L'effet Bilbao perdure
Le musée Guggenheim de Frank Gehry est élu merveille architecturale depuis 1980 par les experts sondés par Vanity Fair
Photo : Agence Reuters Vincent West
Conçu par l’architecte nord-américain Frank O. Gehry, le musée Guggenheim Bilbao a ouvert ses portes au public en 1997.
Le chef-d'œuvre architectural des 30 dernières années? Le musée Guggenheim de Bilbao, signé Frank Gehry, selon un sondage de l'édition en ligne du magazine Vanity Fair (VF). À la question «Quelles sont les cinq plus importantes créations architecturales depuis 1980?», 28 experts ont choisi l'étrange château d'acier ondulé de la «starchitecte» américano-canadienne.
L'effet Bilbao — moins l'impact économique entourant la construction du musée que la révolution stylistique qu'elle a apportée — se perpétue donc, 13 ans plus tard, dans l'intelligentzia de l'architecture, au point de rallier presque trois fois plus de voix que le second édifice en lice, le musée de la Menil Collection de Renzo Piano (1987), avec ses 10 votes. Une oeuvre tout en retenue et en transparence, à l'autre bout du spectre stylistique de Bilbao.
«Bilbao est un moment marquant dans la culture architecturale», a confié au magazine américain le critique et lauréat d'un prix Pulitzer Paul Goldberger, auteur de Why Architecture Matters (2009). «L'édifice a défriché de nouvelles avenues et est devenu un phénomène extraordinaire. C'est un des rares événements qui a rallié critiques, experts et le public en général.»
Né à Toronto, Frank Gehry a fait ses études et fondé sa firme en Californie. Son style déconstructiviste s'est développé en réaction au postmodernisme et à ses relectures du passé. «Je me suis dit, confie l'architecte de 81 ans au VF, s'il faut retourner en arrière, pourquoi ne pas reculer il y a 300 millions d'années, avant l'humain, jusqu'au poisson?» Le poisson est d'ailleurs devenu son image de référence pour concevoir des formes architecturales ondulatoires, mouvantes et miroitantes.
Il a notamment conçu le Massachusetts Institute of Technology de Cambridge, la passerelle BP dans le Millenium Park de Chicago, la Gehry Tower à Hanovre.
En tout, 132 structures ont été plébiscitées dans le sondage de VF par 52 spécialistes (sur les 90 sollicités), dont une dizaine de lauréats du prestigieux prix Pritzker et des recteurs de grandes écoles d'architecture.
Les bains thermaux suisses de Peter Zumthors (1996, 9 voix) et l'édifice HSBC de Norman Foster à Hong Kong (1985, 7 votes) suivent les oeuvres de Piano et de Gehry dans le palmarès des 21 merveilles contemporaines de l'architecture. Rem Koolhaas, qui cosignera la nouvelle aile du Musée national des beaux-arts du Québec, y est cité trois fois: pour la bibliothèque centrale de Seattle, l'édifice de la CCTV à Pékin et la Casa da Musica de Porto.
Cet autre «starchitecte» revient d'ailleurs le plus souvent dans le sondage pour désigner la réalisation la plus significative du siècle naissant. Même si c'est le «Nid d'oiseau» de Jacques Herzog et Pierre de Meuron, stade olympique national de Pékin conçu en 2008, qui remporte ce titre avec sept voix.
L'effet Bilbao — moins l'impact économique entourant la construction du musée que la révolution stylistique qu'elle a apportée — se perpétue donc, 13 ans plus tard, dans l'intelligentzia de l'architecture, au point de rallier presque trois fois plus de voix que le second édifice en lice, le musée de la Menil Collection de Renzo Piano (1987), avec ses 10 votes. Une oeuvre tout en retenue et en transparence, à l'autre bout du spectre stylistique de Bilbao.
«Bilbao est un moment marquant dans la culture architecturale», a confié au magazine américain le critique et lauréat d'un prix Pulitzer Paul Goldberger, auteur de Why Architecture Matters (2009). «L'édifice a défriché de nouvelles avenues et est devenu un phénomène extraordinaire. C'est un des rares événements qui a rallié critiques, experts et le public en général.»
Né à Toronto, Frank Gehry a fait ses études et fondé sa firme en Californie. Son style déconstructiviste s'est développé en réaction au postmodernisme et à ses relectures du passé. «Je me suis dit, confie l'architecte de 81 ans au VF, s'il faut retourner en arrière, pourquoi ne pas reculer il y a 300 millions d'années, avant l'humain, jusqu'au poisson?» Le poisson est d'ailleurs devenu son image de référence pour concevoir des formes architecturales ondulatoires, mouvantes et miroitantes.
Il a notamment conçu le Massachusetts Institute of Technology de Cambridge, la passerelle BP dans le Millenium Park de Chicago, la Gehry Tower à Hanovre.
En tout, 132 structures ont été plébiscitées dans le sondage de VF par 52 spécialistes (sur les 90 sollicités), dont une dizaine de lauréats du prestigieux prix Pritzker et des recteurs de grandes écoles d'architecture.
Les bains thermaux suisses de Peter Zumthors (1996, 9 voix) et l'édifice HSBC de Norman Foster à Hong Kong (1985, 7 votes) suivent les oeuvres de Piano et de Gehry dans le palmarès des 21 merveilles contemporaines de l'architecture. Rem Koolhaas, qui cosignera la nouvelle aile du Musée national des beaux-arts du Québec, y est cité trois fois: pour la bibliothèque centrale de Seattle, l'édifice de la CCTV à Pékin et la Casa da Musica de Porto.
Cet autre «starchitecte» revient d'ailleurs le plus souvent dans le sondage pour désigner la réalisation la plus significative du siècle naissant. Même si c'est le «Nid d'oiseau» de Jacques Herzog et Pierre de Meuron, stade olympique national de Pékin conçu en 2008, qui remporte ce titre avec sept voix.
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