouver un équilibre fragile entre la défense d'un patrimoine francophone large et l'acceptation des cultures locales où le français se développe. Dans un cas comme dans l'autre, beaucoup de chemin à parcourir.
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  • Guillermo Navarro Garcia - Inscrit
    6 novembre 2010 03 h 09
    Anglicismes et mots anglais
    Peut être les lecteurs du Devoir pourront ils clarifier ce point. Un anglicisme pour moi est lorsqu'une forme anglaise est reprise dans une autre langue, par exemple lorsque les québécois disent bienvenue en réponse à un merci ou disent faire du sens, il s'agit d'anglicismes tel que je le comprends. Utiliser un mot anglais n'est pas un anglicisme en tant que tel. Par exemple lorsque l'on parle de hockey ou de football il ne s'agit pas d'anglicisme.

    Mon expérience personnelle, j'ai vécu au Québec et en France, est que le français du Québec a bien plus d'anglicismes que celui de France. Par contre ce dernier adopte plus facilement des mots anglais.
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  • Louise Brissette - Inscrit
    7 novembre 2010 16 h 18
    Bordeaux ou Moncton même combat ?
    Est-ce du chiac, là, sur la photo ? La battle des prices...
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  • d.lauzon - Inscrit
    14 novembre 2010 22 h 51
    L'école devrait être le lieu par excellence pour permettre aux jeunes d'apprécier sa richesse et pourtant...
    Il n'est pas normal qu'à l'école on enseigne le français comme n'importe quelle autre matière académique. Une langue est avant tout un moyen de communication et pourtant le mot que l'on entend le plus souvent de la part des professeurs est SILENCE. Il y aurait tellement de façons intéressantes de faire que jeunes puissent apprécier leur langue en leur proposant des activités où la PAROLE serait privilégiée telles que: le théâtre d'impro, des débats sur toutes sortes de sujets, le scrabble, la lecture de journaux ou de textes passionnants suivie de discussions par équipes, etc. IL N'EST PAS NORMAL D'APPRENDRE UNE LANGUE EN SILENCE.
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