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Lettres - Une jeunesse qui vire à l'anglais

Hubert Larocque - Gatineau, le 8 juin 2010  10 juin 2010  Actualités culturelles
De tout temps, un peuple a attendu de sa jeunesse un avenir, un renouvellement. Les «vieux» s'abandonnaient à la mort avec la certitude que leurs enfants relèveraient leurs combats et les porteraient à leur conclusion. L'histoire a certes connu des ruptures, mais aucune n'a laissé pressentir le néant qui s'avance. Le Téléjournal nous en donnait l'autre soir un sinistre avant-goût. Des jeunes avouaient leur préférence pour la chanson anglaise et l'illustraient en exécutant des rengaines douceâtres et stéréotypées comme on en entend partout dans la planète mondialisée. Facilité, glissement, fascination avouée pour la trahison.

On peut avoir de l'indulgence pour des jeunes peu conscients des enjeux nationaux et humains qui se cachent derrière le conformisme auquel ils sacrifient. Mais que dire de ces «accompagnateurs» qui introduisent le cheval de Troie dans leurs cours et favorisent la dénationalisation du Québec? L'un de ceux-ci n'avouait-il pas qu'il se refusait à imposer le français par crainte de politiser sa classe? Qu'y a-t-il de plus politique que la préférence de chanter en anglais et d'en apprendre les recettes? Dans ces conditions, l'école devient une «passerelle» vers l'étranger. On y enseigne le mépris et l'oubli de nous-mêmes. Comment chasser ces «vendeurs du temple»?

***

Hubert Larocque - Gatineau, le 8 juin 2010
 
 
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  • lecomteadecouvert - Inscrit
    10 juin 2010 09 h 10
    @ M.Larocque
    Bravo pour votre commentaire. Vous avez si bien résumé la détresse qui m'habitait lors de la diffusion de ce reportage. Je vous invite à écrire à la direction et aux professeurs des institutions concernées et à vos députés, ce que je ferai. Merci!

    Mon commentaire sur le reportage: Le programme scolaire en chant doit porté prime à bord sur la culture québécoise de langue française, ne serait-ce que par principe et respect de notre culture. Et que dire de nos enseignants qui ne comprennent rien aux enjeux culturels auxquels le Québec de demain fait face. Ce qui est resté de ce reportage est l'abandon, la conformité, l'illusion et la facilité. C'est peut-être plus facile de chanter "baby, I love you, han han" et de se foutre presqu'à poil devant la caméra que d'écrire quelque chose qui a du sens en français mais laissez-moi vous dire que quand tous ces étudiants finiront leurs études, les opportunités seront d'aller soit vers la facilité de l'école des bars ou d'aborder une carrière en contribuant à cette culture riche et vivante qu'est la NÔTRE.

    Bernard Duplessis
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  • Claude Archambault - Inscrit
    10 juin 2010 09 h 51
    Mais la politisation c'est la faute à qui?
    Les séparatistes par leur insistance sur la citoyenneté québécoise, le français exclusif et leur refus de reconnaitre les droits individuels sont les seuls responsable du déclin et de l abandon du français par plusieurs.
    Les séparatistes ont politisé le fait français, tous ceux qui insistent pour affirmer le français sont perçu comme des séparatistes, et comme à mes yeux et aux yeux de plusieurs il est plus important de ne pas être perçu pour un séparatiste que le français il se trouve tout un segment de la population qui refuse de défendre le français.
    Donc par leur insistance et leur intransigeance, les séparatiste on politisé la cause du français et par le fait même on fait du français une langue que plusieurs ne veulent pas défendre.

    Le jour ou le drapeau national flottera sur tous les bâtiments publiques, que l'hymne national sera chanté le vendredi midi dans toutes les écoles de la province et que tous les québécois se diront canadien avant tout; ce jour là je défendrai le français car ce sera la chose canadienne à faire. Mais entre temps, aider la cause du français c'est aidé les séparatistes, c'est faire du Québec un pays dans un pays un pays en attente d'être un vrai pays. Et pour moi j aime mieux voir le français disparaitre que d'aider les séparatistes à atteindre leur but, comme cela le séparatisme disparaitra avec lui.
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  • Marc-Antoine Daneau - Inscrit
    10 juin 2010 09 h 52
    Ne pas parler anglais au Québec
    Personnellement, je suis parle anglais, le lis et le comprend assez bien. Mais depuis quelques années, par écoeurement devant l'anglicisation, je ne le parle plus au Québec. Et si des gens ne comprennent pas ça, et bien c'est leur problème, pas le mien. La vie est trop courte pour parler une langue étrangère dans son propre pays, soit-il occupé.
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  • G Danis - Abonné
    10 juin 2010 10 h 35
    Pauvre M. Archambault
    Vraiment, quel discours peu édifiant. Plusieurs personnes peuvent défendre le fait français sans être identifiées comme étant de «méchants séparatistes ». En fait, la plupart des commentateurs fédéralistes du Québec le font. Votre discours dénote une profonde confusion intellectuelle et un ressentiment tel envers les souverainistes qu'il en est caricaturale, donc inutile.
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  • lecomteadecouvert - Inscrit
    10 juin 2010 10 h 59
    Ah! Ces méchants séparatistes?
    Et si l'Alberta décidait de se séparer?

    Oh! shit!
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  • Hubert Larocque - Abonné
    10 juin 2010 11 h 40
    À M. Archambault
    Les droits individuels sont en réalité les droits du Canada anglais. C'est la raison pour laquelle on les dresse contre toutes les mesures de francisation et de défense du français. Il faut être bien naïf, ignorant de l'histoire, fanatisé par la propagande fédérale pour croire à l'innocence de la Constitution de 1982 et à l'impartialité de la Cour suprême. Tous les indicateurs le montrent: le gouvernement fédéral combat le Québec, assimile tous ceux qui s'aventurent hors de nos frontières et nous gruge du dedans par les jugements de ses prétendues cours de justice.
    Relisez votre texte et prenez conscience de l'étrange fanatisme qui s'en dégage. Vous seriez satisfait que le peuple du Québec, sa langue et sa culture disparaissent plutôt qu'il ne se "sépare" du Canada. Avouez honnêtement que votre parti pris n'a pas d'avenir sinon anglais ou multiculturel. Comment en êtes-vous arrivé à vous retourner contre vous-même et votre peuple, à épouser la cause de ses ennemis? Ce sont les mystères du colonialisme intériorisé par lequel on passe par une phase de rejet et de détestation de soi avant de revêtir carrément et sans complexe une identité étrangère, celle du Conquérant. Avez-vous noté que vous pensez comme "nos" Anglais et que vous en partagez exactement les préjugés politiques? Peut-être même avec une aggravation car vous vous sentez le devoir de leur prouver que vous êtes des leurs. L'infaillible marque du complexe de colonisé... Vous lisez sans doute trop André Pratte.
    Comment défendrez-vous le français quand nous serons devenus de purs "Canadians" par un fédéralisme aveugle, inconditionnel? Qu'êtes-vous prêt aujourd,'hui à faire pour le défendre et le promouvoir. Je veux bien que vous attendiez que le "séparatisme" soit disparu, mais alors le Québec sera mort, mon frère.
    H.L.
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  • Steve Fortin - Abonné
    10 juin 2010 12 h 54
    @ m. Archambault
    Il est beau votre grand Canada où les PM des autres provinces, comme M. Williams de Terre-Neuve le faisait hier, nous traitent de traîtres et encouragent le mépris des Québécois. Il est si beau votre pays M. Archambault.

    Merci M. Larocque pour votre commentaire intelligent et bien senti, loin des sophismes de fond d'étable de M. Archambault.
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    10 juin 2010 14 h 23
    Montée de lait!!!
    D'habitude les commentaires insignifiants me touchent autant que de l'eau sur le dos d'un canard mais celui de M. Archambault dépasse vraiment les bornes. Et pour M. Larocque, qui a écrit un excellent article, non, M. Archambault ne pense pas comme « nos » anglais, peu s'en faut. Je vis dans le ROC et personne n'associe le français aux « séparatisses » bien au contraire et il y a un engouement pour l'école d'immersion française, même en Colombie-Britannique. Non, le français est respecté même si la francophonie canadienne fait face à une véritable érosion face à l'anglais. Cette érosion n'a rien à voir avec les « séparatisses » mais plus à voir avec l'attraction de l'anglais au plan continental et international.

    Pour les férus d'histoire, on pourrait comparer l'anglais au latin du temps de l'empire romain qui a subjugué bien des nations, des langues et des cultures par son hégémonie, y compris la Gaule et qui a subséquemment donné naissance au français que l'on parle aujourd'hui. Donc, ça n'a rien à voir avec le Québec et il s'agit d'un mouvement mondial auquel les autres cultures ont aussi à faire face. Certaines résistent mieux que d'autres et le français est probablement dans la moyenne alors que la France semble avoir abdiqué son rôle de gardienne de la francophonie - ce rôle semble maintenant dévolu au Québec qui fait les plus grands efforts pour conserver la langue et la culture françaises.

    M. Larocque a raison de se préoccuper de la situation et il est important que les écoles sensibilisent les jeunes au fait que notre langue et notre culture sont en péril face à l'hégémonie de l'anglais et qu'il faut être vigilants pour ne pas les perdre. Cela ne veut pas dire de bouder l'anglais, loin de là car cette langue est très utile au plan international, mais d'être fier de notre patrimoine et d'utiliser notre langue le plus souvent possible, aussi en chanson, car elle vibre selon une harmonie qui nous est propre et qui répond à nos besoins. M. Archambault peut continuer à politiser le français et à parler anglais, c'est sa marotte, mais il est profondément dans l'erreur s'il pense que ça va faire une différence quant à l'avenir du Québec et du Canada.
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  • Réal Ouellet - Abonné
    10 juin 2010 16 h 48
    Merci M. Larocque
    Oui merci. Ce n'est pas la première fois que je remarque vos commentaires et ils sont à mon point de vue toujours pertinents.

    J'ai été abasourdi comme bien d'autre, j'imagine, de voir le niveau d'anglicisation de ces départements de musique. J'y ai vu de véritables usine à "Pascale Picard Band" où on enseigne la musique pour les 14 ans et moins....

    À mon sens la base du cours devrait reposer uniquement sur la musique francophone avec des options de spécialisation en musique américaine, musique celtique, musique sud américaine, musique espagnole etc.

    La façon actuelle de procéder n'est rien de moins que de l'acculturation.
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  • Roger Sylvain - Inscrit
    10 juin 2010 16 h 56
    @M. Archambault
    Vos propos semblent très justes à voir les réactions de ces séparatistes qui trouvent que d'aimer le Canada c'est être un ennemi du Québec.
    Moi aussi je voudrais voir plus de drapeaux canadiens flotter un peu partout au Québec pour enfin reconnaitre mon pays en cette province canadienne.Si nous sommes ouverts pour recevoir l'argent de la péréquation du Canada on pourrait aussi démontrer un peu de respect.
    Il faut vraiment faire preuve de mauvaise foi pour cracher sur son propre pays.
    Leur haine semble les aveugler.Ils veulent rester petits et ils sont tellement bien dans leur notion de peuple conquis.
    Roger Sylvain
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  • V.Verges - Inscrit
    11 juin 2010 09 h 57
    De la France


    J’entends souvent dire que la France ne défend pas la francophonie. C'est vrai et c'est selon moi une erreur politique, mais c'est compréhensible: la langue française en France n'est pas menacée par l'anglais!

    C'est en fait bien compréhensible dans le pays à la plus forte natalité du continent européen, dont la population s'accroit assez fortement, et qui est en passe de dépasser l'Allemagne avant 2050.
    (L'Allemagne en déclin démographique passera sous la barre des 70.000 Millions d'Ha et la France atteindra cette taille avant selon les statistiques)

    Ici il y a énormément d'espoir pour la langue: je suis encore jeune (27 ans), je viens de province (Champagne) et je peux témoigner de ce que j'ai vécu: autour de moi dans les soirées, chez des amis, dans les bars et dans les rangs du lycée, tout le monde chante Brassens ou Renaud, voire du rap français, et pas lady gaga! Ici on chante et danse en français! Dans les bons bars, c'est les paroles du groupe "Noir désir" qui sont hurlées par tous! Les groupes de rock français font bouger la France avec d'autant plus de force que leurs paroles sont plus percutantes que les mignonnes chansonnettes d'outre-manche.

    Par ailleurs, en France, nous sommes plus naturellement politisés du collège à la retraite, donc les chansons anglaises, si on les apprécie pour la mélodie, l'ambiance, tous le monde se fout de leur message, en général fort niais ou sibyllin.

    En revanche, dès qu'on a envie de chanter quelque chose empli de sens, quelque chose qui nous bouleverse, nous enrage, c'est vers la chanson et la scène musicale française et francophone que nous nous tournons systématiquement, naturellement.

    Si vous êtes déjà venus ici, vous aurez remarqué que les quelques mots anglais que les français connaissent sont systématiquement détournés, francisé avec un fort accent, les noms d'acteurs anglais sont prononcés à la française: on s'en contre-fiche de l'anglais. Dans une discussion, lorsque quelqu'un prononce un mot d'anglais avec le bon accent, il passe systématiquement pour un pédant ou un ringard: genre publicitaire style année 80. Ou alors on prononce avec l'accent anglais des mots français pour se moquer de quelque-chose: en général c'est toujours négatif.

    Evidemment, il y a bien sur une minorité de commerciaux/ de sous-chefaillon d'entreprise/d'avocats en droit des affaires/de publicitaires qui trouvent plus efficace de s'exprimer en franglais, mais en général, ici on les méprise bien bas.

    De plus le français phagocyte les mots anglais arrivés en France par son propre accent, sa propre conjugaison: nous connaissons tous ici Ouma Tourmane, l’actrice américaine, mais personne ne connait Uma Thurman !
    Ou par exemple, lorsque l'on dit en verlan pour designer un ami noir:
    "- Hervé? Oui il est là , c'est le grand kebla là bas" (Comment l'anglophone comprendra que le mot prononcé "Queubla" correspond au verlan de "black" )
    En plus de représenter un symbole de la lutte pour la souveraineté et du fait français en Amérique, il ne faut pas croire que le français peut être remplacé, que langues se valent, qu'il n'y ait pas de pertes. Au delà de la richesse du vocabulaire français, il y a évidement des contingences politiques et historiques dans l'utilisation d'une langue, dans son évolution dans les sens portés par les mots. Regardez la connotation très négative, presque "tabou" du mot "socialisme " en anglais nord- américain qui est quasiment banni de la bouche et de l’esprit, alors qu'en France (voire en Europe), il correspond à un courant de pensée politique et philosophique dont pourrait se revendiquer la moitié de la population. L'anglophone aura bien plus de mal à penser rationnellement le socialisme avec un tel opprobre inconsciente et collective jetée sur ce mot.
    La langue structure notre pensée. Or, en Europe, le vent tourne pour les néo-libéraux anglo-saxon : ils ne font plus rêver, tous comme le monde vain qui nous a été vendu avec leur vocabulaire de manager américain. Le vocabulaire de l'utopie, du progressisme, du rêve et de la poésie, il est français, espagnol, allemand, italien, européen. Le reflux de l’anglais est proche.
    Ce n'est pas un hasard si le groupe québécois "les cowboys fringuant" rempli les salles en France sans aide médiatique. Les français, jeunes ou plus vieux, aiment ces textes engagés qui font vivre la langue.
    C'est donc pourquoi, vu de France, il ne nous semble pas du tout aussi important de défendre le français dans notre pays.
    La situation est peut être différente pour la jeunesse québécoise, je ne l'ai pas vécue, mais je trouve vos propos bien tristes. Peut être faudrait-il que la France envoie plus d'émigrants et d'étudiants français pour aider la culture francophone.
    Et n'oubliez pas la Louisiane ! Ou comment une culture raffinée disparait et s'anglicise au point de n'être plus rien du tout aujourd'hui qu'un Etat américain sans histoire, ni panache.
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  • Fernand Falardeau - Abonné
    11 juin 2010 12 h 01
    Bravo M. Larocque… Et bravo (M. ou Mme) V. Verges
    L’article de M. Larocque…Super! Et il a suscité un commentaire de V. Verges extrêmement éclairant sur la différence entre utiliser des mots anglais au Québec et de les utiliser en France. J’aimerais avoir écrit cet article. Et je le fais mien, avec votre permission, V. Verges. J’ai fait un copier-coller et je l’enverrai à tous mes contacts.
    Et je me permets même de l’inclure ici. Vous serez lu deux fois dans cette page du Devoir.
    Fernand
    ..............................
    V.Verges
    Inscrit—vendredi 11 juin 2010 09h57—http://www.offres.ledevoir.com/culture/actualites-
    De la France

    J’entends souvent dire que la France ne défend pas la francophonie. C'est vrai et c'est selon moi une erreur politique, mais c'est compréhensible: la langue française en France n'est pas menacée par l'anglais!

    C'est en fait bien compréhensible dans le pays à la plus forte natalité du continent européen, dont la population s'accroit assez fortement, et qui est en passe de dépasser l'Allemagne avant 2050.
    (L'Allemagne en déclin démographique passera sous la barre des 70.000 Millions d'Ha et la France atteindra cette taille avant selon les statistiques)

    Ici il y a énormément d'espoir pour la langue: je suis encore jeune (27 ans), je viens de province (Champagne) et je peux témoigner de ce que j'ai vécu: autour de moi dans les soirées, chez des amis, dans les bars et dans les rangs du lycée, tout le monde chante Brassens ou Renaud, voire du rap français, et pas lady gaga! Ici on chante et danse en français! Dans les bons bars, c'est les paroles du groupe "Noir désir" qui sont hurlées par tous! Les groupes de rock français font bouger la France avec d'autant plus de force que leurs paroles sont plus percutantes que les mignonnes chansonnettes d'outre-manche.

    Par ailleurs, en France, nous sommes plus naturellement politisés du collège à la retraite, donc les chansons anglaises, si on les apprécie pour la mélodie, l'ambiance, tous le monde se fout de leur message, en général fort niais ou sibyllin.

    En revanche, dès qu'on a envie de chanter quelque chose empli de sens, quelque chose qui nous bouleverse, nous enrage, c'est vers la chanson et la scène musicale française et francophone que nous nous tournons systématiquement, naturellement.

    Si vous êtes déjà venus ici, vous aurez remarqué que les quelques mots anglais que les français connaissent sont systématiquement détournés, francisé avec un fort accent, les noms d'acteurs anglais sont prononcés à la française: on s'en contre-fiche de l'anglais. Dans une discussion, lorsque quelqu'un prononce un mot d'anglais avec le bon accent, il passe systématiquement pour un pédant ou un ringard: genre publicitaire style année 80. Ou alors on prononce avec l'accent anglais des mots français pour se moquer de quelque-chose: en général c'est toujours négatif.

    Evidemment, il y a bien sur une minorité de commerciaux/ de sous-chefaillon d'entreprise/d'avocats en droit des affaires/de publicitaires qui trouvent plus efficace de s'exprimer en franglais, mais en général, ici on les méprise bien bas.

    De plus le français phagocyte les mots anglais arrivés en France par son propre accent, sa propre conjugaison: nous connaissons tous ici Ouma Tourmane, l’actrice américaine, mais personne ne connait Uma Thurman !
    Ou par exemple, lorsque l'on dit en verlan pour designer un ami noir:
    "- Hervé? Oui il est là , c'est le grand kebla là bas" (Comment l'anglophone comprendra que le mot prononcé "Queubla" correspond au verlan de "black" )
    En plus de représenter un symbole de la lutte pour la souveraineté et du fait français en Amérique, il ne faut pas croire que le français peut être remplacé, que langues se valent, qu'il n'y ait pas de pertes. Au delà de la richesse du vocabulaire français, il y a évidement des contingences politiques et historiques dans l'utilisation d'une langue, dans son évolution dans les sens portés par les mots. Regardez la connotation très négative, presque "tabou" du mot "socialisme " en anglais nord- américain qui est quasiment banni de la bouche et de l’esprit, alors qu'en France (voire en Europe), il correspond à un courant de pensée politique et philosophique dont pourrait se revendiquer la moitié de la population. L'anglophone aura bien plus de mal à penser rationnellement le socialisme avec un tel opprobre inconsciente et collective jetée sur ce mot.
    La langue structure notre pensée. Or, en Europe, le vent tourne pour les néo-libéraux anglo-saxon : ils ne font plus rêver, tous comme le monde vain qui nous a été vendu avec leur vocabulaire de manager américain. Le vocabulaire de l'utopie, du progressisme, du rêve et de la poésie, il est français, espagnol, allemand, italien, européen. Le reflux de l’anglais est proche.
    Ce n'est pas un hasard si le groupe québécois "les cowboys fringuant" rempli les salles en France sans aide médiatique. Les français, jeunes ou plus vieux, aiment ces textes engagés qui font vivre la langue.
    C'est donc pourquoi, vu de France, il ne nous semble pas du tout aussi important de défendre le français dans notre pays.
    La situation est peut être différente pour la jeunesse québécoise, je ne l'ai pas vécue, mais je trouve vos propos bien tristes. Peut être faudrait-il que la France envoie plus d'émigrants et d'étudiants français pour aider la culture francophone.
    Et n'oubliez pas la Louisiane ! Ou comment une culture raffinée disparait et s'anglicise au point de n'être plus rien du tout aujourd'hui qu'un Etat américain sans histoire, ni panache.
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  • Louise Collette - Inscrit
    11 juin 2010 12 h 19
    UNE JEUNESSE QUI VIRE À L'ANGLAIS
    Commentaire de Monsieur Archambault : si c'est pas triste de lire une chose comme celle-là. Ça fait vraiment mal au coeur.
    Pas grand-chose de plus à dire là-dessus.
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  • Marc Tremblay - Inscrit
    11 juin 2010 12 h 32
    M. Archambault nous ramène 50 ans en arrière
    Dans les années 60, un consommateur qui exigeait de se faire servir en français`au Québec se faisait traiter de séparatistes. Comme si cela avait un rapport. Promouvoir le français n'a rien de politique.

    M. Archambeault préfère un Québec où le français aurait disparu à un Québec souverain. Il parle du drapeau national et de l'hymne national, feignant d'ignorer que tous les partis politiques fédéraux ont reconnu que le Québec est une nation.
    M. Archambault va t'il réclamer que l'Assemblée nationale redevienne l'Assemblée législative ? Pourtant, ce n'est pas un gouvernement souverainiste qui a modifié le nom de notre Parlement.

    Je me demande si M. Larocque n'a pas raison lorsqu'il parle des colonisés. Je pense que tout le monde a intérêt à lire ou à relire
    " Portrait du colonisé et du colonisateur "d'Albert Nemmi. Bien des fédéralistes du statu-quo vont s'y reconnaître. Par contre, je ne pense pas que tous les fédéralistes sont des colonisés. Leur option, fort légitime, le devient moins lorsqu'on préfère un Québec anglicisé comme la Louisiane à un Québec souverain.
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  • Simon Beaudoin - Inscrit
    11 juin 2010 13 h 43
    Pourquoi une guerre français vs anglais?
    En jetant un œil sur le premier message de cette discussion, je n'avais pas vraiment l'intention d'intervenir, mais la réaction exagérée de monsieur Archambault à ce texte condamnant sans détour l'anglais a fourni deux visions radicalement différentes auxquelles je me dois de réagir avec toute la mesure dont je suis capable.

    D’abord, je crois m’inscrire dans la lignée d’autres québécois en affirmant que les lois linguistiques sont des béquilles quelque peu humiliante pour notre culture. Elles semblent prouver que nous sommes incapables de défendre notre langue individuellement et oblige des gens à apprendre une langue. Je serais, dans un monde idéal, en faveur de la liberté de choix en matière de langue d’apprentissage. Mais ce monde idéal n’existe pas, alors je me rabats sur un concept que je crois suffisamment clair sans être nationaliste, la cohérence territoriale. Je me dis que pour un territoire donné, il devrait y avoir une langue partagée par la majorité de ses habitants et qui sert à la communication, quelles que soient les autres langues présentes.

    Ce n’est pas le français, qui a été politisé comme le drapeau par les nationalistes. La vérité me semble plutôt que c’est le français qui inspire les nationalistes, qui est à la base de leurs revendications. Dire que pour rester au Canada, il faudrait tous abandonner le français, c’est contre toutes mes convictions en matière de liberté, contre tout ce que je voudrais que le Canada fasse. Monsieur Archambault, le Canada n’a pas à être uniquement un pays anglophone. Pour moi, il doit plutôt encourager la diversité, sans perdre de vue le besoin d’une certaine unité. Cette diversité, n’est-elle pas supposée être la richesse du Canada multiculturel?

    Votre propos me rebute, car être fier de nos origines ne nous empêche pas de vouloir tout de même participer à l’aventure canadienne. Vous agissez comme s’il fallait tout oublier de notre passé, mais ce n’est pas ainsi que nous grandirons, ni d’ailleurs en conspuant à jamais la Conquête. Il ne faut pas oublier, mais peut-être est-il possible de pardonner et de, en voyant notre situation actuelle, reconnaître que les choses se sont améliorées pour les Québécois d’origine canadienne française, sans qu’on ait eu besoin de recourir à l’idée extrême de l’indépendance politique. Je ne saurais, pour ma part, accepter cette idée, car elle irait contre tous mes rêves sur l’union de peuples différents. Les anglais et les français ne sont pas si différents, les humains ne sont pas si différents entre eux, également.

    Le Québec est dans le même cas que le Canada, cependant. Si la perte du français serait dommageable à notre pays, se priver de l’anglais au Québec, entourés d’une mer de 300 millions d’anglophones, serait contre-productif dans un temps où l’anglais est la lingua franca, la langue du commerce et des affaires. Peut-être cette ère tire-t-elle à sa fin, peut-être ne fait-elle que commencer, mais il est indéniable que nous y sommes en ce moment, et qu’en tant qu’individus comme en tant que peuple, nous devons saisir ses opportunités. Apprendre l’anglais ne fait pas de nous des apatrides ou des traîtres, elle nous enrichit aussi sûrement que des immigrants apprenant le français enrichissent notre culture.

    Simon Beaudoin
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  • S Allard - Inscrit
    12 juin 2010 10 h 30
    Une tempête dans un verre d'eau!
    S'il y a un sujet qui suscite plus de commentaires que n'importe quel autre au journal, c'est la place de l'anglais. Les guerres dans le monde, la pauvreté, la catastrophe écologique à laquelle nous assistons impuissants, tout ça n'est rien contre cette rengaine assourdissante de l'anglais envahissant.

    Cette anglophobie galopante fait toujours le même constat de notre impuissance devant un phénomène mondial. Personnellement, je ne vois pas la menace de l'anglais. Bien au contraire, je vois une progression indéniable du français au Québec depuis 30 ans. L'anglais a sa place bien comme langue internationale. C'est tout. Y a-t-il vraiment un problème.
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  • Henry Bois - Inscrit
    14 juin 2010 09 h 12
    Encore et encore et encore
    Quand est-ce lâcherons-nous les accusations séparatistes-fédéralistes et enfin discuter avec sa tête. On fait penser aux gens qui sacrent à tous les 2 mots pour dire plus intensément ce qu'ils pensent faute de vocabulaire.
    Nous sommes dans le Canada qu'on le veuille ou pas, mais aussi au Québec dans un territoire français. Deux entités complètement différentes de part leurs racines et on n'y peut rien, c'est comme ça.
    Le français au Québec est primordial pour garder notre culture que nous cédons facilement par la lâcheté de s'avouer que nous sommes la province qui respecte le plus l'essentiel du pays, le bilinguisme.

    Pas pire pour des maudits séparatistes comme les gens se plaisent à généraliser. Je suis tout simplement québécois et j'aime ma langue et mon passé, mais j'aime l'avenir aussi.
    Pour ce qui est de l'anglais, je le parle assez bien pour me débrouiller car mes vacances et mes temps libres se passent au USA avec lequel j'ai plus d'affinité que le Canada. Dommage de n'avoir jamais eu le courage d'y immigrer. J'aurais toutefois garder aussi mon français car c'est moi.
    Commençons par cesser de couper les mots comme c'est la mode aujourd'hui pour parler plus rapidement et apprenons aussi l'anglais car c'est pratique, that's it. Cela ne fera pas de moi un assimilé car on ne se fait pas assimiler , on s'assimile soi-même. J'ai toujours écouté de la musique anglaise et je parle toujours un français international très correct. Cela n'a aucun lien avec la perte de notre langue et la loi 101 était essentiel car nous n'aurons jamais assez de courage pour se faire respecter sans l'aide d'une loi.

    Pour terminer, j'ai un ami de Vancouver qui est venu en vacances avec la peur aux fesses de se faire tuer par les séparatistes et il a trouvé que nous étions la province la plus ouverte du Canada. Le seul problème qu'il a noté est qu'il n'a pas réussi à parler français une seule fois dans son voyage car tout le monde se mettait à quatre pattes devant lui pour parler sa langue. Il était déçu et moi aussi.

    Alors, l'équilibre et le respect des autres sont toujours un état de santé dans tout ce que nous faisons.
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  • Linda Larocque - Inscrite
    15 juin 2010 02 h 58
    Entièrement d'accord
    Entièrement d'accord avec H. Larocque. Il ne faut surtout baisser les bras. Il faut continuer le combat et prouver notre résilience.

    Linda Larocque
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  • Michel Chayer - Inscrit
    19 juin 2010 17 h 32
    @ Archambault

    N’écoutez pas ces rabat-joie.

    Moi, je vous remercie sincèrement d’égayer régulièrement ma lecture du Devoir.

    Votre prose est très divertissante
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