Et si l'union faisait la force?
La décennie 1960 a vu la mode des couturiers descendre dans la rue au grand dam de certains d'entre eux. Coco Chanel, surnommée à l'époque la reine du genre pauvre, qui avait jadis fait figure de pionnière et de révolutionnaire en libérant le corps de la femme dès les années 1930, s'insurgeait pourtant dans sa suite du Ritz à Paris, au milieu des années 1960, contre la vulgarisation du prêt-à-porter proposée par certains de ses illustres compétiteurs. André Courrèges, Pierre Cardin, Paco Rabanne et Yves Saint Laurent, notamment, de jeunes loups décidés à démocratiser la mode et à la rendre plus accessible, allaient ensemble changer la donne de la mode grâce aux événements de Mai 1968 et de la vague hippie qui déferlait alors sur la société bien-pensante. Condescendante à l'extrême, mademoiselle Chanel, en lançant sa boutade de sa tour d'ivoire «Les modes ne sont bonnes que lorsqu'elles descendent dans la rue et pas quand elles en viennent», allait subir un désaveu affligeant de toute la société parisienne. Et pourtant, cette réflexion en apparence méprisante ne semble-t-elle pas de nos jours on ne peut plus d'actualité?
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