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    Spectacle littéraire - Borges, Hébert et nous

    23 octobre 2010 |Sylvie Nicolas | Actualités culturelles
    Borges et moi

    • Dans le cadre de Québec en toutes lettres.
    • Avec Paul Hébert.
    • Choix des extraits et mise en lecture: Jean-François Côté.
    • À la salle Multi de la coopérative Méduse
    • Le jeudi 21 octobre à 19h30.
    L'infini plaisir d'entendre lire. D'être celui ou celle à qui on lira. De redécouvrir les mots déjà lus ailleurs, dans un autre temps, un autre lieu. De se retrouver dans cet immense territoire connu et aimé de l'univers borgésien. D'être plongé dans le silence et la pénombre d'une salle, vaste, sans décor. Sans que l'expérience soit soumise à l'obligation de renouveler le genre, de réinventer la roue, de refaire le monde.

    L'infini plaisir d'être accompagné par la voix de Paul Hébert dans ce théâtre d'ombres où les mots de Borges sont des personnages porteurs d'Histoire, d'étymologie et de mythologie. Où les tigres et les couleurs redéfinissent la clarté, les directions, le paysage. Où le sourire et le rire fusent spontanément au détour d'une phrase, d'une réflexion, d'une ambiguïté désarmante de lucidité ou simplement parce que Paul Hébert constate en cours de lecture qu'il lui manque une page, ce qui pour plusieurs dans la salle et pour l'acteur-lecteur se situait tout naturellement en continuité avec l'oeuvre borgésienne.

    Le plus ardu aura été le choix des extraits tirés de textes qui allaient permettre aux initiés autant qu'aux novices de vivre une expérience d'égale intensité sans que les uns ou les autres se sentent privilégiés ou laissés pour compte. Mis en lecture par Jean-François Côté, qui signe le choix des textes lus par Paul Hébert, Borges et moi, présenté dans le cadre de Québec en toutes lettres, jeudi soir à la salle Multi du complexe Méduse, est une expérience plus que concluante. À n'en pas douter, on peut s'attendre à ce que ce genre de présentation, qui procède de la lecture théâtralisée dénuée de tout artifice, se reproduise dans le cadre des prochaines éditions. En fait, on le souhaite, le désire et l'espère. On se prend à espérer que ce mariage de l'acteur-lecteur au public-lecteur se manifeste encore et encore, et pourquoi pas à l'infini, cet infini si cher à Borges.

    Dans ce temps qui est le nôtre où le spectaculaire, le virtuel, le grandiose et le gigantesque ont la cote, Borges et moi dans toute sa nudité la plus exemplaire laisse une marque inestimable et rare qui se situe dans le véritable esprit de la lettre. Dans un temps circulaire, dans l'intimité de la lecture, avec Paul Hébert comme voix pour guider les aveugles que nous sommes dans ce monde d'images, le titre même du spectacle littéraire trouve toute son intelligence: jeudi, c'était Borges ET moi, et ce, pour chacun d'entre ceux qui étaient présents dans la salle.

    ***

    Collaboratrice du Devoir













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