mercredi 8 février 2012 Dernière mise à jour 16h07
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Est-ce la fin de l'humour subversif?

Les rois de la blague se font maintenant moins mordants, moins subversifs, mais aussi plus consensuels et lénifiants. À qui la faute?

<br />
Rire
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir

Rire
Ils sont peut-être drôles, mais ils trompent finalement leur public. À preuve: tout en prétendant pouvoir rire de tout, les humoristes, qui s'emparent doucement de Montréal pour la 28e édition du festival Juste pour rire, ont plutôt considérablement réduit, dans les dernières années, leur sujet et objet de dérision.

Et ce n'est pas tout: loin d'être les rebelles offusqués que plusieurs prétendent être, ces rois de la blague se font désormais moins mordants, moins subversifs, mais aussi plus consensuels et lénifiants. La faute à qui? À l'industrialisation de l'humour, un peu, mais surtout à une chape moralisante qui, en arrivant par le champ gauche, se serait abattue sur nos sociétés... tristement pour la survie d'un humour qui décape, qui dérange et fait réfléchir, mais aussi pour la liberté d'expression, estime le journaliste français Martin Leprince, auteur d'un essai fascinant sur l'état de l'humour, intitulé Fini de rigoler. Peut-on encore se marrer quand on est de gauche? (éditions Jacob-Duvernet).

«Les humoristes nous mentent», lance à l'autre bout du fil le responsable du bureau parisien du quotidien régional Nord Éclair. Le Devoir l'a dérangé pendant ses vacances au début de la semaine. «Ils aiment se présenter comme des trublions pour mieux se vendre, mais sont finalement des artistes frileux qui pratiquent l'autocensure et exploitent un humour qui se fait sur des chemins balisés. La rectitude politique qui a envahi nos sociétés a aussi poli cette sphère de la culture.» Et autant en prendre conscience, pour mieux s'en sortir, selon lui.

Le changement de ton en humour serait facile à comprendre. C'est qu'aujourd'hui, «rire de ce qui n'est pas drôle n'est plus seulement une faute de goût, c'est une incitation à la haine», écrit-il dans son bouquin. «Nous croyions le rire libérateur, capable d'apaiser les tensions. Il ne ferait que les aggraver.»

Rire du scandale

L'humoriste Louis Morissette ne dira certainement pas le contraire. Hier soir, sur les planches du théâtre Saint-Denis, il a présidé, aux côtés de son pote Jean-François Mercier, à la destinée d'un gala Juste pour rire placé sous le signe du «scandale». L'objet scénique pensé pour être diffusé sur les ondes de TVA est rejoué ce soir. Il fait référence un peu à la tempête médiatique dans laquelle les deux comiques se sont retrouvés au lendemain de la présentation du Bye Bye, cuvée 2008.

Rappel des méfaits: une blague sur Nathalie Simard, mais aussi sur les pauvres et sur Barack Obama, visé côté noir dans une parodie de l'émission de Denis Lévesque à LCN, avait déchaîné les critiques en général et Le Journal de Montréal en particulier. Dans les premières semaines de 2009, le tabloïd a consacré six unes à la controverse. En gros.

«C'était clairement une chicane de médias qui s'est faite sur le dos des créateurs, analyse rétrospectivement Louis Morissette. En s'acharnant sur nous, un groupe de presse a attaqué la société d'État [Radio-Canada, diffuseur du Bye Bye] pour miner sa crédibilité et remettre en question son financement. La controverse a été créée de toutes pièces pour provoquer des réactions.»

La lecture des événements, qui sert aujourd'hui de moteur de promotion pour le duo qui se dit scandaleux — «on savait que ça allait faire jaser», assume l'ex-Mec comique —, est peut-être valable. Mais il y a certainement plus, croit Martin Leprince. La mise à mal d'humoristes sur la place publique est induite par les gardiens des valeurs dominantes qui, «comme tous les gardiens des valeurs dominantes, n'aiment pas que l'on rigole d'eux», dit-il.

Or, dans les années 1980, «les défenseurs du communautarisme ont réussi à imposer une rectitude dans la sphère politique, rectitude qui s'est déplacée ailleurs depuis», poursuit l'auteur. «Aujourd'hui, on ne peut donc plus rire des victimes, des religions, des handicapés, des homosexuels sans être publiquement taxé de xénophobie, de racisme, d'intolérance»... ou même d'infamie et de crime de lèse-majesté, que la blague soit bonne ou pas.

Le comique français Christophe Alévêque, qui a par le passé décapé les planches de la Maison Théâtre de Montréal, l'a d'ailleurs découvert récemment. Lors d'une émission de télé, relate M. Leprince dans son livre, il a qualifié de «ridicules les mecs de 40 ans qui font du patin à roues alignées» en soulignant «qu'ils devaient avoir deux neurones». Erreur. Il a déchaîné les foudres de cette communauté qui s'est mise à envahir sa boîte de courriels de messages haineux et injurieux. Le Roller Magazine a même menacé l'humoriste «d'avoir sa peau». Rien de moins.

Ne pas choquer pour vivre

La preuve est faite. «Quand l'humour essaye d'être subversif, en questionnant les valeurs établies, on trouve tous les moyens pour le limiter, poursuit Leprince. Cette posture moralisante finit par rendre les humoristes frileux», et ce, pour éviter les procès devant foule qui pourrait leur faire perdre des parts de marché.

C'est que d'art populaire, l'humour est devenu, comme bien d'autres composantes de la culture, une industrie payante dans laquelle les artistes évoluent comme des marques. «Dans ce contexte, aucun humoriste ne peut se permettre d'être pris en grippe par des médias, dit M. Leprince. Pour que ces affaires fleurissent, il ne doit choquer personne et ne peut donc que se montrer consensuel.»

Ce développement d'«un rire qui répond parfaitement [aux] sentiments humanistes sans heurter l'hypocrisie», comme l'écrit le journaliste français, le Québec n'y échappe pas non plus avec son petit marché dans lequel les drôles doivent chercher le consensus pour pouvoir vivre de leur art, souligne Louis Morissette. «Personne ne sort pas gagnant d'une controverse ici.» Et il ajoute: «J'ai toutefois l'impression que le public est toujours un peu en avance sur les médias en matière de tolérance face à l'humour. Ce que je lis dans mon journal, ce n'est pas ce que j'entends dans mes soupers de famille, quand je suis avec mes amis ou quand je croise des gens dans la rue.»

Martin Leprince l'espère d'ailleurs, lui qui revendique haut et fort, comme remède à la rectitude ambiante, «le droit de rire des gens qui se prennent trop au sérieux», comme Coluche, un illustre comique de son pays, l'a souvent mis de l'avant. «Par nature, la bêtise est partout, à droite comme à gauche. On doit en rire, pas seulement dans les endroits balisés. Aujourd'hui, les humoristes, même ceux qui se disent engagés, ne s'inscrivent plus en opposition aux dogmes de notre époque. Ils incarnent ces dogmes». Un constat qui invite certainement à rire, pour éviter d'en pleurer.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Kim Cornelissen
    Inscrite
    jeudi 8 juillet 2010 03h46
    Peut-être qu'on ne rit plus parce qu'ils sont plattes...
    Ça fait un bon bout de temps que je trouve que les humoristes sont peu intéressants, qu'ils se croient drôles parce qu'ils sont insultants ou vulgaires (Louis Morrissette en sait quelque chose) et l'omniprésence des gars en humour amène également de la médiocrité, pas parce qu'ils sont des gars bien sûr, mais parce que les sujets traités dans l'humour québécois manquent d'horizon et sont plutôt étroits ces temps-ci... Les caricaturistes s'en sortent mieux, habituellement...

  • BML
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 05h04
    Faudrait-il en pleurer ?
    En accord avec l'ensemble de l'article. La citation de M. Leprince : «un rire qui répond parfaitement [aux] sentiments humanistes sans heurter l'hypocrisie», me fait regretter que le terme "humaniste" soit associé a cette correction de l'humour. Dans le temps, j'avais appris que l'humanisme de langue française, ce n'était pas seulement Montaigne, c'était aussi Rabelais. L'humanisme était alors le poil à gratter de l'hypocrisie. Mais peut-être parlait-on d'une intelligence humaniste, et non d'un sentiment.

  • Jacques Morissette
    Abonné
    jeudi 8 juillet 2010 06h22
    L'humour parfois oui, mais tout le temps non.
    Avoir le sens de l'humour, en disant ces mots, j'ai comme le flash de certains amis qui ont vraiment la manière judicieuse de me faire rire à l'occasion. Mais ils ne font pas n'importe quoi, pas tout le temps non plus.

    Mais, au Québec, on dirait que l'humour est comme un événement passe partout dans beaucoup de domaines. On peut presque associer l'humour à un marché, comme un vase qu'on remplit de n'importe quoi le plus souvent pour attirer les foules.

    À l'occasion oui, mais je n'aime pas les vases de mauvaises qualités qui débordent tout le temps. C'est un marché qui doit répondre à un certain besoin; j'en conviens. Mais, culturellement parlant, est-ce pour compenser d'un certain vide, quand la population en redemande?

  • pierre savard
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 06h24
    En effet...
    Il est vrai que nos zartistes humoristes de gauche au Québec sont les rois de la quétainerie. Ils n'ont aucune imagination, ne s'attaquent plus aux politiciens, aux dogmes syndicaux, moraux, etc. La gauche est reconnue pour son manque d'humour. Suffit de voir nos chefs syndicaux, nos leaders de partis de gauche (QS, PQ, PLQ, PLC, NPD,BQ et cie) pour constater que gauche et humour ne vont pas ensemble. Quoi de plus désolant et ennuyant qu'un discours de Francoise David, de Gilles Duceppe, de Amir Khadir, de Claudette Carbonneau, de Pauline Marois, etc. ? Ces hommes de gauche ont anesthésiés notre société.

  • Tube
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 06h50
    De la subversion à la subvention
    Ce que vous dites en termes bien polis c'est que les humoristes sont passés du côté du pouvoir. Qui peut les en blâmer? Il faut gagner sa vie et au Québec c'est certainement une industrie florissante. D'ailleurs, il ne faut pas être trop sévère envers les humoristes. Ils ne sont pas les seuls à avoir abandonné toute idée de subversion. On peut dire la même chose de journalistes, de chanteurs, d'une partie des syndicats, de partis politiques même. Le ridicule fait vivre et on fait parfois de petits compromis pour toucher le chèque attendu. Que celui qui n'a jamais péché...

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 07h05
    L'humour
    Il ne reste plus aux humoristes que la politique et le sexe. Dans un cas comme dans l'autre, ils versent dans la vulgarité.

  • Claude Kamps
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 07h23
    L'extrême droite sera toujours oppressante
    Comme ce Monsieur Ouelette qui dénonce les avortements librement consenti par les victimes du viol...
    Comme la façon de diriger de Charest qui se présente comme un libéral mais est un conservateur...
    Comme les gens plus âgés qui critiquent les idées des jeunes en oubliant que leurs parents ont fait bien pire, on oublie qu'en 1970 , par exemple, on obligeait les filles mères ou les couples non mariés à faire adopter leurs enfants...

  • Rodrigue Tremblay
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 07h55
    Le fameux ByeBye
    Le ByeBye s'est fait descendre parce qu'il était mauvais. Point à la ligne. Les blagues sur les Noirs, sur Nathalie Simard, la vulgarité du Gros Cave n'étaient vraiment pas drôle.
    D'ailleurs vous devriez demander à Radio-Canada pourquoi ils reviennent avec le couple-chéri qui semble avoir d'incroyables contacts dans la boite?

    Québec

  • France Marcotte
    Abonnée
    jeudi 8 juillet 2010 07h55
    L'humour qui décape ne laisse pas tranquille
    Le journaliste donne un bien drôle d'exemple de ce que serait l'humour subversif: il rirait des victimes, des religions, des handicapés, des homosexuels... L'humour subversif dont on aurait vraiment besoin pourtant, c'est celui qui narguerait les pouvoirs politiques, qui ne ferait pas que divertir mais qui aiguillonnerait même les rigoleurs plutôt que de les laisser passifs et la bouche ouverte sur leur chaise de festival. L'humour subversif n'est pas confortable, il a un rôle politique.

  • Yvan Dutil
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 08h18
    Des fadaises rien de plus
    Louis Morissette et Jean-François Mercier ont produit un Bye Bye merdique en 2008. Ils sont juste trop cons pour s'en apercevoir. On peu rire de n'importe quoi dans la mesure où on ne sombre pas dans le pipi-caca. Malheureusement, c'est le genre de chose que bien des humoristes ne peuvent comprendre.

  • Socrate
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 08h20
    Viagra
    Il resterait toujours à se moquer des humoristes pour faire le change, mais étant donné qu'ils sont presque tous sur le Viagra tout comme les Boys de Radio-Canada, il faudra toujours repasser avant de pouvoir trouver tous ces petits drôles amusants. Petite pose publicitaire.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 08h21
    Chanceux, oui monsieur !
    Nous pouvons nous compter chanceux d’avoir tant de talents d'humoristes au Québec, probablement plus que partout ailleurs sur le globe et qui vivent, en général, bien de leur art.

    Il y a quelques exceptions qui exagèrent un peu sur le pipi caca poil mais, ça prend beaucoup de talent et d'imagination pour faire rire une salle pleine de toutes les sensibilités imaginables ou pas.

    Bravo à nos humoristes et longue vie parce que des affaires graves prises trop sérieusement, ça donne le cancer, à la longue.

  • Jean St-Jacques
    Abonné
    jeudi 8 juillet 2010 08h45
    L'humour est malade
    Jeumo ne paierai pas un sou pour aller entendre un humoriste québecois:

    1. mauvais français
    2. sujets mal exploité
    3. sacres
    4. farces plattes sur le sexe
    5. billets trop couteux pour un contenu faible

    On devrait l'appeler le festival juste pour pleurer

  • René Bolduc
    Abonné
    jeudi 8 juillet 2010 08h47
    humour conservateur
    Il fut un temps ou même des lieux, où l'humour représentait la revanche des petites gens sur les puissants de ce monde. Or, hier, que vois-je au Téléjournal ? Au show de Morissette et cie, au lieu de planter le clou sur les comportements pour le moins bizarres de Claude Dubois, on le réhabilite en le faisant monter sur scène. Et le public de rire : "hé oui, on t'aime pareil et on passe la serviette sur ton comportement condamnable." C'est supposer être décapant ? Ah ben ....

    Parlant d'humour, Morissette en pousse une bonne dans l'entrevue qu'il accorde au Devoir : "le public est toujours un peu en avance sur les médias en matière de tolérance face à l'humour. Ce que je lis dans mon journal, ce n'est pas ce que j'entends dans mes soupers de famille, quand je suis avec mes amis ou quand je croise des gens dans la rue." Mes amis et ma famille et les gens qui me saluent ne me critiquent pas, donc, les médias ont tout faux. Quelle lucidité !

  • Sanzalure
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 08h50
    La faute à qui ?
    On a les humoristes et politiciens qu'on mérite. Si on aime pas l'humour ou la politique, le problème, c'est pas les humoristes ou les politiciens, mais le public et les électeurs. Le problème, c'est la population. Et c'est aussi là qu'est la solution. Le sauveur apparaît quand la population est prête à être sauvée. Des sauveurs, il y en a des centaines, des milliers qui attendent leur heure. Leur heure ne viendra pas tant que la population ne sera pas prête. C'est à la population d'avancer. Mais la population recule. Alors les politiciens et les humoristes ne peuvent que reculer aussi. Toute ma vie, j'ai été marginal et j'ai avancé jour après jour. Et c'est frustrant d'être obligé de subir ce manque d'humour et d'intelligence politique parce que le reste de la population n'entend pas à rire et encore moins à penser.

    Serge Grenier

  • Jacques Saint-Cyr
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 08h50
    Humour subversif, un oxymoron au Québec
    "Humour subversif"? Vous voulez rire! Quand on n'en a que pour les foufounes, le char, sa blonde, le petit monde très copain-copain de l'humour québécois (même école, même gérants) le "récit de vie" et la nouvelle du jour, on est très loin de la subversion.
    Les humoristes québécois d'aujourd'hui ne savent plus ce qu'est l'irrévérence et la formule qui tue. Même les Zapartistes, qui touchent au politique, sont prisonniers de leurs idées reçues.
    L'humour d'ici, c'est le confort du brassage de bédaines et du rire gras, à l'abri des intellectuels et de la pensée subversive.

  • Jacques Morissette
    Abonné
    jeudi 8 juillet 2010 08h59
    À Tube et à l'opposé au terne Pierre Savard.
    Intéressant votre texte!

    Tout le contraire du texte plutôt terne et insignifiant de Pierre Savard.

  • Jean-Serge Baribeau
    Abonné
    jeudi 8 juillet 2010 09h06
    La lente agonie de Jean qui pleure: en rire ou en pleurer (1)
    Je me dois de dire, de hurler et de proclamer, au risque de passer pour plus tristounet que rigolo, que je considère que la société québécoise, depuis une vingtaine d’années, semble vénérer la rigolade absolue, totalitaire et omniprésente. Il y a au sein de notre société une pléthore désolante et dévastatrice d’humoristes qui, pour la plupart, font la promotion d’un rire débiloïde, trivial et souvent méprisant pour «les plus petits».

    Sans avoir la prétention de développer une théorie originale et subversive du rire et de l’humour, je dirai que le charme de l’humour, c’est qu’il est souvent lié à l’irruption de l’insolite, de l’absurde, de l’inattendu, de l’imprévu. Et quand c’est brillamment exécuté, cela fait du bien et peut même provoquer un rire proche des larmes. Il est des moments privilégiés où Jean qui pleure et Jean qui rit se donnent fraternellement la main.

    J’ajouterai aussi que de très nombreuses formes d’humour consistent à «inférioriser» des individus en particulier ou des personnes appartenant à diverses catégories sociales. Lorsque l’humour est à la troisième personne du singulier, il consiste souvent à demander : «connais-tu l’histoire du gars, du fou, du Newfie, du Belge, de la blonde, du Juif, du curé, du fonctionnaire, du journaliste?». L’humour, cela consiste souvent à rire ou sourire des bévues, erreurs ou faiblesses des autres. Très fréquemment cela se fait très affectueusement. Parfois c’est plus mordant, plus vitriolique, plus dénonciateur. Toutefois, lorsqu’il m’arrive d’entendre (et parfois d’écouter) de nombreux «humoristes» québécois, je trouve que ces petits comiques, souvent détenteurs de diplômes humoristiques (émis par une certaine école dite de l’humour), s’amusent à «inférioriser» et à ridiculiser les plus démunis, les plus mal pris et ceux qui sont le moins capables de se défendre.

    JSB, sociologue des

  • Jacques Morissette
    Abonné
    jeudi 8 juillet 2010 09h07
    À France Marcotte et aussi à Socrate.
    Depuis quelques temps, J'ai remarqué votre présence dans les forums du Devoir. Je lis vos commentaires très souvent judicieux, avec grand plaisir.

    Socrate, je vous emprunterai votre Viagra pour dire que les humoristes, pas tous, font parfois de l'humour enflé et qui se mesure à la verge. On dit que c'est plus cher à la verge quand on est populaire.

  • Jean-Serge Baribeau
    Abonné
    jeudi 8 juillet 2010 09h08
    La lente agonie de Jean qui pleure (suite)
    Or je prétends qu’une des fonctions de l’humour, c’est d’attaquer, autant que faire se peut, les puissants, les exploiteurs, les escrocs de tout acabit, les «vrais» racistes, les «vrais» xénophobes, les «vrais» bourrés de milliers de préjugés», les «vrais» profiteurs, les «vrais» salopards. Je partage le point de vue de Jean Yanne lorsqu’il affirme : «L’humoriste est là pour désacraliser les choses en faisant des pirouettes autour de l’ordre établi». Et Raymond Queneau n’a pas tort lorsqu’il prétend : «L’humour est une tentative pour décaper les grands sentiments de leur connerie».

    Je prétends aussi qu’en ce qui concerne l’expressions «artistique» dans toutes ses manifestations, le rire, la comédie et l’humour sont essentiels. Mais pleurer à l’occasion ou être profondément ému ou bouleversé par une œuvre dramatique ou tragique, cela peut aussi être tonique. Actuellement on dirait que Jean qui pleure a été totalement estropié, mutilé, voire éliminé, par Jean qui rit, par Jean qui ne cesse de rire comme un véritable demeuré.

    En fait, l’industrie de l’humour minable occupe beaucoup de place au sein de la société québécoise. Et certains humoristes devraient, à l’instar de Woody Allen, faire de l’humour à la première personne du singulier. Qu’une partie de soi-même «infériorise» une autre partie de soi-même, cela ne peut qu’être salutaire. Le sens de l’humour, c’est aussi (sinon surtout) savoir rire de soi-même.

    En fait, je souhaite le retour de Jean qui pleure pour concurrencer ce vieil imbécile potentiel qu’on appelle Jean qui rit.

    JSB, sociologue des médias

  • Gebe Tremblay
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 09h23
    Tout comme les journalistes
    Le choix, comme exemples, d'humoristes aux contenus absolument insignifiants pour appuyer l'opinion de Martin Leprince est révélateur.

  • Michel Mongeau
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 09h26
    Irrévérence et conformisme
    Il y a dans l'humour véritable, quelque chose qui échappe à toute tentative d'institutionnalisation. C'est pourquoi l'on devrait parler, au Québec, d'une industrie du comique. D'ailleurs, si vous observez la photo au- dessus de l'article de monsieur Deglise, ces trois jeunes gens semblent exhiber une sorte de rire ''social'', où chacun se complait dans le caractère convenu de la blague qui passe et qui rassemble. L'humour, à la différence, est ailleurs, souvent imprévisible, parfois à la limite du tolérable, jamais de bon goût, à moins qu'il ne se moque de celui-ci. Parfois universel, par exemple un chien qui urinerait dans un soulier vide, parfois purement culturel comme dans les comédies étasuniennes qui ne touchent généralement que les plus jeunes générations. Cette industrie est devenue quelque chose qui voit d'abord à sa propre survie en produisant des acteurs s'activant autour du plus petit commun dénominateur. Hélas, c'est souvent pathétique!

  • France Marcotte
    Abonnée
    jeudi 8 juillet 2010 10h24
    Gentil à vous monsieur Morissette
    Merci monsieur. J'ai aussi beaucoup de plaisir à les écrire. Vous me rassurez en me disant que ce n'est pas inutile.

  • Pierre Samuel
    Abonné
    jeudi 8 juillet 2010 10h27
    Reflets de sociétés...
    Les humoristes, à quelques exceptions près, ont toujours été le reflet de la société dans laquelle ils vivent! Dans un monde largement consumériste, dépolitisé et acculturé, on ne peut certes pas se montrer «subversif» si l'on veut faire du «cash» à moins d'être complètement maso...et se condamner à l'oubli!

    Tout de même bizarre qu'on doive maintenant leur «enseigner» (!) l'humour,,,Où les Devos, les Cyniques, les Favreau (Sol), les Deschamps, les Desrochers avaient-ils appris???

  • jocelyne53
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 10h30
    Humour du vide.
    J'ai beaucoup apprécié les explications, longues mais fort utiles, de JSB sociologue. Les humoristes québécois auraient intérêt à se démarquer des autres artistes du rire en prenant comme exemple notre regretté SOL. SOL, notre Charlie Chaplin national, nous faisait rire finement et prendre conscience de toutes les absurdités de la vie. Les grands humoristes demeurent dans la mémoire collective.

    Faire comme eux cela demande du travail, du courage, de l'intelligence et surtout une conscience que quelque chose ne tourne pas rond en ce moment et qu'il est encore temps d'y remédier.

  • Pataflore
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 10h47
    En avoir ou pas
    S'il y avait un mot de la fin, il serait incontestablement: EN AVOIR OU PAS. Et si on te les coupe? Déclare une révolution monstre, ça les fait repousser encore plus grosses et plus mordantes! Si l'humour perd ses vertus décapantes, dans quel ka(f)ka vivront vos enfants?

  • Godefroy
    Abonné
    jeudi 8 juillet 2010 10h51
    C'est pas drôle mais c'est payant
    Quand on rit de tout et de rien, on n'est peut-être pas loin du facisme comique bourgeois "Y a rien là " subventionné par Ottawa - comme le G20 de la matraque comique du chef de police torontois "Y a rien là" -.

    On appelle ça rire du monde. On n'est pas loin de la folie publicitaire de la consommation du "n'importe quoi" . C'est à mourir de rire.

  • Pierre-Michel Tremblay
    Abonné
    jeudi 8 juillet 2010 11h08
    bouc-émissaire
    Parfois, j'ai l'impression qu'on prend les humoristes pour les boucs-émissaires de la médiocrité et la frilosité du "mainstream".
    La violence des attaques à leur endroit, le fiel acide qu'on déverse sur eux est pathétique. On n'analyse plus, on se venge, on éructe sa frustration, ça ressemble à du fascisme d'intello frustré qui prend un groupe cible pour le rendre responsable de tout (comme dans le nazisme les juifs étaient responsables de la misère économique de l'Allemagne).
    Correct pour questionner, critiquer, s'indigner mais les propos qui ici se veulent intelligent ressemble plus à des auditeurs de Jeff Fillion en colère.
    C'est navrant.

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 8 juillet 2010 11h09
    Daniel Lemire
    J'espère que dans son nouveau spectacle, Daniel Lemire aura su s'écarter de la compromission à laquelle conduit le politiquement correct. Il fut si décapant jadis.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Michel Fafard
    Abonné
    jeudi 8 juillet 2010 11h37
    Humour libertaire
    Il ne faut pas oublier que Coluche était un libertaire. Se sont bien les seuls aujourd'hui qui peuvent se foutre de tout. Comme j'aimerais être un esprit libre.

  • France Marcotte
    Abonnée
    jeudi 8 juillet 2010 11h54
    M.P.-M. Tremblay
    Vous confirmez que les humoristes ne font que suivre le courant, donc qu'ils sont opportunistes alors qu'on leur demande d'être des taons dans la cité. On n'attaque pas les humoristes ici, on se moque de leurs prétentions et de leur panse trop lourde pour rire avec finesse. Si en plus ils ne savent pas se défendre sans évoquer le nazisme...

  • Michel Bédard
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 12h42
    Le rire plate qui chloroforme...
    Que des guignoles... "moins mordants, moins subversifs, plus consensuels et lénifiants." Moins... erreur, ils l'ont été assez peu, disons le. Faute à qui ? Surtout à une chape moralisante qui, en arrivant par le champ gauche, se serait abattue sur nos sociétés... " Exit l'humour qui décape, dérange et fait réfléchir. Exit la liberté d'expression.

    Peut-on s'attendre à du "mordant" et à des discours qui portent à réfléchir quand ces guignoles, leurs maisons de production, et le festival du rire reçoivent des pouvoirs publics d'injustifiables crédits d'impôts et des subventiions ? Au début des années 90, le festival de Rozon avait refusé de recevoir sur scène le représentant du Parti Éléphant Blanc de Montréal... Peut-on s'en étonner, Rozon quémandait annuellement des subventions à la Ville. Au Québec, même le Rire est en conflits d'intérêts... Foglia: l'industrie de l'humour est une vaste entreprise de décervelage. Et c'est voulu par le pouvoir, pour mieux contrôler le peulple, le "distraire" (divertissement, comme dans diversion). Au Québec, c'est toujours l'ère "du pain et des jeux", pain en moins... Chapeau à Guy Nantel, un résistant. Michel Bédard, Fierté Montréal.

  • Celine A. Massicotte
    Abonnée
    jeudi 8 juillet 2010 13h05
    À Gilles Bousquet: le fond du baril.
    Vous trouvez qu'on est chanceux. En vertu de quoi faut-il avoir un nombre faramineux d'humoristes, souvent insignifiants?

    Je me réfère à un passage d'une chanson de Jacques Brel: "ils se tordent le cou, pour mieux s'entendre rire". Ça vaut pour les humoristes mais surtout pour une majorité de Québécois...

    Oui, nos humoristes s'occupent aussi du domaine politique, mais sans aucune profondeur, aucune recherche, aucune subtilité surtout, car ça... ça ne fait pas partie de leur corde...

    Pour ce qui est du renouvellement du contrat de la SRC, pour le bye-bye, à mon avis c'est juste un pied de nez aux auditeurs. Juste pour rire?

  • 93Licar
    Abonnée
    jeudi 8 juillet 2010 13h21
    France Marcotte (bis)
    Au moment où je lisais votre commentaire, Monsieur Morissette, je me faisais la même réflexion que vous au sujet de Madame Marcotte. Des propos clairs, pas de hargne ou de pointes revanchardes envers qui ne pense pas comme elle, une maîtrise de la langue et de la pensée, ouf! c'est rafraîchissant et ça permet de poursuivre la réflexion!

  • Jean-Serge Baribeau
    Abonné
    jeudi 8 juillet 2010 13h52
    Le politiquement correct et son contraire radical
    On accuse beaucoup le politiquement correct et le «vertuisme» qui l'accompagne d'être la cause de la piètre qualité de l'humour. Personnellement je déteste profondément et radicalement cette «correctitude» politique, intellectuelle, moraliste, cucul et gnangnan qui oblige de nombreuses personnes à s'autocensurer et à penser d'une manière angélique de crainte de blesser les écorchés de la vie.

    Mais je ne considère pas que, dans le cas de l'humour, le problème crucial soit le politiquement correct. Il s'agit plutôt d'une sorte d'opportunisme vénal et très intéressé qui fait qu'on rit plus des faibles que des forts, les forts étant ceux qui, dans une certaine mesure, garantissent l'emploi et les revenus lucratifs.

    Il faut comprendre que le politiquement correct est éminemment condamnable et délétère. Mais son contraire (le racisme, la xénophobie, l'homophobie, la misogynie, etc) est encore plus dégueulasse que l'insupportable politiquement correct.

    JSB

  • Socrate
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 15h01
    botox
    Le sexologue de l'Oncle Georges lui a enfin clairement expliqué que le Botox n'était pas suffisant pour se remonter la libido.

  • Pierre-Michel Tremblay
    Abonné
    jeudi 8 juillet 2010 15h49
    À Mme Marcotte
    Je ne défends pas les humoristes, je constate que certains intervenants, contrairement à vous, manque justement de subtilité et de finesse. Il est difficile de croire à la lecture de certains commentaires qu' on n'attaque pas humoristes.
    De p,us je ne confirme pas que les humoristes ne font que suivre le courant. Rien dans mon commentaire ne permet d'affirmer cela ( du moins je le pense)

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    jeudi 8 juillet 2010 16h22
    Humeurs
    Je me demande comment il se fait que tant de spécialistes de l'humeur, dits humoristes soient millionnaires et que tant de gens se ruent pour s'abreuver de leur pauvreté langagière et traverser avec eux leur désert d'idées.

    Je crois que les gens sérieux ne sont ceux qui en ont l'air. Il n'y a pas plus emmerdeur que le sérieux emprunté. Ne crachez pas si allègrement sur ces humoristes, se peut-il que quelque chose vous échappe ?

    On ne sait plus trop à qui l'attribuer, certains à Boris Vian, d'autres à Kierkegaard, mais je vous laisse réfléchir à cette citation : «L'humour est la politesse du désespoir». Nos humoristes sont plus près des philosophes qu'on ne le croit. Cette fois, Kierkegaard l'a vraiment dit, «l'humoriste, comme le fauve, va toujours seul»

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 17h05
    @ Mme Celine A. Massicotte
    Celine A. Massicotte, vous écrivez : «vous trouvez qu'on est chanceux. En vertu de quoi faut-il avoir un nombre faramineux d'humoristes, souvent insignifiants? »

    L'humour est une nécessité de la vie pour ne pas mourir d’une attaque ou d’un cancer, trop sclérosé, stressé ou poigné par la gravité de la vie. Vaut mieux en rire qu'en pleurer. Et faire rire est certainement un des plus difficiles métiers au monde. Pour vous en convaincre, tentez de dérider une assemblée pendant 2 heurs d'affilé.

    M. Yvon Deschamps a été capable de dire des vérités en humour, mieux que personne de la façon simplement sérieuse et c'est encore le cas pour une grande majorité de nos humoristes mais faut être réceptifs à leurs messages et sortes d'humour. Même chose pour la musique, certains aiment le jazz ou la musique classique ou le country ou le swing ou les comédies musicales mais nous avons besoin de tous ces genres pour améliorer la qualité de vie du peuple que les écoute...genre.

    Remercions la majorité de nos humoristes qui mettent de la détente dans nos vies.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 18h08
    @ M. Gagnon
    M. Gagnon écrit : «Cette fois, Kierkegaard l'a vraiment dit, «l'humoriste, comme le fauve, va toujours seul»

    Avec le nombre important de spectateurs, pas seul au Québec.

    Ça me fait penser aux chanteurs country et à Olivier Guimond qui étaient considérés comme des quétaines pas la haute et réhabilités, en bonne partie, par la suite.

    Le spectateur a souvent raison. Quand un humoriste n'est plus utile ou pertinent, il disparaît rapidement. Il force personne à assister à ses spectacles et que ceux que ça dérange se contente de s'abstenir ou de changer de postes à la place de tenter de les « régimenter » à leurs idées de sensibilité.

    Chaque humoriste possède son style bien particulier, que chacun choisisse, comme en musique, celui qui lui convient.

  • Socrate
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 19h49
    Oréal
    L'Oréal est à l'âme ce que Nicolas est à l'être.

  • lefoudunord
    Inscrit
    jeudi 8 juillet 2010 20h16
    DE RBO a aujourd'hui
    Depuis qu'un animateur de radio de Québec a appris que ca coutait 500000$ dire d'une femme qu'elle a une poitrine plus imposante que sa, les humoristes sont devenu frileux. Pourtant RBO et Normand "Piment Fort" ont fait bien pire avant sans etre éfleurer par par des menaces judiciare! Un truc pour nos humoristes: Dites que vous avez votez PQ, que vous voyez Amir Kadhir dans votre soupe et que Harper est un idiot, vous allez pouvoir dire n'importe quoi sur n'importe qui! Demandez a Guy A Lepage! Allez jamais dire que Obama est un imbécile et que Bush est un homme TRÈS instruit! La, vos paroles seront scrutter a la loupe!
    EN terme simple, flatter la gauche, et dites des horreurs!

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    samedi 10 juillet 2010 07h42
    Une panoplie d'humoristes???
    Le Québec a un besoin IMMENSE de rire...de nouveaux humoristes apparaissent régulièrement...
    mais l'humour qu'ils pratiquent n'est pas de la même qualité...il y en a qui font pitié, qui ne lève pas haut...comme on dit dans le langage populaire..
    il y a les comiques de "situation"
    il y a les comiques qui ont vraiment l'esprit très pointu qui savent jouer avec la langue française...les doubles sens...Marc Favreau excellait dans ce sens: le garnement pour le gouvernement etc...
    Ce doit être un signe des temps, cette prolifération d'humoristes: éoeurite aiguë envers la politique, difficultés financières, désespoir vis-à-vis certaines situations etc...

  • Gebe Tremblay
    Inscrit
    samedi 10 juillet 2010 10h55
    Infantiles, les Québécois
    Zbigniew Brzeziński déclarait récemment que pour la première fois de l'histoire une majorité de la population mondiale était éveillée politiquement. C'est un contexte nouveau qui ébranle les puissants.

    Les Québécois sont les seuls qui n'ont pas atteint la maturité pour se décoloniser et se prendre en main. Ils se sont fait une industrie de "chatouillage en dessous des bras" et "grimaces" pour se faire rire comme des bébés, pendant que des humoristes dans le reste du monde exposent le ridicule des puissants et éveillent encore plus les consciences faisant fi des poursuites. Les Québécois ne sont pas dans le coup. Ils sont dans une garderie.

    Les Québécois ont les humoristes lâches qu'ils méritent.

  • Daniel Vézina
    Abonné
    dimanche 11 juillet 2010 09h33
    Il manque la profondeur dans l'humour d'aujourd'hui.
    Les Cyniques étaient là au moment où les Québécois se sortaient de la "Grande Noirceur"; l'humour était alors cinglant, mais intelligent, envers la religion, la politique. Depuis, notre "doux confort" établi fait qu'aujourd'hui, les Québécois ne s'élève plus contre rien. Plus rien à défendre, plus rien à rire contre vraiment, mis-à-part les sujets "instantanés". On se contente de ce que l'on a.

    On est à peu de chose près de l'humour "pipi-caca" et de s'en contenter...

  • Celine A. Massicotte
    Abonnée
    dimanche 11 juillet 2010 17h23
    À M. Gille Bousquet:
    Même s'il m'arrive d'être stressée et que je n'ai pas eu la vie tellement faicile, je ne me sens absolument pas "poignée par la gravité de la vie". J'ai toujours trouvé que la plupart du temps ce qui se passe, ce qui survient dans la vie est plus drôle, malgré tout, que la majorité des spectacles d"humour ou des comédies. L'être humain en soi est une drôle créature... Alors si j'attendais après les humoristes actuels pour me dérider... je serais pas belle à voir!

    Vous avez écrit "Yvon Deschamps a été capable de dire des vérités en humour, mieux que personne de la façon simplement sérieuse", jusque là je suis entièrement d'accord avec vous mais pour la suite... Vous dites aussi qu'"il faut être réceptifs à leurs messages et sortes d'humour". Ben... on l'est ou on ne l'est pas. Et le sérieux que vous leur accordez, en général je ne le vois pas: il y a une telle surenchère qu'à mon avis ça mine le genre. La majorité d'entre eux, même en entrevue, ne sont pas capables d'être sérieux plus de trois minutes...

    Mais jaser entre ami-e-s, observer le monde, c'est souvent plus tordant. L'humour du peuple (entre autres sur les forums du Devoir) a aussi un avantage, il ne coûte rien!

  • Celine A. Massicotte
    Abonnée
    dimanche 11 juillet 2010 19h02
    L'humour et l'émotion
    Pour faire suite à mon autre commentaire, je crois que le génie de Deschamps était d'entremêler parfois l'humour et l'émotion au sein d'un même monologue, et le rire n'est jamais aussi intense qu'après l'émotion.

    Mais dans la tendance actuelle, comme le dit la sagesse populaire, il en va en humour comme pour bien d'autres choses... trop c'est comme pas assez.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    lundi 12 juillet 2010 04h04
    @ Mme Massicotte
    D'accord avec vous Mme Massicotte mais nous ne sommes pas tenus d'écouter tous nos humoristes et vous avez partiellement raison d'écrire : «L'humour du peuple (entre autres sur les forums du Devoir) a aussi un avantage, il ne coûte rien! » Parce qu'il y a plein d'émissions de télé, complètement gratuites, qui nous présentent les meilleurs sketches de nos artistes comiques d'ici et de France, pas toujours au goût du Québecois.

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    lundi 12 juillet 2010 10h42
    @Gilles Bousquet
    L'humour est une nécessité de la vie pour ne pas mourir d’une attaque ou d’un cancer, trop sclérosé, stressé ou poigné par la gravité de la vie. Vaut mieux en rire qu'en pleurer (Gilles Bousquet)
    --------------------------------------------------------

    Encore faut-il que ce soit drôle sinon, vaut mieux en pleurer.... car certains font pitié!

  • TRIPOD
    Inscrit
    lundi 12 juillet 2010 18h04
    Vivement une nouvelle génération d'humoristes "ENGAGÉS" ...
    Aujourd'hui, nous sommes bien loin de l'humour décapant des Cyniques des années 70 ou de celui des irrévérencieux Rock et Belles Oreilles une décade plus tard, vivement une nouvelle génération d'humoristes vraiment "ENGAGÉS" !

    LE PROBLÈME avec les humoristes actuels, c'est qu'aussitôt qu'ils commencent à être le moindrement connus, ils tentent de plaire à tout le mondre, de ménager la chèvre et le chou et ils perdent ainsi toute la hargne et la fougue qui les animent souvent lors de leurs premiers spectacles ! Ils perdent alors toute crédibilité lorsqu'ils tentent de rechausser les patins !

    Pourtant juste avec les politiciens "chevronnés" (Charest et cie) que nous avons ici et toutes leurs récentes frasques, il y aurait du matériel en masse pour écrire quelques très très bons spectacles !

    En humour, la politique, tant au Québec qu'au Canada, il n'y a que ça de vrai, il vaut mieux en rire, parce que ça peut parfois devenir triste à en pleurer !

  • Jean Michaud
    Inscrit
    mardi 13 juillet 2010 11h29
    La vérité est que:
    L'humour au Québec se déteriore dû au manque de culture des Humoristes, de vouloir absolument être Québecois et ne penser que Québecois, nous avons des humoristes limités, il ne parle de ce qu'ils connaissent et comme leur connaissance sont limités leur humour est limité. De plus, ne pouvant être eux même car ils sont formés comme des robots..imaginez, des humoristes ressemble à Louis José Houde...il N.a que quelques années derrière la cravate et déjà par manque de créativité les jeune l'imite.et se limite. À former des humoristes on diminu l'excellence.

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    mardi 13 juillet 2010 12h29
    @TRIPOD
    Pourtant juste avec les politiciens "chevronnés" (Charest et cie) que nous avons ici et toutes leurs récentes frasques, il y aurait du matériel en masse pour écrire quelques très très bons spectacles ! (TRIPOD)
    ----------------------------------------

    Justement, en France, deux humoristes bien connus ont perdu leurs jobs lucratifs à la télévision car ils étaient devenus trop décapants aux goûts de certains politiciens visés....il y a des limites à ne pas dépasser car tous les citoyens ne militent pas nécessairement pour le même parti politique....

    Au Québec, nous avons bien assez des débats à l'assemblée nationale qui ont viré à la foire d'empoigne lors de la dernière session parlementaire....sans devoir en plus supporter les radotages des humoristes!

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    jeudi 15 juillet 2010 00h20
    De la langue de bois à personne à tout faire
    Probablement à cause des commandites ou on finançait tout ce qui à trait à la culture même la médiocrité et voilà que le nonbre à augmenter de façon importante, mêler à la langue de bois et de voir à toute les sauces comme acteurs, anamateurs etmalheureusement plusieurs ne font pas le poid d'un comédien chevronné ou d'un animateur chevronné même à la radio on n'enbauche plus des étudiants ou des exterts en radio mais des humoristes. Ils sont sur toutes les scènes ce qui fait le recul de plusieurs à voir encore les mêmes avec les mêmes farces.

  • Genevieve B
    Inscrit
    mercredi 21 juillet 2010 13h30
    Pourquoi les humoristes?
    Les dernières années ont vu naître un nouveau sport au Québec : l’humoriste-bashing. Pourquoi ? On n’en sait trop rien.

    - Pourquoi changer vous de chaînes à la radio sans monter aux barricades quand un chanteur fredonne des paroles insignifiantes?

    - Vous parlez de la tendance des humoristes à dénigrer les « plus petits ». Quand je lis plusieurs commentaires, je vois du dénigrement de ce que vous considérer comme « plus petits ».

    - Comme quelqu’un l’a dit plus haut. Essayez de faire rire des centaines de personnes pendant 2 heures. C’est tout un exploit ! Que savez-vous vraiment du travail d’humoriste ? Les humoristes critiquent-ils votre travail pendant que vous êtes à l’œuvre ?

    - D’autres critiquent l’École, car elles forment des humoristes semblables ? Toute grande école, collège ou université initie ses étudiants à un courant de pensée particulier et à des façons de faire qui lui sont propres.
    - D’autres critiquent le manque de culture des humoristes ? Citez-vous Zbigniew Brzeziński ou Kierkegaard dans une petite blague chez votre dentiste ? Faire des blagues que personne ne comprend, ça n’est jamais très drôle.
    - Qui a décidé que les humoristes devaient être engagés et dénonciateurs ? C’est une lourde tâche qu’on leur met sur le dos. Surtout de la part d’une population peu engagée et dénonciatrice à la base…

    Pourquoi est-ce que quand les humoristes ne plaisent pas à tout le monde (parce que je crois que vous êtes une minorité de sceptiques, hé oui) leurs détracteurs (souvent des pseudo-intellectuels) les insultent-ils en s’en prenant à leur culture, leur intelligence, leur manque de vision et d’audace... En plus de s’adresser aux « humoristes » comme un troupeau bien homogène.

    Bref, cet article est un petit clien d'oeil comparativement à vos commentaires. Et pour reprendre les paroles de quelqu’un d’autre plus haut. Bon cancer tout le monde

  • Frederic Gagnon
    Inscrit
    jeudi 22 juillet 2010 09h35
    Humour et société
    Je suis d'accord avec le contenu de l'article.

    Je crois que depuis l'industrialisation de l'humour, cette forme d'art est devenue un pouvoir. Les gens aiment rire, les gens aiment les humoristes... De l'humour, on en voit partout : séries télé, films, publicités, spectacles. On est submergé puisque ça marche, l'intérêt du public est là. On se retrouve donc avec un pouvoir «non-élu» qui peut s'affirmer sur un peu tout... et je pense que ça fait peur aussi.

    Le plupart des journalistes n'ont pas la même force de pouvoir que les humoristes. Alors, pour renverses la balance de ce pouvoir, on crée des scandales, comme pour dire aux humoristes : n'abusez pas de votre pouvoir. En général, si on aime pas notre Gouvernement, tant pis, on a voté pour et on attend aux prochaines élections pour le changer. Un humoriste, on doit composer avec, il est là. Alors, dès qu'un groupe sent qu'il est la «victime» d'un humoriste, c'est la contre-attaque. «Il ne faudrait que cet humoriste nuise à notre groupe».

    Bref, c'est toujours une question d'influence. Nous avons peur du pouvoir qu'ils ont, de la tribune qu'ils utilisent. Rares sont les scandales au sujet d'un humoriste de la relève peu connu... ils n'ont pas beaucoup d'influence et de pouvoir. Plus tu es connu, plus ta tribune est grande, plus les réactions seront vives si tu t'écartes du «droit chemin» de «l'acceptable». On finira par avoir plein d'humoristes qui goûtent l'eau tiède!

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
55 réactions
6 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012