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    Joan Sutherland (1926-2010) - La Stupenda n'est plus

    Joan Sutherland en compagnie de son mari, le chef d’orchestre Richard Bonynge, en 2006<br />
    Photo: Agence France-Presse (photo) Éric Feferberg Joan Sutherland en compagnie de son mari, le chef d’orchestre Richard Bonynge, en 2006
    Joan Sutherland, la soprano que le monde de l'art lyrique appelait «la stupéfiante» (La Stupenda), est morte dimanche à Genève d'une longue maladie, à l'âge de 83 ans.

    Joan Sutherland est une légende de l'art lyrique, l'une des plus grandes chanteuses du XXe siècle. C'est sa prestation dans Alcina de Haendel, en 1960, au Théâtre de la Fenice de Venise, qui lui valut le surnom de Stupenda (stupéfiante, magnifique...) qui lui restera associé.

    Le nom de Joan Sutherland est attaché au répertoire italien du bel canto. Les spécialistes ont coutume de considérer, dans des oeuvres de Donizetti ou de Bellini, tels Lucia di Lammermoor ou Norma, deux prestations placées au-dessus de toutes les autres: celle de Maria Callas, pour son investissement dramatique, et celle de Joan Sutherland, pour ses qualités vocales.

    Joan Sutherland, c'est une voix effectivement stupéfiante, capable de creuser le registre grave tout en se «baladant» littéralement dans le suraigu. Pour elle, le contre-ut était une formalité et, même au-dessus, jusqu'au contre-fa, rien ne semblait lui résister. À tout cela, on ajoutera une puissance rare pour créer une forme de miracle, d'où découlera un second qualificatif: «la voix du siècle».

    Joan Sutherland débuta en 1947 en Australie avant de gagner Londres, où elle s'illustra à l'Opéra royal de Covent Garden. Elle chantait alors Mozart et Verdi et rêvait de Wagner. Mais en 1954, elle épousa Richard Bonynge, qui lui donna l'idée de se spécialiser dans le bel canto. Sutherland et Bonynge ont enregistré pour Decca nombre de disques qui resteront des références et des modèles, plus d'ailleurs sur le plan vocal que théâtral.

    Son grand rôle fut celui de Lucia di Lammermoor. Entre 1959 et 1961, elle le chanta à Londres, Paris, Milan et New York. Sutherland marqua de son empreinte bien d'autres ouvrages de Donizetti, dont Maria Stuarda, La Fille du régiment, Lucrezia Borgia et Anna Bolena. Elle fit ses adieux à la scène le 31 décembre 1990 à Londres, dans La Chauve-Souris de Strauss. À ses côtés, on trouvait Luciano Pavarotti, qui devait à l'enseignement et à la tutelle artistique et vocale du couple Sutherland-Bonynge d'être passé du statut de diamant brut à celui de ténor absolu de son temps.












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