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Lettres - Phare francophone

Lettre à Dominique Goulet, responsable de la programmation au Festival d'été de Québec

Claud Michaud - Artiste de la chanson, animateur à CIBL Radio-Montréal, le 8 juillet 2010  10 juillet 2010  Actualités culturelles
Y eût-il un Festival d'été de Québec dans les années 1960 que la programmation en eût été en très grande partie en langue anglaise, c'est certain. Et devinez quoi, Madame Goulet: si pendant les 30 années qui ont suivi, les choses ont changé tel que le paysage musical est devenu de plus en plus francophone à travers tous les festivals qui ont émergé pendant cette période au Québec, c'est que des gens se sont battus pour ça. Et pourquoi?

Peut-être pour rien et qu'après tout, la bataille pour le fait français en Amérique ne vaut pas la peine d'être livrée. Que tous ceux et celles qui nous ont précédés depuis 400 ans et dont la Ville de Québec a loué la persévérance et le courage il y a deux ans et dont le Moulin à images continue soir après soir à faire l'éloge, n'étaient que des hurluberlus qui, à l'image de Don Quichotte, ont consacré leur vie à un fol idéal qu'ils ont confondu avec des moulins à vent.

Vous dites que les jeunes chantent en anglais, ce doit être qu'il y a pour eux des débouchés en fin de compte. L'attirance à chanter dans la langue de Shakespeare est grande, c'est certain, et l'a été de tous les temps. Surtout si on peut récolter en retour le beurre et l'argent du beurre, c'est-à-dire la reconnaissance chez soi et le potentiel de vendre beaucoup, beaucoup plus de billets de spectacle. Certains se mettraient à l'apprentissage du chinois pour chanter dans cette langue que je ne serais pas plus surpris qu'il faut.

Cela dit, les gens dans votre position sont en mesure de poser des gestes concrets, de donner à leur façon une tangente favorable à l'épanouissement de la culture populaire francophone d'ici et d'ailleurs.

Si malgré tout vous demeurez insensible aux précédents arguments, je me permets de penser que lorsque le Festival d'été de Québec se sera banalisé au point de ressembler à 100 autres manifestations du genre, que lorsque les touristes auront déserté le Festival, vous songerez, Madame Goulet, à ce que signifie vraiment le fait d'être «le phare de la culture francophone en Amérique».

***

Claud Michaud - Artiste de la chanson, animateur à CIBL Radio-Montréal, le 8 juillet 2010
 
 
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  • Andre Vallee
    Abonné
    samedi 10 juillet 2010 03h37
    Bien dit
    Le français, la ceinture fléchée, nos artistes, nos créateurs, notre ville, notre capitale, ... n'essayons pas de battre les Américains ou les Torontois sur leur terrain, nous ne réussirons pas. Les touristes qui nous visitent, veulent voir et sentir notre différence. Qu'elle explose, qu'elle soit de qualité, et soyons en fiers.

  • meme moi ici
    Inscrit
    samedi 10 juillet 2010 07h57
    un phare
    des artistes comme vous, faudrait en cloner au Québec,
    bravo pour cette lettre, j'écrivais justement dernièrement à notre poste de radio local pour leur dire à quel point nous apprécions qu'ils fassent jouer plus de musique francophone.
    Vous pouvez être considérer comme un pilier de ce phare de la culture francophone...
    bravo encore, le Québec a bien besoin de gens comme vous

  • Réal Ouellet
    Abonné
    samedi 10 juillet 2010 09h38
    Les Plaines
    L'horizon culturel de madame Goulet se réduit à remplir les Plaines!

  • Bertrand
    Inscrit
    samedi 10 juillet 2010 11h00
    tout changer pour ça
    Bravo et bien dit, ce qui me tracasse dans cette histoire c'est que suite aux plaintes très médiatiques du Maire de Québec, M. Labeaume et des organisateurs du festival d'été de Québec et son président, les Francofolies de Montréal ont du modifier leur horaire en fonction du prétendu scandale des dates de festival et que le festival d'été n'avait pas la possibilité d'avoir des artistes francophones... Avoir su ce qu'ils pensaient vraiment de la chanson francophone et comment ce même comité organisateur l'estime, aurions nous fait un tel scandale??? Mais au fond j'y pense, la chanson francophone a bien servit le festival et son maire... au moins ils ont se faire une publicité et jouer aux enfants martyrs sur son dos... Ça doit être ça une grande ville et une grand festivak de renom!

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    samedi 10 juillet 2010 15h34
    Québec et Montréal
    Que Montréal présente un festival avec des artistes qui chantent majoritairement en anglais, parfait mais que la même chose se passe dans la très francophone Ville de Québec ? Wash, wash, wash !

    Beaucoup de touristes choisissent Québec pour son côté vieille France, ils vont se sentir chez-eux avec toutes ces chansons en anglais. Pas fort.

    Si Québec veut tenir un festival international ou bilingue, qu'il l'annonce comme tel. Pas seulement le festival de Québec.

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